Avant de jouer la finale European Le Mans Series au Petit Le Mans, le team IMSA Performance Matmut était Monza dans le cadre de l’International GT Open pour le pénultième meeting de l’année. Absente des podiums depuis plusieurs courses, l’équipe rouennaise s’est imposée lors la première manche du meeting, ouvrant ainsi son compteur. Patrick Pilet et Raymond Narac ont su se jouer de la concurrence dans des conditions météorologiques capricieuses. Sur les terres de Ferrari, Patrick Pilet décrochait la pole pour la Porsche 911 GT3-RSR #16, Raymond Narac prenant pour sa part une belle 5ème place sur la grille. Le lendemain, le tandem devait s’arrêter 15 secondes supplémentaires pour finalement rallier l’arrivée à la 6ème position, l’auto étant en proie à une Balance de Performance peu favorable. Arnaud Soudey, Ingénieur en charge du programme GT Open, retient un meeting italien positif : « Samedi fût une très grande journée pour IMSA Performance Matmut. Raymond a fait une superbe qualification au milieu des pilotes professionnels samedi matin qui nous a permis de démarrer de la cinquième position. Nous le devons à notre stratégie de rester en pneus pluie là ou nous adversaires se sont un peu fourvoyés en essayant les slicks. C’était très compliqué et nos réglages ont très bien fonctionné dans ces conditions. Nous enchaînons ensuite avec la pole position de Patrick qui a survolé la deuxième séance de qualifications sous la pluie avec 1’3 d’avance sur tout le monde et enfin pour couronner le tout, cette superbe victoire grâce aux deux pilotes qui ont magnifiquement roulé et su éviter toutes les embûches sur ce tracé mythique de Monza. Dimanche nous avons laissé Raymond en pneus slicks usés car nos réglages étaient optimum et permettaient d’économiser les gommes, sur ce point nous étions mieux que le Manthey Racing, cela s’est vu en fin de course. Après Budapest nous sommes pratiquement repartis de zéro et nous avons vraiment trouvé de bons réglages qui nous rendaient plus performants. On a vraiment fait du bon travail et là où on s’attendait à souffrir vu le profil de Monza, nous avons su tirer partie de la météo pour nous imposer. On va tenter de remettre le couvert à Barcelone ! »
Patrick Pilet a une nouvelle fois pu montrer sa belle pointe de vitesse sur le rapide tracé de l’Autodromo di Monza : « Dès notre arrivée à Monza nous avons été dans le bon rythme que ce soit sous la pluie ou sur piste sèche. La performance de Raymond en ‘qualifs’ nous positionne idéalement au départ, même s’il se fait un peu coincer en 9e position sans perdre pour autant le bon wagon à cause des pressions de pneus. Il a réussi à éviter les accrochages, notamment avec la Corvette. Nous avons choisi de laisser Raymond en piste plus longtemps pour repartir avec des slicks neufs au moment optimal. J’ai réussi à repartir juste devant la Corvette et j’ai attaqué très fort dans mes premiers tours pour dépasser la Ferrari de Léo et celle de Lopez. Sur le sec j’étais très rapide, il m’a fallu ensuite gérer le trafic puis la fin de course sous la pluie en pneus slicks, mais c’est précisément le genre de conditions que j’affectionne donc j’ai géré. C’était difficile, nous avons fait les bons choix, celui de faire partir Raymond en pneus pluie était le bon et notre stratégie a ensuite parfaitement fonctionné, cette victoire est une récompense de tous nos efforts cette saison. Raymond m’a rendu la voiture en bonne position, j’ai pu attaquer et faire la différence sur mes poursuivants. Ce fût une bonne journée. Nous sommes partis en pole position le lendemain. Nous avons bien travaillé depuis le meeting de Budapest en remettant tout à plat et nos réglages nous permettent d’être compétitifs dans toutes les conditions. La Porsche est à l’aise dans ces conditions changeantes, cela masque un peu la balance de performance qui nous est défavorable. »
Quant à Raymond Narac, il a parfaitement rempli sa mission : « Le maximum du potentiel de la voiture en International GT Open a été obtenu le samedi. Cela veut dire qu’en temps de pluie sur piste grasse et humide, on a démontré les capacités de la voiture en gagnant la course. Dès que la piste est sèche, les équivalences nous handicapent. En regardant le début de course dimanche, si j’avais été au volant, on aurait pu dire : « c’est Narac, normal qu’il se fasse reprendre », mais avec Patrick Pilet, pilote d’usine, qui a encore prouvé au 24 Heures du Mans qu’il est un Top Gun dans les pilotes d’usine, le voir se faire avaler comme ça par les autres n’est pas concevable. Je peux vous dire qu’il s’employait au volant, et cela s’est vu, on avait l’impression de voir le film en accéléré quand la RSR passait dans les virages tant il devait chahuter la voiture sur les vibreurs pour rester devant là ou ses adversaires roulaient quasiment avec « le bras sur la portière ». Nous n’avons pas à rougir de notre prestation. Nous avons fait le maximum. J’ai fait une bonne 5e place en qualification au milieu des pilotes professionnels, moi qui suis avant tout un amateur. Je cours aussi partout en semaine mais pour mon travail ! Nos résultats sont heureusement à la hauteur du soutien de nos partenaires, je vais maintenant enchaîner avec les Dix Mille tours au Castellet en CER avant le Petit Le Mans où nous aurons là un beau challenge à relever avec la Porsche 911 GT3 RSR. »
Avant le dernier meeting de Barcelone, les deux pensionnaires du team IMSA Performance Matmut pointent à la 6ème place au championnat, à 31 points de la place de troisième.
Laurent Mercier