Cette saison, Patrick Pilet a eu un planning très diversifié. Son seul programme complet a été l’International GT Open au sein du team IMSA Performance Matmut avec une fin de saison tonitruante, le Gersois montrant aussi bien à Monza qu’à Barcelone qu’il faisait partie des pilotes de pointe de la catégorie GTE. Pour le reste, on l’a vu en American Le Mans Series chez Flying Lizard Motorsports et TRG (GTC), ainsi qu’aux 24 Heures de Daytona en janvier en Grand-Am. La Porsche/IMSA (GTE-Pro) n’étant pas retenue aux 24 Heures du Mans, le pilote Porsche Motorsport a trouvé refuge chez les Lizards en GTE-Am, avec à la clé une pole et un début de course en trombe en venant plus que titiller les GTE-Pro. Il a aussi fait ses débuts sur la Nordschleife lors d’une manche VLN ainsi qu’une pige en Championnat du Monde d’Endurance chez Felbermayr-Proton à l’occasion des 12 Heures de Sebring. En Porsche Matmut Carrera Cup, Patrick avait le rôle de conseiller envers les jeunes en devenir. Il ne faut pas oublier non plus ses essais sur la toute nouvelle Porsche 911 GT3-RSR (991). De quoi faire un bon bilan de saison…
Laurent Mercier : Patrick, que retiens-tu de cette campagne en International GT Open ?
Patrick Pilet : « Disons qu’elle ne s’est pas déroulée comme nous l’espérions. Le début de saison était bon car nous faisions la course en tête jusqu’à 2/3 du championnat. Nous avons ensuite perdu un peu le contact. Les Porsche ont eu un peu de mal face à la concurrence. Il a manqué un peu de performance. Cependant, nous avons remporté une course à Monza dans des conditions difficiles. Le team a fait du très bon travail toute la saison. Raymond (Narac) a franchi une nouvelle étape car il a dû faire face à du très gros niveau. Cela reste tout de même une belle saison et on ne peut qu’être fiers du parcours. Cependant, nous savons bien que le résultat final ne reflète pas le potentiel. »
Le team a tout de même terminé la saison sur une bonne note à Barcelone…
« J’ai poussé tout ce que je pouvais, notamment le samedi pour la course longue. Comme nous n’étions pas très rapides en ligne droite, il a fallu se faire une place dans les virages. Notre 911 se comportait de mieux en mieux en fin de course. Si j’avais disposé d’un tour supplémentaire, je pense que nous aurions pu monter sur le podium. Le lendemain, la course a été parfaite. Il n’y a que l’entrée de la voiture de sécurité qui est arrivée à un moment inopportun car cela m’a fait perdre tout mon avantage de sept secondes. La voiture était rapide et Raymond était vraiment proche de Tandy à la fin. »
Le bilan de tes autres courses est aussi positif ?
« J’ai débuté la saison par les 12 Heures de Sebring avec Marc (Lieb) et Richard (Lietz). C’était la première course de la Porsche Spec-2012 et nous avons terminé à la deuxième place des concurrents du Championnat du Monde d’Endurance. A Baltimore, j’ai roulé dans une GTC en compagnie de Al Carter, et nous sommes repartis avec la victoire. Au petit Le Mans, nous étions dans le match avec Patrick (Long) et Jörg (Bergmeister), mais la casse d’un amortisseur a ralenti notre progression. La malchance ne nous a pas épargné même si j’ai pu réaliser le tour le plus vite de l’auto lors de mon deuxième relais. J’ai aussi découvert la Nordschleife. Cela faisait longtemps que je voulais rouler dans l’Eifel. C’était particulier car je n’avais bouclé que quelques tours avant la course, mais cela a été un bon moyen de prendre ses marques pour les 24 Heures du Nürburgring. Au Mans, la Porsche/IMSA n’étant pas retenue, j’ai rejoint le Flying Lizard sur la 911 GT3-RSR alignée en GTE-Am. Je suis satisfait d’avoir décroché la pole, même si la course a été plus compliquée. »
C’est une surprise que de voir le Lizard mettre un terme à sa collaboration avec Porsche ?
« Bien sûr car ils étaient avec Porsche depuis des années et les relations entre les deux parties ont toujours été bonnes. Je ne sais pas quels seront leurs plans pour le futur. »
La Porsche 911 GT3-RSR (991) débutera en compétition à quel moment ?
« Tout le monde sait que le développement du modèle actuel prend fin. Pour ce qui est de la nouvelle auto, le programme n’est pas défini. Tout dépendra des souhaits de Porsche. Ce que je peux dire, c’est que les essais se poursuivent. »
Quel est ton sentiment sur la mise en place d’un seul championnat en Amérique du Nord en 2014 ?
« Les deux séries sont différentes, mais elles se retrouvent sur le plan du show. Les courses à l’américaine, c’est quelque chose de bien particulier. J’espère que les deux parties prendront le meilleur de chacune. Sur le papier, il y a de quoi avoir un beau et grand championnat. »
Quelle est ton opinion sur le groupe de travail mis en place par l’ACO pour une nouvelle catégorie GT ?
« Ce qui est fait en GTE est très bien. Certes, il manque un peu de concurrents, mais tout le monde a sa chance. La Porsche était un ton en dessous en début de saison avant les ajustements. Le GT3 est très un beau produit, mais plus axé sur le domaine du « Compétition-Client ». Selon moi, les deux ont leur place. »
Comment s’est passé ton rôle de conseiller avec les « jeunots » de la Cup’ ?
« C’était une belle expérience ! Le projet s’est monté grâce à Alex Gibot d’ORECA et Porsche France. C’est quelque chose qui me tenait à cœur. Il y a de plus en plus de jeunes et j’espère que le programme monté par Porsche va en faire venir d’autres. Deux de nos pilotes ont été sélectionnés avec Côme (Ledogar) et Jean-Karl (Vernay). Je ferai tout pour aider un autre Français à nous rejoindre chez Porsche. La mission est remplie à 100% et j’espère renouveler l’expérience en 2013. Cette saison a permis de révéler Côme au grand public. Jean-Karl était pour sa part attendu au tournant, du fait de son palmarès déjà éloquent. Côme lui a tenu la dragée haute toute la saison et le résultat final s’est joué à pas grand-chose. »
Propos recueillis par Laurent Mercier