C’est sous le soleil espagnol que se débutait le premier meeting de l’année. Quatre séances d’essais était au programme du vendredi. Pascal Gibon, Jean-Philippe Belloc et Christophe Bourret prenaient tour à tour leurs marques et constataient tous un comportement difficile de leur monture. Un débriefing entre pilotes et leur ingénieur, Félix Barré, plus tard et quelques clics au niveau des suspensions, la Porsche tricolore retrouvait un comportement plus docile.
Nouveauté 2013, ce sont les pilotes amateurs qui sont dorénavant chargés de qualifier la voiture. Pascal Gibon partait dès l’ouverture de la session en pneus neufs pour établir un chrono de 1’50”796 le plaçant en troisième ligne sur la grille de départ du dimanche. L’équipe pouvait se montrer confiante pour la course avec un équipage homogène et une voiture équilibrée. Celle-ci s’annonçait animée, une dizaine de voiture pouvant prétendre au podium.
Le dimanche, la course allait être d’autant plus indécise que des nuages noirs menaçants apparaissaient dans le ciel espagnol. Pascal conservait sa place au départ, puis remontait quatrième au neuvième tour lors de la première intervention du safety car, suite à une sortie de piste. Grâce à la gestion du ravitaillement Pascal Gibon cédait le volant à Christophe Bourret en deuxième position après deux heures passées au volant avec le même train de pneus. Grâce à un excellent travail des mécaniciens lors du changement de pilote et de pneus, Christophe Bourret repartait sans perdre de temps et se retrouvait en tête à mi-course.
Après 3h30 de course, nouveau safety-car suite à la violente sortie de piste d’une Audi R8 LMS au début de la ligne droite des stands. Le team en profitait pour ravitailler en essence. Après le restart, le résultat demeurait très incertain, les GT3 R de Crubilé, IMSA Performance Matmut, Ruffier, et la Ferrari Visom se tenant dans un mouchoir de poche.
La Porsche rouennaise gardait toutefois l’avantage d’avoir conservé deux trains de pneus frais pour la fin de course, là où ses adversairesavaientquasimentconsommées toutes leurs cartouches. Jean-Philippe Belloc partait pour le dernier relais à 1h55 de l’arrivée pour lancer l’assaut final. La Porsche occupait alors la troisième position. A 1h10 de l’arrivée, la stratégie pneumatique de la 53 tombait à l’eau, la pluie obligeant tous les concurrents à chausser les pneus sculptés. Grâce au travail des mécaniciens, la voiture repartait rapidement, toujours en troisième position, puis deuxième derrière la Ferrari 458 GT2 suite au dernier ravitaillement d’Emmanuel Collard sur la Porsche Crubilé. C’est à cette place qu’ils franchiront la ligne d’arrivée.
Pour une première course avec la GT3 R, IMSA Performance repart avec la certitude de disposer d’une auto performante que le team continue à découvrir et se place une nouvelle fois comme un sérieux candidat au titre.
Jean-Philippe Belloc ■ « Je suis satisfait de cette première course. Nous n’avons pas pu profiter de notre stratégie comme nous l’aurions souhaité mais personne n’a commis de faute. La nouvelle place accordée dans le championnat aux pilotes amateurs (chargés de faire la qualification et le départ) rend mon rôle de coach encore plus important. On a répondu présent et on sera au rendez-vous toute l’année ! »
Christophe Bourret ■ « Après des essais libres difficiles pour moi, je me suis fait plaisir dans l’auto en course. J’ai tenté de conserver mes pneus au maximum pendant mon relais en roulant le plus proprement et le plus régulièrement possible. A l’arrivée, ça n’a pas payé à cause du safety-car et de la météo, mais c’est un très bon résultat et un bon entrainement pour le WEC »
Pascal Gibon ■ « J’ai pris un bon départ et après avoir doublé les deux voitures devant moi, puis j’ai commencé à remonter sur les trois premiers. Après le safety- car, la voiture avait perdu de son équilibre, mais l’équipe avait besoin que je tienne deux heures avec les mêmes pneus. Il y avait beaucoup de découverte sur cette course : la voiture avec laquelle nous n’avions fait qu’une séance d’essais, la piste, la qualif, le départ. Ce n’était pas simple, mais je me suis régalé »
Félix Barré ■ « C’est un championnat que j’apprécie beaucoup et qui met en avant les gentlemen drivers. C’est une bonne école pour eux et la stratégie est complexe avec de nombreux paramètres à gérer : limitations des gommes, nombre d’arrêt au stand imposés, le temps de conduite des pilotes pros, le passage à la pompe à essence ; etc…. Avec la pluie, notre stratégie n’a pas entièrement payé et le deuxième safety-car ne nous a pas favorisé, mais nous enregistrons un bon résultat pour une première avec la voiture et la saison sera longue »
Source : IMSA Performance Matmut