Porsche Carrera Cup Deutschland, ADAC GT Masters, European Le Mans Series, Petit Le Mans, 24 Heures du Mans, Championnat du Monde d’Endurance, Blancpain Endurance Series, 24 Heures de Spa, 24 Heures de Daytona, International GT Open, British GT et Fun Cup. Voilà les championnats où est allé rouler Nicolas Armindo cette année. C’est sur le tracé catalan de Barcelone que le natif de Colmar a refermé sa saison à l’occasion du meeting International GT Open où un podium est venu le récompenser en compagnie de Anthony Beltoise sur une Porsche 911 GT3-R/Pro GT by Alméras. Deux semaines plus tôt, le pensionnaire du team IMSA Performance Matmut était en piste au Petit Le Mans avec comme objectif de ramener le titre European Le Mans Series aux côtés d’Anthony Pons et Raymond Narac. En seulement quelques années, Nicolas Armindo s’est imposé comme l’une des références de la catégorie GT. On l’a découvert lors d’une manche ADAC GT Masters il y a quelques années à l’époque où le championnat allemand partageait l’affiche avec les Le Mans Series, championnat où roulait son ami Olivier Pla. Depuis, nous l’avons suivi au gré de ses courses, avec un titre en Porsche Carrera Cup Deutschland et une place de Vice-Champion d’Europe GT3 il y a trois ans. Rapide en adaptation, discret, peu avare en conseils pour ses coéquipiers, Nicolas Armindo s’est vite fait un nom dans les paddocks. Un récapitulatif sur sa saison écoulée s’impose…
Laurent Mercier : Nico, tu viens de terminer ta saison avec une pige en International GT Open. Une série de plus cette saison…
Nicolas Armindo : « J’ai rejoint le Pro GT by Alméras avec qui j’avais disputé les 24 Heures de Spa. Il a fallu se faire une place car avec une quarantaine d’autos en piste et des pilotes de premier plan, cela n’a pas été si facile. Le niveau du championnat est relevé. Nous avons terminé deuxième de la course 1. La gestion des pneumatiques Dunlop a été une nouveauté, mais après avoir roulé en Michelin, Avon et Continental, l’adaptation a été plus facile. J’ai toujours réussi à trouver les bons réglages. L’organisation du championnat est bonne et cela m’a permis de découvrir quelque chose de nouveau. »
Le point d’orgue de ta saison est ce titre European Le Mans Series avec IMSA Performance Matmut ?
« C’est toujours positif que de ramener un titre, d’autant plus dans une série badgée Le Mans. De plus, c’est un plaisir que de rouler pour le team de Raymond (Narac) et Franck (Rava). Bien sûr, nous avons dû nous adapter au calendrier qui a évolué en cours de saison. Raymond et Anthony ont parfaitement assuré et ce titre est une belle récompense. L’équipe a rendu une copie parfaite. Je me suis fait des amis au sein du team. La catégorie GTE-Am a vite viré au duel contre AF Corse, mais les courses ont été belles et disputées J’ai pris beaucoup de plaisir à me battre contre eux. »
Surtout que ce n’était pas prévu que d’aller terminer la saison européenne aux Etats-Unis…
« Petit Le Mans, c’est de la bombe ! Tout est génial. Bien sûr, il y a Spa et Le Mans au-dessus. En arrivant à Road Atlanta, on ne savait pas trop à quelle sauce nous allions être mangés car les équipes européennes venaient se rajouter aux américaines. Des courses américaines, je ne connaissais que les 24 Heures de Daytona et ce n’est pas la même chose. Rouler aux USA, c’est magnifique. Le sport automobile fait partie de la culture du pays. Nous avons atteint l’objectif avec le titre synonyme de sélection pour les 24 Heures du Mans 2013. C’était important pour l’équipe, mais aussi pour moi. J’ai rempli mes obligations (rires). »
On peut dire que Raymond est rompu aux courses d’Endurance de tout poil, mais Anthony débutait. Lui aussi a rempli la mission ?
« Il a fait énormément de progrès en une seule année. Il a gagné en assurance et en confiance. Il n’a pas commis la moindre faute. Antho est quelqu’un qui connaît ses capacités. Il s’adapte très vite même si Petit Le Mans n’a pas été facile pour lui. Il a assuré, alors chapeau ! »
Avant le Petit Le Mans, il y a eu les 24 Heures du Mans. Là aussi, mission remplie avec un podium…
« J’adore l’ambiance qui y règne. C’est une course unique que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Alors monter sur le podium… Je sais qu’il m’en manque encore un peu. Je peux encore progresser et je vais travailler pour être encore plus fort en 2013. »
Tu as aussi roulé en ADAC GT Masters qui est considéré comme le plus championnat GT national le plus relevé d’Europe. Une belle expérience ?
« J’ai pris la saison en cours, c’est-à-dire à mi-championnat. Le calendrier European Le Mans Series ayant subi des modifications, j’ai pu me libérer tout en tenant mes engagements avec IMSA Performance Matmut. L’équipe Frogreen a été très compréhensive sur le sujet. Nous avons décroché au moins un podium sur chaque meeting. Robert (Renauer) a terminé quatrième du championnat, et moi septième en ne disputant que la moitié du championnat. Le niveau est très relevé et je pense que l’ADAC GT Masters fait partie des trois championnats GT majeurs en Europe avec la Blancpain Endurance Series et l’International GT Open. »
Justement, tu es allé faire deux piges dans la série Blancpain, dont les 24 Heures de Spa. Un bon souvenir ?
« Oui car nous avons joué le podium Pro-Am Cup une bonne partie de la course. L’équipe Pro GT by Alméras était très bien préparée et motivée pour bien figurer. Le team de Philippe Alméras a un gros potentiel et j’ai été bluffé par l’organisation. J’ai apprécié partager mon baquet avec Antho (Beltoise), Henry (Hassid) et Roland (Bervillé). La performance était bien là même si nous avons raté le podium tant convoité. J’ai ensuite pris part au meeting du Nürburgring avec l’écurie SMG de Philippe Gache. J’ai eu la chance de rouler avec mon meilleur pote Olivier Pla et ça c’est la classe. Le team est efficace avec de solides compétences techniques. Eric (Clément) débute en Endurance et il s’en sort parfaitement. Le niveau dans la série Blancpain est ultra relevé et les « Am » doivent composer avec les « Pro ». Nous étions en route pour un podium lorsque nous avons connu des problèmes de freins. »
Avec une telle saison, un constructeur va bien finir par te remarquer…
« (Sourire). J’espère bien que ce sera le cas. Je ne connais pas encore mon programme 2013 où il est prévu de prendre part à plusieurs championnats, que ce soit en GTE ou GT3. »
Propos recueillis par Laurent Mercier