24H Nürburgring VLN

Round 8 : Le Raeder Motorsport lauréat d’une belle course.

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La 8e manche du championnat VLN fera assurément date dans la riche histoire de la série allemande d’endurance tant elle fut passionnante à suivre. Au bout de 4h d’un spectacle incommensurable, ce sont finalement Frank Biela, Christian Hohenadel et Thomas Mutsch qui ont décroché la timbale. Profitant au mieux d’une stratégie décalée, le trio infernal du Raeder Motorsport a imposé sur le fil l’Audi R8 LMS frappée du n°44, devançant d’une seconde à peine la voiture sœur du Phoenix Racing, laquelle fut menée à la cravache par Frank Stippler et Marc Basseng. En tête durant la majeure partie de l’épreuve, Jochen Krumbach, Timo Bernhard et Patrick Pilet (Porsche 911 GT3 R/Manthey Racing) ont également réalisé une brillante prestation mais doivent « se contenter » de la plus petite marche du podium.

Disputée sur une piste humide mais s’asséchant au fil des tours, la séance qualificative a permis à Timo Bernhard de démontrer que le terrible accident dont il avait été victime en début de saison n’avait en rien altéré son énorme potentiel, le pilote officiel Porsche signant une remarquable pole position. Avec un chrono de 8.22.206, le protégé d’Olaf Manthey devançait de moins de deux dixièmes ( !) la Porsche 911 GT3 R/Timbuli Racing d’un excellent Marc Hennerici. Le quinté de tête était complété par trois autres Porsche, en l’occurrence la 911 GT3 R/Frikadelli Racing de Abbelen-Schmitz-Huisman, la 911 GT3 R/Falken Motorsports de Henzler-Mapelli et la toute nouvelle 911 GT3 RSR/Wochenspiegel Team Manthey de Weiss-Kainz-Jacobs. Le tandem Roloff-Rehfeld plaçait la première Mercedes SLS/Rowe Racing au 6e rang devançant la Porsche 911 GT3 Cup de Alzen-Wlazik, très à l’aise dans ces conditions précaires, et les Audi R8 LMS de Biela-Hohenadel-Mutsch et Basseng-Stippler.

Henri Moser connaissait, pour sa part, la frayeur de sa vie en explosant un peu à 270 km/h dans la portion ultra-rapide de Döttinger Höhe. Si le Suisse parvenait miraculeusement à ramener sa McLaren MP4 12C aux stands, l’écurie Dörr Motorsport, ne connaissant pas l’origine de cette crevaison (bris de suspension ?), préférait, pour d’évidentes raisons de sécurité, jeter l’éponge. Rageant d’autant que le bolide de Woking semblait une fois de plus bien en jambes. Bien que ne possédant comme expérience de la Nordschleife que trois tours effectués lors des essais libres et une ronde bouclée lors des qualifs, Patrick Pilet se voyait chargé de prendre le départ.

Une lourde tâche dont le talentueux Français s’acquittait avec brio, prenant d’emblée le commandement suivi comme son ombre par Marc Hennerici. A l’issue du premier tour, un minuscule dixième de seconde séparait les deux hommes tandis que Wolf Henzler se tenait en embuscade, prêt à profiter du moindre écart de trajectoire des deux fous furieux le précédant.  La lutte entre Pilet et Hennerici était absolument somptueuse. L’Allemand, pourtant doté d’une expérience colossale de l’enfer vert, tentait tout ce qui lui était possible pour s’emparer du leadership mais Pilet défendait son bien avec une incroyable détermination. Insensible à la pression, le Français parvenait à conserver les rênes de l’épreuve durant toute la durée de son relais quand bien même l’écart entre les deux leaders n’aura jamais excéder les 5 dixième de seconde ! Du jamais vu !

Quant à Wolf Henzler, il se faisait très légèrement décramponné et se retrouvait sous la menace d’un trio chaud bouillant composé de Roland Rehfeld, Frank Stippler et Frank Biela. Marqué pas de chance en revanche pour Georg Weiss dont la poisse semble coller aux basques ces derniers temps. Ainsi, alors que sa toute nouvelle Porsche 911 GT3 RSR avait été complètement détruite dans un incendie voici trois semaines à peine, l’Allemand s’était porté acquéreur d’une seconde 911 GT3 RSR. Las, Oliver Kainz, aux manettes du bolide aux couleurs de Wochenspiegel, tapait à la sortie de la Mercedes Arena après moins de 20 minutes de course et devait renoncer !

