Les courses de 24 Heures ont pris la (bonne) habitude de se terminer au sprint, avec des écarts très faibles. Ce fut le cas lors des 24 Heures du Mans 2011, de la Rolex 24 2012 et cela s’est encore reproduit cette année à Daytona, une seule seconde séparant les deux Audi R8 GRAND-AM en GT et la Riley-BMW Ganassi n°01 ne l’emportant qu’avec un peu plus d’une vingtaine de secondes d’avance sur la Corvette Velocity-WW en Daytona Prototype.
Le team de Wayne Taylor n’est cependant pas abattu par cette deuxième place. Le dernier podium du team remonte à 2005 avec la troisième place de Wayne Taylor, Max Angelelli, Jan Magnussen et le quadruple champion NASCAR Jeff Gordon. Max Angelelli et Wayne Taylor -avec Emmanuel Collard comme coéquipier- avaient remporté l’épreuve en 2005 sur une Riley Pontiac, un an avant que Wayne Taylor ne fonde sa propre structure.
Cette année, Max Angelelli, Jordan Taylor, fils cadet de Wayne et qui remplace cette année son frère Ricky au volant de la Corvette, et Ryan Hunter-Reay, champion IndyCar 2012, sont passés tout près de la victoire, Max Angelelli étant en tête de la course à huit minutes de l’arrivée avant de devoir repasser par les stands pour un splash and dash de carburant, Juan Pablo Montoya ayant désormais la voie libre et la Riley Ganassi l’emportant avec 21”9 secondes d’avance.
Le team ne conteste d’ailleurs pas la supériorité du Chip Ganassi Racing qui a été au commandement pendant 537 des 709 tours de la course -421 pour la Riley BMW victorieuse- contre 56 à la Corvette n°10.
Max Angelelli : « Nous n’avions pas la puissance suffisante pour lutter équitablement, donc nous avons pensé qu’une stratégie pour aller à l’arrivée et les battre grâce à la consommation en carburant, c’était notre seul espoir. Donc, nous avons pris du carburant et nous n’avons pas changé de pneumatiques lors du dernier arrêt, même si j’avais fait beaucoup, beaucoup de tours avec ces pneus, et nous espérions que ça allait le faire grâce à la stratégie et remporter la victoire. Cependant ça n’a pas tout à fait suffi. La Riley n°01 est sur une autre planète. Cependant, quoi qu’il en soit, nous sommes très heureux de notre team Velocity Worldwide. Et notre Corvette DP a été très performante. J’ai dit à tout le monde dans le team que je baisserais jamais les bras, et ils me connaissent bien. Mais notez bien, c’est le team Velocity Worldwide. C’est eux qui ont fait l’effort, et pas moi. Ils ont fait un effort magnifique avec les arrêts et la stratégie, et c’était presque parfait. Donc, c’est une sorte de victoire pour eux. »
Jordan Taylor : « Je crois, quand j’y pense, que nous étions les meilleurs des autres, pourrait-on dire. Ganassi était un peu dans une catégorie à part, la sienne. Notre team a fait un boulot superbe. Nous n’avons eu aucun problème mécanique pendant toute la course. Nous n’avons rien eu à faire dans les stands. C’était juste du carburant, des pneus et des changements de pilote et c’était tout. Si on pense au long terme, nous disputons un championnat, aussi repartir de Daytona avec une deuxième place, ce n’est pas mal pour débuter la saison. »
Ryan Hunter-Reay : »Ce fut un excellent job, un effort excellent de tous les membres de l’équipe. Le Team Chevy, le Wayne Taylor Racing, la préparation a été sans pareille. Nous avons fait une course phénoménale, vraiment, quand on regarde comment ça s’est passé. Aucune faute, jamais rentré dans le box, aucun problème, une cadence fantastique. Nous avons eu un peu de mal avec la règlementation en ce qui concerne la puissance. Cela nous a causé un petit désavantage contre lequel nous avons dû lutter. »
Wayne Taylor : « Représenter le Team Chevy, c’est si important pour moi. Quand je pense que je suis en Amérique depuis 22 ans et que la première fois que je suis venu ici j’ai piloté pour Jim Miller, qui est maintenant Pratt and Miller, le concepteur de la carrosserie de notre Corvette DP. Mon manager à l’époque était Mark Kent, qui est maintenat le Directeur de Chevrolet Racing. En 1991, l’année où Jordan est né, nous courions à Lime Rock et Jim Miller m’a dit « j’ai un avion pour toi » car ma femme Shelley était enceinte de Jordan. Et maintenant, tout ce temps après, il est dans cette voiture, dans ce team, avec Mark Kent et tout le monde. Je suis heureux. Je voulais tellement me battre pour le Team Chevy, et tellement pour Velocity Worldwide et tous nos partenaires. Je suis heureux, je suis soulagé, vous savez. Je n’étais pas disposé à ne pas être le numéro un du Team Chevy avec mon équipe. Je sais qu’il y a beaucoup de teams, mais je voulais être le premier. Je suis vraiment heureux. »
D’après le communiqué du Wayne Taylor Racing,
Claude Foubert