L’heure de la rentrée a sonné pour Benoit Tréluyer le week-end dernier et le natif d’Alençon n’a pas raté son retour aux affaires. Arrivé dans le Northamptonshire à la deuxième place du Championnat du Monde d’Endurance en compagnie de ses compères Marcel Fässler et André Lotterer, le double vainqueur des 24 Heures du Mans est reparti aux commandes du championnat après la victoire aux 6 Heures de Silverstone sur l’Audi R18 e-tron quattro #1. Si on ne connaît pas encore les champions Pilotes, Audi a déjà en poche le titre Constructeurs, ce qui ravit Benoit : « Honnêtement, je ne savais pas que le titre pouvait déjà être conquis. Nous étions arrivés à Silverstone avec pour seul objectif la victoire. Ce titre est dans la logique des choses après plus de dix ans de règne sur la catégorie et onze victoires – si l’on compte celle de Bentley – lors des douze dernières éditions des 24 Heures du Mans. Ce titre Constructeur, c’est aussi un grand merci à Audi pour tout ce que la firme a fait pour le monde de l’endurance. Sans elle, l’existence même de ce championnat du monde renaissant n’aurait pas été possible. A l’arrivée, l’émotion était un peu contenue, parce que nous étions en effectifs limités par rapport au Mans, parce que nous sommes encore en plein développement de la voiture. Il faudra attendre la fin de saison pour vraiment savourer et célébrer ce titre. Le championnat est joué, mais il n’est pas terminé. L’objectif est de remporter le maximum de courses d’ici à la fin de l’année. Tout le monde reste concentré et tout le monde est reparti d’Angleterre la tête dans le guidon. »
Le Frenchie de la #1 peut maintenant dire qu’il s’est imposé ailleurs qu’au Mans avec le constructeur allemand : « C’était une étape importante pour moi. Après deux victoires au Mans, c’est vrai que j’avais le désir de m’imposer sur d’autres tracés. Avec Marcel (Fässler) et André (Lotterer), nous avions parfois, voire souvent, manqué de réussite lors des courses que nous avions disputées en marge des 24 Heures, et Silverstone nous a permis de combler cette lacune. Autant nous avions manqué de réussite à Spa, autant nous en avons eue à Silverstone. Pour ma première visite sur ce tracé mythique, je ne pouvais espérer meilleure conclusion. Silverstone est le type de circuit sur lequel on rêve de rouler, qui allie sélectivité et histoire comme sur ceux de Spa, Suzuka, Monaco ou Monza. Je m’étais bien préparé, j’avais bien anticipé la chose sur le simulateur afin de ne pas perdre de temps à mémoriser le tracé et je n’ai pas été déçu par la magie des lieux… »
Pointer en tête d’un Championnat du Monde est nouveau pour lui : « J’ai gagné une coupe du monde (Macao/Corée) en F3 mais je ne m’étais encore jamais retrouvé en position de leader d’un championnat du monde ! C’est génial, mais nous restons concentrés. Avec André et Marcel, nous revenons de loin après avoir raté la première course. Prendre la tête à mi-saison est, dès lors, très gratifiant mais nous savons pertinemment que tout peut s’inverser très vite. J’aurais préféré que nos principaux rivaux pour le titre « Pilote » soient issus d’une autre écurie, mais c’est comme cela. Nous allons tout faire pour éviter les tensions que la situation pourrait créer. Pour le moment, tout se passe bien. On travaille toujours aussi parfaitement ensemble. Cette cohésion, c’est aussi ce qui fait la force d’Audi et nous devons la préserver même si, à mesure que nous allons nous approcher du dénouement, la pression va forcément monter. Il va falloir être vigilant et éviter que la compétition ne perturbe cette osmose… »
Après avoir découvert Silverstone, il va en être de même avec le tracé brésilien : « Je n’ai jamais mis les pieds au Brésil et j’ai vraiment hâte de découvrir la célèbre piste pauliste. Nous allons de nouveau tenter de bien préparer notre affaire car la compétition s’annonce relevée. Nous allons prendre les courses comme elles viennent, sans trop penser à l’enjeu. Un titre, ça se travailler, ça se mérite ! » Avant cela, Benoit s’est rendu en Russie pour le lancement de la nouvelle Audi R8 GT Plus ainsi que la présentation presse des modèles sportifs de la gamme, à savoir S6, S7 et S8.
Laurent Mercier