24H Series

24H Dubaï : La belle aventure de Stéphane Lémeret.

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Stéphane Lémeret collectionne les deuxièmes places lors des épreuves de 24 heures. Après avoir terminé deux fois à cette position aux 24 Heures de Spa pour le compte du Phoenix Racing et du Vitaphone Racing, puis sur la Renault Mégane du Delahaye Racing à Dubaï, il a en effet récidivé sur la Mustang de la formation du VDS Racing, en catégorie SP2 cette fois.

Patrick Six : Quel bilan dresses-tu de ces 24 Heures de Dubaï ?

Stéphane Lémeret : « Un bilan très positif car j’ai découvert un team qui a un grand potentiel et de belles ambitions à long terme. Notre première collaboration s’est déroulée à merveille. Ils m’ont fait entière confiance pour régler l’auto, prendre le départ et faire usage de mon expérience. Même si la voiture n’est qu’une GT4 améliorée, rouler dans ces conditions est toujours sympa, et ça permet de garder le rythme et la forme durant l’hiver. »

La Mustang, est-ce une voiture facile à dompter ?

« Moi j’aime beaucoup car, justement, il faut la dompter. Toutes proportions gardées bien sûr, elle me rappelle la Viper GT1 : c’est une voiture qui a surtout un bon moteur, avec un châssis à l’américaine ! »

Dans quels domaines la voiture pourrait-elle encore subir des améliorations ?

« Dans plein de domaines. A titre d’exemple, nous n’avions pas de ressorts assez durs à Dubaï. Nous utilisions aussi les pneus Michelin les plus durs. Nous pouvons également facilement gagner 80 chevaux, pour monter à 500, et perdre une bonne centaine de kilos dans la préparation. Et puis, surtout, la boîte de série est beaucoup trop lente et longue : on ne passe jamais la 5e ! Avec une boîte séquentielle plus courte, nous gagnerions déjà beaucoup. On envisage aussi de monter un aileron arrière, pour la stabiliser dans les virages rapides. Si on additionne tout ça, il y a moyen de tourner en moins de 2.10 à Dubaï, au lieu de 2.17 en course. Cela dit, la question pour le team est de savoir s’il ne vaut pas mieux acheter une GT3 et mettre un moteur de GT4 amélioré à 500 chevaux, plutôt que de devoir développer la GT4. La course de Dubaï a amené une nouvelle motivation au team et Raphaël van der Straten, le boss, y réfléchit. »

As-tu établi son set-up en vue de la course ?

« Oui, c’est moi qui ai réglé la voiture avec le team et ce ne fut pas facile car ils partaient un peu d’une feuille blanche. Après leurs problèmes aux 12 Heures de Budapest, ils ont en effet dû monter de plus gros freins et, pour cela, élargir les voies. Du coup, au début, on n’était vraiment nulle part. J’ai trouvé le truc pour améliorer le train avant mais du coup, nous n’avions plus assez d’arrière. On a donc dû revenir un peu en arrière, afin de trouver un équilibre. Celui-ci était bon puisqu’en course, la voiture glissait autant de l’avant que de l’arrière. Mais il faut absolument trouver un truc pour améliorer le grip du train arrière, afin de pouvoir exploiter tout le potentiel de l’avant. Peut-être simplement avec un aileron, ou alors en utilisant des pneus plus tendres seulement à l’arrière, puisque ce sont les avant qui s’usent le plus vite. »

Sa conduite est-elle plus proche d’une voiture de tourisme ou d’une GT ?

« Elle est surtout proche d’une GT de route. Elle prend beaucoup de roulis et il ne faut pas la brusquer. Par contre, il faut tout le temps la contrôler car l’adhérence est vraiment faible, surtout avec ces pneus durs. »

La formation du VDS Racing est avant tout composée d’amateurs. Pourquoi as-tu relevé le défi de rouler pour eux ?

