Champion International Le Mans Cup 2011 dans la catégorie LMP2 après une année 2011 américaine sanctionnée par un titre en Indy Lights, Jean-Karl Vernay est de retour aux affaires en France cette saison avec la Porsche Matmut Carrera Cup. A un meeting de la fin du championnat, le Villeurbannais est aux commandes du championnat devant son rival Côme Ledogar. C’est lors du dernier round de Navarra que le sociétaire du Sébastien Loeb Racing a pris le dessus sur le pilote du Pro GT by Alméras. « JK » peut par la même occasion rafler le titre de « Jeunes Talents Matmut » et pourquoi pas prendre part à la journée test mise en place par Porsche dans le cadre de la Porsche Mobil 1 Supercup Scholarship Program. Avant la manche finale du Paul Ricard où il compte 8 points d’avance sur Côme Ledogar, Jean-Karl Vernay fait le point sur sa saison.
Quel est ton état d’esprit avant ce dernier rendez-vous 2012 ?
« Il y a de nombreux enjeux et il faut rester très vigilant. Mais il est évident que je me sens plus serein, plus confiant qu’avant d’aborder Navarra. Je sais ce que j’ai à faire au Castellet et je resterai focalisé à 100% sur mon « job ». Pas question de se relâcher, personne n’est à l’abri du moindre pépin… « Il est certain que nous (le team et moi) nous sentons beaucoup mieux. Navarra a été vécu comme un déclic. Ces bons résultats sont les fruits du travail de toute une équipe. Nous avons franchi un cap ensemble. Mes équipiers ont progressé et de mon côté j’ai abordé ces courses en modifiant quelque peu mon pilotage. Cette entraide et cette dynamique ont payé. »
Nouvelle équipe, nouvelle discipline, le choix de la Porsche Matmut Carrera Cup était-il risqué ?
« Il est clair que le défi était osé et pas forcément évident à relever, tant pour moi que pour le team Sébastien Loeb Racing. Nous n’avions aucune expérience et aucun recul sur cette discipline si particulière. L’équipe a parfaitement réagi, sans faire de complexe par rapport à des teams très expérimentés comme Pro GT. « A mon niveau, ce fut un véritable challenge, celui de changer complétement de discipline avec un seul objectif, remporter le titre. Si je touche au but, j’aurais décroché trois titres totalement différents en trois saisons. L’idéal pour un pilote est de prouver qu’il peut être rapide sur tous les types de voitures. Même si je dispose d’une bonne expérience en monoplace et en endurance, la Cup est une nouvelle occasion de prouver mon niveau. Le plus important est de gagner des championnats, et si je le gagne, celui-là sera très important pour le futur… »
Comment vis-tu ton immersion dans l’univers Porsche ?
« Découvrir l’univers Porsche est une excellente expérience. Une nouvelle voiture et un nouveau style de pilotage à adopter, cet apprentissage est riche en enseignements. J’apprécie aussi beaucoup l’implication de Porsche pour la promotion de cette discipline et son développement. Les promoteurs font de gros efforts pour mettre en valeur la série. La composition du plateau est aussi très intéressante. En mélangeant des jeunes, des gentlemen, de purs amateurs, des pros ou des pros en devenir, cette alchimie donne une ambiance très particulière et loin d’être dénuée d’intérêt. Je suis très heureux et satisfait d’avoir choisi cette filière. »
Le 28 octobre, au terme de la finale, le jury Porsche désignera le candidat français qui participera à la journée test du Porsche Mobil 1 Supercup Scholarship Program. Intégrer ce programme serait une bonne opportunité ?
« Bien sûr, accéder à la Supercup serait très intéressant pour l’avenir. C’est sans doute ce qui se fait de mieux parmi les championnats monotypes. Le niveau est très élevé et c’est peut-être une porte « entrouverte » sur une opportunité pour devenir pilote officiel. Mais je reste très lucide, la liste des pilotes qui manifestent leur intérêt pour la marque est longue… Je possède peut-être des qualités et une expérience qui peuvent intéresser ce constructeur, mais nous n’en sommes pas là… Il faut d’abord être sélectionné en qualité de candidat français et ensuite réussir le test ! Avant de penser à l’étape suivante, il me reste encore un championnat à gagner, le 28 octobre ! »
Laurent Mercier