Jusqu’à présent, SMP est connu pour son engagement en World Series by Renault, notamment avec un certain Mikhail Aleshin. Si jusqu’alors il s’agissait d’un partenariat, le SMP Racing a vu le jour l’année passée avec des débuts en GT avec l’International GT Open et le Ferrari Challenge. Le team russe franchit une nouvelle étape cette année avec la présence de quatre Ferrari 458 Italia GT3 en Blancpain Endurance Series, toutes confiées à des pilotes russes. On retrouve derrière ce projet Boris Rotenberg ainsi que Sergey Zlobin. Le tandem roule d’ailleurs dans le championnat Blancpain. Le plus connu des deux est sans conteste Sergey Zlobin. En 2002, Zlobin était test driver pour Minardi Formula One avant de prendre part aux 24 Heures du Mans 2005 sur une Courage C65 alignée par Intersport Racing. C’est d’ailleurs bien du côté de la Sarthe et du prototype que l’on pourrait bien voir SMP Racing à l’avenir puisqu’un projet de construction de châssis est à l’étude. Un entretien avec celui qui est à l’origine du programme GT s’est naturellement imposé, le tout avec l’aide de Benjamin Durand et Farida Zadi pour le passage de la langue russe à l’italien puis de l’italien à l’anglais.
Laurent Mercier : Quelles sont les activités du SMP Racing ?
Sergey Zlobin : « Notre présence en GT n’est qu’une partie des activités de SMP Racing. Nous sommes aussi présents en World Series by Renault et Formula Renault Alps 2.0. A terme le but est d’amener des pilotes russes en Formule 1. Le sport automobile n’est pas la seule discipline où est présent SMP. C’est un programme global qui comprend également l’équitation et le judo. Pour en revenir à la Blancpain Endurance Series, cela fait un bon moment que je regardais ce qui se passait dans ce championnat. Nous avons le soutien de la RAF (Russian Automobile Federation) via son président Victor Kiryanov. La Fédération veut démontrer que le sport automobile a sa place en Russie et le faire savoir à l’extérieur du pays. Tout se met en place petit à petit. Il y a aussi de plus en plus de circuits en Russie sachant que nous sommes partis de loin. »
Il y a un vrai panel de pilotes originaires de Russie ?
« Si on prend l’exemple du Go-Kart, il y a environ 60 pilotes russes qui roulent au niveau européen. Le but est de les suivre dès le plus jeune âge comme cela peut être fait en football. Pour nous c’est un modèle global incluant la télévision et la presse en général. Il faut récupérer les spectateurs qui se dirigent vers d’autres sports et les orienter à suivre le sport automobile. Nous commençons à être un groupe très fort. Le Championnat du Monde GT1 est venu en 2012 en Russie et on espère accueillir d’autres courses GT. La Russie n’a pas un lourd passé en sport automobile et nous comptons bien y remédier. »
Vous faites partie des pilotes qui ont touché à tout…
« Je suis l’un des rares pilotes russes à avoir piloté une Formule 1. J’ai disputé les 24 Heures de Daytona et les 24 Heures du Mans. Il y a eu aussi le FIA-GT, le Ferrari Challenge et même le rallye. Pour le programme GT, Ferrari s’est vite imposé comme la marque avec laquelle nous voulions rouler. Nos rapports sont très bons avec eux et il y a une vraie histoire de compétition. »
Justement, les 24 Heures du Mans pourraient faire partie du programme à l’avenir ?
« Nous comptons rouler en European Le Mans Series la saison prochaine avec une LMP2. A terme, nous voulons construire notre propre châssis LMP2 avec une entité entièrement russe. Non seulement l’objectif est de prendre part aux 24 Heures du Mans mais de les gagner. Nous voulons être le premier team russe à remporter Le Mans. Ce n’est pas pour autant que nous arrêterons le GT car c’est intéressant de pouvoir faire les deux. »
Les 24 Heures du Mans sont connus en Russie ?
« C’est aussi connu que la Formule 1 et Indy 500. Nous commençons à préparer les pilotes pour Le Mans avec les World Series by Renault. C’est une bonne marche pour le prototype. Avant de prendre part au Mans, j’ai roulé en Formule 1 et cela m’a vraiment aidé à mieux appréhender le pilotage du prototype. Le Mans c’est magique et chargé d’histoire. »
Propos recueillis par Laurent Mercier