Avec plus de dix ans passés au Japon et neuf victoires à son compteur, Benoît Tréluyer évolue comme qui dirait à domicile au Mont Fuji. En 2001, il décrochait le titre Formule 3 avant de rafler la mise cinq ans plus tard en Formula Nippon, puis le Super GT en 2008. Cela fait tout de même près d’un an que le pilote Audi n’est pas retourné dans son pays d’adoption. Le double vainqueur des 24 Heures du Mans a repris ses marques : « Je suis arrivé lundi matin à Tokyo. Dans l’avion, je n’ai pas pu dormir, à cause de l’excitation. Je n’étais plus revenu depuis décembre, et je dois dire que le Japon me manquait. A Narita, cela m’a fait un peu drôle d’aller à un comptoir de location de voitures. Avant, je passais un coup de fil et la fille du parking m’amenait la mienne. J’avais mes petites habitudes. J’ai eu l’impression de ne plus être chez moi en ayant tout de même la sensation d’y être. » Avant de rejoindre Gotemba, au pied du Mont Fuji, Benoît en a profité pour revoir des amis.
« J’ai vécu plus de deux ans à Gotemba » poursuit le pilote de l’Audi R18 e-tron quattro #1. « J’y avais une maison, mes repères. Mardi soir, je suis allé dîner dans le restaurant où j’avais mes habitudes, à deux cents mètres de mon ancien domicile. Un restaurant de type « teppanyaki » appelé Mizuki. Le patron qui n’a jamais été un bavard a quitté ses baguettes, fait très rare, pour venir me saluer et me demander des nouvelles de mon épouse Mélanie et de mon fils Jules. Un honneur que j’ai accueilli à sa juste valeur. J’étais accompagné d’André (Lotterer), de mon amie journaliste Yumiko et son mari Iga’chan qui n’est autre que mon ancien mécanicien. »
Si le natif d’Alençon est un familier du pays, son coéquipier André Lotterer est tout aussi à domicile, au contraire de Marcel Fässler : « Venir à Fuji avec André, ça change aussi beaucoup de choses. Quand je courrais au Japon, nous étions dans des écuries différentes et ne fréquentions pas les mêmes hôtels. Aujourd’hui, on se déplace ensemble et comme on a chacun nos petites astuces, nos petits raccourcis secrets, on se chamaille gentiment sous l’œil médusé de Marcel (Fässler) ! » Ils servent donc de guide au pilote suisse : « Nous lui faisons découvrir notre Japon à nous, et ça nous fait drôlement plaisir. Moi, j’ai laissé une telle part de moi-même dans ce pays que je me sens chez moi. Je crois que c’est la même chose pour André ! »
Le public est attendu nombreux en cette fin de semaine au Mont Fuji : « Pour l’instant, c’est encore assez calme, mais il va y avoir beaucoup de monde ce week-end. Les organisateurs parlent de 20.000 personnes, mais je sais qu’il y en aura plus. Evidemment, avec le GP F1 à Suzuka la semaine passée et la moto GP à Motegi ce même week-end, les amateurs de sport mécanique sont très sollicités en ce mois d’octobre, mais ils vont venir en masse. Moi, je suis impatient de ces retrouvailles. »
Lors des deux séances d’essais privés, Benoît Tréluyer a pris les 8ème et 9ème temps sur un circuit qu’il connaît parfaitement , mais pas dans une LMP1 : « J’ai remporté la dernière course sur l’ancien tracé et la première sur le nouveau. J’ai un bon palmarès ici, même si ce n’est pas mon circuit préféré de l’archipel. Cela étant dit, il est assez technique avec sa ligne droite super longue qui se termine par une épingle, avant d’enchaîner trois virages rapides et une partie très lente. Avec l’Audi, le freinage du virage 1, c’est fantastique ! Je n’avais encore jamais freiné si tard à cet endroit. D’ailleurs, il n’a fallu plusieurs tentatives pour définitivement oublier mes vieux repères. Côté travail, cette séance de découverte s’est bien passée. Nous nous sommes tous les trois relayés au volant et nous sommes allés au bout du programme défini. Nous avons toute la journée de jeudi pour bien éplucher les datas et bien nous préparer pour le week-end ! »
Avant le pénultième rendez-vous de la saison, le trio Tréluyer/Fässler/Lotterer compte une avance de 13,5 points au championnat sur Kristensen/McNish.
Laurent Mercier