A l’issue de la première salve de ravitaillement, Jochen Krumbach conservait la première position si chèrement défendue par Patrick Pilet mais se voyait confronté à un autre adversaire en la personne de Marc Basseng. De son côté, Tom Coronel, désormais aux commandes de la Porsche 911 GT3 R/Timbuli Racing devait faire face aux assauts d’Alexander Roloff (Mercedes SLS/Rowe Racing) et de Christian Hohenadel (Audi R8 LMS/Raeder Motorsport), la Porsche/Falken, désormais aux mains de Marco Mapelli, ayant glissé au 5e rang. Si tour après tour Basseng se rapprochait de la Porsche/Moskovskaya, Jochen Krumbach se défendait avec acharnement et conservait les commandes de l’épreuve.

Après 2h30 de course, la Porsche/Manthey et l’Audi/Phoenix rentraient simultanément aux stands. En délicatesse avec ses freins, Basseng heurtait légèrement l’arrière de la monture de pointe de l’escadron Manthey mais celle-ci parvenait néanmoins à quitter les box en tête de la course. Désormais à son volant, Timo Bernhard commettait cependant une petite erreur et Frank Stippler ne se faisait pas prier pour le déborder. Bernhard ne s’en laissait pas compter et restait dans le sillage immédiat de l’Audi/Bilstein. A 50 minutes du terme alors que l’Audi/Raeder de Biela-Hohenadel-Mutsch accomplissait son dernier pitstop, Bernhard plaçait une attaque imparable sur Stippler et reprenait son bien. Dix minutes plus tard, ce même Stippler effectuait un ultime splash and dash tandis que Bernhard parvenait à boucler trois rondes supplémentaires avant d’à son tour faire un appoint de carburant. A son retour en piste, le pilote officiel Porsche n’occupait plus que le 3e rang, près de 40 secondes derrière Stippler, lui-même débordé par un Thomas Mutsch, ayant magistralement bien profité de la stratégie mise en place le Raeder Motosrport. Frank Stippler faisait toutefois le forcing pour revenir dans les échappements de l’Audi n°44 mais Mutsch se défendait bec et ongles et explosait le meilleur chrono en signant un éblouissant 8.09.221 dans la pénultième ronde. Au bout du compte, l’ancien pilote Matech conservait 1,7 seconde de bon sur Stippler et offrait, avec le concours des excellents Frank Biela et Christian Hohenadel, un premier succès en 2012 au Raeder Motorsport.

Seconds, Stippler, Basseng et le Phoenix Racing auront une fois de plus figurés parmi les grands animateurs de l’épreuve. Et que dire de la prestation du Manthey Racing, principalement dans le chef de Patrick Pilet qui pourtant découvrait l’enfer vert. Gageons que nous ne tarderons pas à le revoir à l’œuvre dans l’Eifel d’autant que, selon ses dires, « la Nordschleife est en quelque sorte le Disneyland des pilotes » ! Hennerici-Coronel (Porsche 911 GT3 R/Timbuli Racing) et Henzler-Mapelli (Porsche 911 GT3 R/Falken Motorsport) complètent un top 5 d’excellente facture. Auteur d’une course sage, Christer Jöns et Luca Ludwig placent la seconde Audi R8 LMS/Phoenix au 6e rang, précédant la Mercedes SLS/Rowe Racing de Rehfeld-Roloff, la Mercedes SLS/Black Falcon de Schall-Rösler et la Porsche 911 GT3 R/Frikadelli Racing de Abbelen-Schmitz-Huisman.

Pour sa première expérience sur la Nordscheife avec la Porsche 911 GT3 R du Pinta Racing, Alex Muller se classe, en compagnie de Michael Illbruck, à une honorable 10e position, devançant de peu la Porsche 911 GT3 R/Haribo Racing Team de Riegel-Stursberg-Westbrook. Quant aux frères Busch, pour leur première apparition au volant d’une Audi R8 LMS, ils ont du renoncer peu après le cap de la mi-course alors qu’ils bataillaient au sein du top 10.

Les photos de la course sont ici.

 

Prochaine manche prévue le samedi 29 septembre.

 

Fabrice Bergenhuizen

 

 

 

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