Marcel Fässler est un habitué des 24 Heures de Spa. Deuxième de l’épreuve en 2006 sur une Aston Martin DBR9, le Suisse rafle la mise un an plus tard sur une Corvette C6.R, avant de monter une nouvelle fois sur le podium (3ème) en 2009 au volant d’une Audi R8 LMS alignée dans la catégorie GN. Depuis, le double vainqueur des 24 Heures du Mans est quelque peu chat noir dans les Ardennes belges. Cette année, Marcel partage le volant de l’Audi R8 LMS ultra/Audi Sport Team Phoenix avec Tom Kristensen et André Lotterer, avec comme objectif la victoire. Lors des essais libres, l’équipage de la #6 s’est classé à la 13ème place et Marcel se serait bien vu disputer la Superpole pour grapiller quelques places sur la grille : « C’est dommage de ne pas avoir pu disputer cette qualification supplémentaire. De plus, dès l’annulation la pluie s’est arrêtée, mais la piste était encore gorgée d’eau. Quand tu es déjà en pole, tu ne veux pas la disputer (rire). Hier, c’était une journée particulière car la seule activité en piste pour les spectateurs qui voulaient voir évoluer les GT3 était justement cette Superpole. Pour nous, c’était l’occasion de tourner sans trafic car depuis le début des essais c’est un peu compliqué. Durant la session de nuit, la piste était très sale. J’étais en mesure d’améliorer mon meilleur chrono, mais en vain. Chaque tour était différent. »
« C’est chaque fois un plaisir que de revenir ici et c’est un tracé qui m’a réussi à plusieurs reprises. J’apprécie beaucoup l’atmosphère spadoise. Contrairement aux idées reçues, Audi n’a certainement pas course gagnée, même avec quatre R8 LMS ultra de pointe. On a pu voir que les BMW Z4 GT3 sont très rapides et je pense que BMW est à mettre parmi les favoris. »
Même si le temps des GT1 est révolu, Marcel garde de bons souvenirs de cette époque : « Ah les GT1 ! C’était de vraies voitures de course. Tout était extrême sur ces autos et on les regrette déjà. Pourtant ce n’est pas vieux et on a souvent tendance à dire que c’était mieux avant. J’en garde de très bons souvenirs, que ce soit l’Aston Martin DBR9 ou la Corvette C6.R. Ces GT1 n’ont pas pris une ride. Je sais bien qu’il faut vivre avec son temps et les GT3 ont déjà bien évolué depuis 2006. »
A Spa, toutes les autos font partie de la même catégorie, au contraire du Nürburgring ou du Mans. L’approche est donc quelque peu différente : « Ici, les écarts entre les autos ne sont pas très importants vu que le plateau est composé uniquement de GT3. Au Nürburgring, tu peux te retrouver contre des autos de tourisme avec des pilotes ayant des niveaux très disparates, même si cette année j’ai trouvé que c’était plus facile à gérer. Au Mans, tu as l’éternelle différence de vitesse entre LMP1 et GTE. Je fais partie des pilotes qui ont roulé dans les deux catégories, ce qui fait que je sais ce que c’est de se voir remonté par une LMP1. Tu dois gérer aussi bien devant que derrière. La cohabitation n’est pas toujours facile et il faut s’adapter. »
En attendant de prendre le départ à 16 heures, c’est l’Audi R8 LMS ultra de Marcel, Tom et André qui a dominé le warm up…
Propos recueillis par Laurent Mercier