Déjà titré en GT Tour en 2011, Anthony Beltoise s’est à nouveau assuré la couronne la semaine passée sur le Circuit Paul Ricard, en compagnie de Henry Hassid. Au volant de la Porsche 911 GT3-R/Pro GT by Alméras #2, le tandem a dû faire face à une forte concurrence pour parvenir à s’imposer. En parallèle, Anthony a disputé la saison Blancpain Endurance Series, toujours chez Pro GT by Alméras, aux côtés de Henry Hassid et Roland Bervillé. C’est d’ailleurs sur le podium que Beltoise/Hassid (Bervillé étant absent) ont bouclé la saison au Nürburgring, après être passé tout près d’une place dans le tiercé de tête aux 24 Heures de Spa. Avant de clôturer l’année 2012 à Estoril dans le cadre du VdeV, c’est à Barcelone que Anthony Beltoise et Pro GT by Alméras ont posé leurs valises avec un podium à la clé en Course 1 en compagnie de Nicolas Armindo. La saison écoulée a donc été plutôt remplie pour Antho, et celle qui s’annonce devrait l’être tour autant. Entretien…
Laurent Mercier : Antho, commençons par parler du Championnat de France GT avec un nouveau titre à la clé. Surpris ?
Anthony Beltoise : « Le bilan est forcément positif. Ce titre est mérité et pas du tout usurpé. Avec Henry, nous avons décroché trois victoires, quatre pole et neuf podiums. Mis à part Lédenon où nous n’avons pas marqué, nous sommes montés à chaque fois sur le podium. Selon moi, le niveau était plus relevé cette année. En 2011, la Porsche 911 GT3-R était quasiment intouchable, et cette année on a pu voir que la Balance de Performance était équilibrée, exceptée pour l’Audi R8 LMS ultra qui manquait un peu de vitesse de pointe. »
Henry (Hassid) est la bonne surprise de la saison. C’est aussi ton avis ?
« Je ne suis pas surpris de ses performances car je le connais depuis pas mal de temps. Je savais qu’il allait vite. Il a été énorme en Blancpain Endurance Series avec des efforts en piste de plus de une heure. A Spa, il a fait des relais dignes de pas mal de pilotes « A ». Il est rapide en adaptation et capable de sortir rapidement la grosse attaque. En GT Tour, il a montré qu’il n’avait rien à envier aux meilleurs. Selon moi, il fait partie des cinq meilleurs pilotes « B » avec David Hallyday, Gilles Vannelet, Eric Debard et Laurent Pasquali. Henry, c’est une valeur sûre. Il a tout découvert cette année, notamment de partager son baquet avec un coéquipier. Il a dû aussi travailler pour appréhender le fonctionnement des pneus dans des exercices différents, qu’ils soient neufs ou usés. Il a géré parfaitement le sujet et je luis dois beaucoup pour cette belle saison. Henry n’a pas commis la moindre erreur de l’année. »
Le niveau du championnat est encore monté d’un cran selon toi ?
« Oui car il faut voir la qualité et le professionnalisme des pilotes et des équipes. De plus, le gros point positif est la parfaite entente entre tout le monde. C’est vraiment agréable. La promotion des évènements est parfaite, tout comme les animations proposées. Pouvoir avoir des retransmissions sur Eurosport était vraiment bien. Cette partie là était fantastique ! »
« Disons que la gestion sportive n’a pas été du même niveau. Il y a certaines choses que je ne comprends pas, notamment en termes de départ, de ligne de course ou d’accrochage. Pour un même contact, la sanction n’est pas identique. Il faut cadrer les choses. En Blancpain Endurance Series, il y a une cinquantaine d’autos et cela n’arrive pas. Il faut comprendre qu’il y a des enjeux sportifs et financiers. J’ai eu cette discussion avec le Président de la FFSA, sachant que pas mal de pilotes font la même analyse. Les sanctions doivent être plus dures et immédiates. Prenons mon exemple où Lédenon, je ruine la course de Laurent Cazenave en le touchant bien involontairement. Je fais une faute et il n’y a rien eu. Il ne doit pas y avoir de discussions possibles. Quant à la Balance de Performance, elle est calée sur celle du FIA-GT3 et il serait peut-être plus judicieux de se caler sur celle de la Blancpain Endurance Series, où toutes les GT3 sont représentées, ce qui n’était pas le cas en FIA-GT3 cette saison. Peu d’équipes se plaignent de la BOP en Blancpain. »
Justement, quel bilan tires-tu de ta saison en Blancpain Endurance Series ?
« Pour nous, le bilan est excellent. L’équipe Pro GT by Alméras a montré son savoir-faire. La performance a toujours été là. En qualifications, nous étions régulièrement devant ProSpeed Competition. C’est vraiment génial pour Philippe (Alméras) et son équipe. Son team montre qu’il fait partie des meilleurs teams Porsche. Spa a été une aventure géniale. On s’est éclaté dans l’auto, mais aussi en dehors. Avec Henry, nous avons terminé deuxième au Nürburgring. Le niveau du championnat est très relevé et je suis clairement surpris du niveau des pilotes « Am ». Il faudrait peut-être revoir la catégorisation de certains pilotes, notamment les jeunes qui arrivent de la monoplace. »
Tu as déjà des projets pour 2013 ?
« Idéalement, c’est de prendre part à trois championnats. Déjà repiquer au GT Tour et à la Blancpain Endurance Series. Je regarde aussi de près le GT Sprint Series mis en place par SRO et j’ai signé pour rouler en European Le Mans Series dans une Ferrari F458 Italia en GTE-Am avec David Hallyday. »
Propos recueillis par Laurent Mercier