« J’ai rencontré Raphaël durant la saison GT3, puisqu’il évoluait en GT4 et qu’il était souvent sous la tente de notre ami commun, Tony Gillet, le concepteur de la Vertigo. Il m’a proposé de rouler aux 24 Heures de Dakar avec lui, puis de faire déjà Dubaï avant. Il avait l’air sympa et comme en hiver on est toujours un peu en manque de roulage, j’ai accepté. J’en suis vraiment content car d’une part, j’ai été surpris par le niveau technique de l’équipe et ses ambitions, et ensuite l’ambiance était excellente. Je dois dire que j’avais vécu des 24 Heures de Dubaï éprouvantes l’an dernier car je ne m’entendais pas du tout avec le team manager occasionnel du team Delahaye, donc j’ai d’autant plus apprécié l’atmosphère chez VDS cette année ! »

Comment juges-tu le travail accompli par l’ensemble de l’équipe ?

« En fait, Raphaël avait engagé un nouveau team manager pour cette course. Pour la petite histoire, il s’agit d’un ancien copilote de Bruno Thiry, Dany Delvaux. Il avait pour mission de coordonner l’équipe, d’y mettre de l’ordre. Vu qu’elle est composée d’amateurs, cela aurait pu mal se passer. Mais Dany a su se faire apprécier et respecter de tous et, avec l’excellent résultat obtenu avec cette voiture quasiment de série, tout le monde est désormais hyper-motivé. Vraiment, je crois que Dubaï fut le vrai départ pour cette équipe appelée à grandir et je suis content de faire partie de l’aventure ! »

Quels sont les problèmes auxquels tu as été confronté lors de cette course de 24 Heures ?

« Il m’a surtout fallu quelques tours, lors de mon premier relais de nuit, pour trouver mes marques dans le peloton. Ca faisait longtemps, depuis les 24 Heures de Zolder 2006 en fait, que je n’avais plus roulé de nuit avec une voiture qui ne fait pas partie des plus rapides en piste. J’ai donc dû me réhabituer à regarder davantage dans les rétros que devant. En plus, un de mes équipiers avait cassé le rétro droit, donc ce fut d’autant plus compliqué. Mais ce fut un bon entraînement et ça m’a fait reprendre conscience de la difficulté pour les pilotes des voitures moins rapides de bien gérer les dépassements des voitures de pointe. Ça peut toujours me servir en Maserati MC12 aux 24 Heures de Spa ! »

Etre épaulé par des pilotes non professionnels ne t’a-t-il pas privé de la victoire dans ta catégorie ?

« Je ne pense pas. D’abord parce que les pilotes de l’Aston n’étaient pas tous homogènes non plus, ensuite parce que la voiture anglaise était un peu plus rapide et qu’elle n’a pas connu le moindre problème non plus. Bon, si j’avais roulé avec les frères Schumacher et Pedro Lamy, on aurait peut-être été la chercher sur la durée mais honnêtement, mes équipiers ont fait du très bon boulot, en ne lâchant qu’environ 2 ou 3 secondes au tour et en ramenant toujours la voiture à bon port. »

Après cette première expérience au sein du VDS Racing as-tu l’intention de prolonger l’aventure ?

« Oui, on parle d’ailleurs déjà de faire les 24 Heures du Nürburgring, puisque Dakar est apparemment annulé. Je dois voir Raphaël et Dany dans les prochains jours pour en parler. Evidemment, j’aimerais qu’on passe au GT3, et pourquoi pas en Belgian GT, mais c’est la crise pour tout le monde ! »

Peux-tu dévoiler en partie les projets sur lesquels tu travailles pour 2009 ?

« Je vais refaire le championnat de Belgique BTCS en Mazda RX8 Silhouette et j’attends des propositions fermes pour le GT2, que ce soit en FIA, Le Mans Series ou Open GT. J’ai confiance. Et si je ne fais pas un championnat FIA-GT2 complet, je pense que Vitaphone aura toujours une petite place pour moi aux 24 Heures de Spa ! Je commence aussi à avoir quelques contacts intéressants pour les 24 Heures du Mans. Nous verrons. »

Patrick Six

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