Grand-Am

Memo Rojas rend hommage à Ricardo Rodriguez à Mexico.

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Il y a maintenant un peu plus de 50 ans,  le 1er novembre 1962, le pilote mexicain Ricardo Rodriguez se tuait lors des essais d’une course de Formule 1 hors championnat sur le circuit de Mexico, alors qu’il était âgé de 20 ans seulement.

 

Le nom de Ricardo Rodriguez -peut-être moins coonu que son frère Pedro, son aîné de deux ans,  vainqueur des 24 Heures du Mans  1968 sur une Ford GT40 John Wyer avec Lucien Bianchi, Pedro étant lui aussi décédé au volant en 1971– n’est pas forcément évocateur pour les plus jeunes de nos lecteurs, mais les frères  Rodriguez ont laissé leur empreinte dans l’histoire du sport automobile et de l’endurance en particulier.  Les frères Rodriguez ont été en effet les véritables chouchous du public, et en particulier du public manceau. Ricardo a disputé ses premières 24 Heures du Mans en 1959, alors qu’il n’avait que 17 ans, avec son frère Pedro, sur une petite Osca 750 TN, mais l’année suivante, Ricardo, associé au pilote belge Teddy Pilette, terminait deuxième de ces mêmes 24 Heures du Mans sur une Ferrari 250 TR59. Ricardo prendra à nouveau part deux années consécutives aux 24 Heures, associé à son frère Pedro  - les deux frères n’ayant à eux deux que 40 ans en 1961 !- sur Ferrari, avec moins de réussite au final, mais non sans s’y être illustrés, Ricardo réalisant le meilleur tour en course en 1961 sur une Ferrari 250TR/61 en 3’59”09 avant son abandon, leur voiture s’étant qualifiée en première ligne. Leur Ferrari figura entre la première et la troisième place pendant 22 heures, avant que le moteur ne casse. La légende était en marche…En 1962, alors que les deux frères, au volant d’une Ferrari  Dino 246 SP officielle avaient d’avoir longtemps été longtemps en tête de la course, devaient abandonner sur panne de transmission.

 

Par ailleurs, Ricardo Rodrigue a été le premier pilote de moins de 20 ans à piloter une Formule 1, en 1961, et ce sur une Ferrari officielle ! Pour son premier Grand Prix, le GP d’Italie, il se qualifiait en première ligne !

 

En raison de son décès prématuré, son palmarès n’est évidemment pas le plus étoffé, mais on peut quand même noter, outre sa 2ème place des 24 Heures du Mans 1960, une troisième place dans les 12 Heures de Sebring en 1961, une deuxième place dans les Trois Heures de Daytona (qui allient devenir ensuite les 24 Heures de Daytona) et une victoire en 1962, l’année de sa disparition, dans la  célèbre Targa Florio, la course légendaire disputée avec des sport-protos sur les routes siciliennes, associé à Olivier Gendebien et Willy Mairesse.

 

En l’honneur de ce cinquantième anniversaire, son compatriote Memo Rojas, quadruple Champion Grand-Am avec Scott Pruett au sein du Chip Ganassi Racing (2008, 2010, 2011 et 2012), lui a rendu hommage sur le circuit où Ricardo a trouvé la  mort, circuit baptisé désormais « Autodromo de les Hermanos Rodriguez » en mémoire des deux frères. Rojas a piloté sur le circuit une Formule Junior Cooper T56 ayant appartenu à Ricardo Rodriguez. Il a piloté la petite monoplace pendant deux tours.    

 

Memo Rojas : “Cela fait longtemps que je n’avais pas été surpris en pilotant une voiture. Aujourd’hui, j’ai la possibilité de courir  quotidiennement avec une voiture moderne, de haute technologie et finalement les voitures arrêtent de vous surprendre beaucoup. Aujourd’hui, cela fait dix ans que je n’avais pas ressenti autant de surprise et d’excitation. Je me suis senti comme un petit garçon, en savourant chaque seconde, mes deux tours de circuit dans la Formule Junior qui a appartenu à Ricardo Rodriguez m’ayant ému comme aucune autre voiture auparavant. A chaque tour, dans chaque virage, je pensais à ce que Ricardo avait pu penser en pilotant cette voiture. J’ai pu constater des choses simples, telles que le volant qui touchait mes jambes et le manque de confort du baquet. Cela vous donne une autre perspective et vous fait voir combien nous sommes heureux désormais avec tous les équipements de sécurité, car à cette époque la  sécurité était nulle, il n’y avait aucune protection latérale. Cela a été une formidable expérience et l’une des meilleures de ma carrière. Je suis reconnaissant à la Scuderia Rodriguez et Francisco Marcillas, qui est aujourd’hui le propriétaire de la voiture, de m’avoir laissé la conduire. »    

 

Citation tirée du communiqué du Grand-Am,

 

Claude Foubert

 

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