Le sport automobile peut être parfois cruel et Markus Winkelhock en a fait l’expérience aux 24 Heures de Daytona. Le Champion du Monde GT1 disputait en cette fin janvier son deuxième double tour d’horloge de l’année, après avoir pris part aux 24 Heures de Dubai sur une Seat Leon/All Inkl Münnich Motorsport. L’Allemand jouait une place sur le podium jusque dans l’ultime tour au volant de l’Audi R8 GRAND-AM partagée avec Frank Biela, Christopher Haase et Matt Plumb. Malheureusement pour son équipage, la #13 a vu ce podium s’envoler suite à une panne d’essence à quelques encablures du drapeau, pour finalement échouer au 7ème rang. Les pilotes et l’équipe ont beau tout donner sur 24 heures, mais quelques litres d’essence en moins peuvent anéantir toute performance.
Markus Winkelhock ne peut qu’être déçu des 200 derniers mètres : « J’ai regardé la ligne droite d’arrivée devant moi car c’est bien ce qu’il y avait face à mes yeux, mais mon réservoir était vide. J’ai un sentiment amer après une dure bataille pour décrocher un bon succès durant ces 24 heures. »
Ce double tour d’horloge n’a été sans problème : « Après la pénalité durant la nuit qui nous a coûté deux tours, nous avons lutté pour gagner du terrain à nouveau et prendre la tête. Puis dans la dernière heure, j’ai dû économiser du carburant et nous savions que ce serait très serré. Les autres concurrents sont revenus à mon contact, alors j’ai dû hausser le rythme à nouveau. Ce n’était vraiment pas facile mais nous avons quasiment réussi. Je suis tombé en panne d’essence à 200 mètres de l’arrivée, ce qui est bien évidemment pénible. C’était tout de même une belle course et une bonne expérience pour moi. J’espère bien que l’année prochaine nous serons en mesure de riposter et de compléter les 200 mètres qui nous ont manqué. Je savais que la situation était tendue. Mon tableau de bord m’indiquait une alerte de carburant sur les deux derniers tours, donc en quelque sorte, je m’y attendais. Mais lorsque j’ai réellement commencé à manquer de carburant, je ne pouvais pas m’empêcher de penser : non ce n’est pas possible, pas maintenant ! »
On savait que Audi n’était pas venu en Floride pour faire de la simple figuration, mais un tel succès n’était guère dans les esprits avant le départ : « Cela a souvent été le cas dans le passé : nous savions que ce serait difficile. Au final, l’Audi R8 s’est très bien comportée. La R8 est devenue une voiture d’endurance quasiment imbattable avec des victoires dans toutes les plus grandes courses d’endurance qui existent. C’est une superbe performance pour toutes les équipes, les mécaniciens, les pilotes, et tous ceux qui ont été impliqués dans ce projet. La performance de toute l’équipe a été remarquable en tout point. »
Sur les quatre Audi R8 GRAND-AM au départ, trois ont rallié l’arrivée et les trois pouvaient monter sur le podium jusque dans les dernières minutes : « Sur la distance totale, les choses se sont bien passés et les pneus se sont peu dégradés. La voiture était rapide partout. Le déficit de vitesse rencontré lors des essais n’était plus aussi flagrant en course. Pourtant, il nous en manqué un peu et c’était un peu compliqué pour les dépassements. Avec un peu plus de puissance, je serai resté moins longtemps derrière une Ferrari. Cependant, la voiture était fantastique à piloter, aussi bien durant la nuit en conditions fraîches que lorsque la température était plus élevée. Je pense que nous avons prouvé à Daytona que la R8 GRAND-AM était capable de gagner. Je suis sûr que ce ne sera pas la dernière victoire en Grand-Am de la saison. »
Laurent Mercier