FIA GT Series

La scission FIA/SRO marque la fin d’une époque.

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Décidément les choses sont mal faites. Patrick Peter peut légitimement sauter de joie vu le succès de son Tour Auto et du récent Le Mans Classic, alors qu’il boit le bouillon avec le peu d’engagés en European Le Mans Series. Stéphane Ratel peut se réjouir du franc succès de la Blancpain Endurance Series, alors que ses bébés World GT1 et European GT3 sont à la peine. On attend le résultat de la réunion concernant le futur de l’European Le Mans Series, et Stéphane Ratel n’a pas attendu pour se désolidariser de la FIA en ne souhaitant plus être partie prenante dans la promotion des Championnats du Monde GT1 et d’Europe GT3, et ce dès 2013. C’en est donc terminé d’une longue collaboration entre la FIA et SRO pour le moment. La mayonnaise n’a pas pris au grand dam des équipes qui ont signé. Il se murmure que Mühlner Motorsport ne poursuivra pas l’aventure avec ses Porsche roulant sous la bannière Exim Bank Team China, surtout après l’annulation des deux manches chinoises. On attend toujours la deuxième Ford GT/Sunred. Pour être totalement franc, nous sommes tous (nous et les teams) nostalgiques des anciennes GT1. Revoir une Aston Martin DBR9 rouler au Mans donne encore des frissons, tout comme ce week-end les Corvette C6.R évoluant en International GT Open. Certes il faut vivre avec son temps et dire bye bye aux GT1 très coûteuses. Quoique les GTE ne sont pas loin d’être aussi onéreuses. Tout le monde a jeté son dévolu sur les GT3, d’où l’idée de Stéphane Ratel de concocter un World GT1 (avec des GT3) en plus des championnats nationaux, de l’European GT3 et de la série Blancpain. Il était clair que tous les championnats ne pourraient survivre dans le temps. Les détracteurs diront que le Président de SRO a la folie des grandeurs, qu’il veut toujours plus et qu’au final il n’y a plus rien. Sauf que les détracteurs ont la mémoire courte car c’est tout de même lui qui a relancé le GT à une époque où tout le monde voyait les GT comme de simples autos de tous les jours. Le GT3 est devenu un succès planétaire et il ne reste qu’un championnat à ne pas lui ouvrir les portes. Il faut juste éviter des réglementations différentes pour ne pas brouiller les cartes. 

 

Avec le lancement du Championnat du Monde GT1 en 2010, on s’est dit que le pari était réussi, qu’il fallait une année pour que la mayonnaise prenne et que les constructeurs allaient répondre présents, mais en excluant les GT1 des 24 Heures du Mans en plein milieu de la semaine mancelle, il était écrit que le championnat n’avait plus d’intérêt pour les éventuels constructeurs intéressés. Fin 2010, il a bien fallu prendre une décision et le World GT1 allait connaître une année supplémentaire avant de laisser la part belle aux GT3, toujours dans un championnat mondial. Normal me direz-vous vu que les GT3 roulent dans le monde entier. Oui sauf que la décision de faire rouler les GT3 a tardé à venir et que tous les constructeurs n’ont pas joué le jeu pour en faire une vitrine. Lamborghini ne met pas un centime, Porsche n’en voulait pas, Ferrari a tardé à venir, Nissan n’est pas là, Aston Martin a soufflé le chaud et le froid. Ce que l’on peut reprocher à Stéphane Ratel, c’est certainement d’avoir été trop gentil avec des équipes qui ne sont finalement pas là. Il est faux de dire comme nous l’avons lu que se déplacer à l’autre bout du monde engendrait des frais colossaux. On a encore en mémoire Michael Bartels qui nous expliquait que rouler à Portimao lui coûtait plus cher que de se rendre en Argentine à San Luis, le promoteur participant aux frais pour les déplacements lointains. Du côté de nos lecteurs, il a fallu qu’un certain Richard Westbrook fasse le show à Portimao en 2010 sur une Ford GT/Matech Competition pour que le nombre de lectures grimpent, tout comme elles ont monté fin 2010 suite à la victoire HEXIS AMR à San Luis. Comme quoi il suffit d’un fait pour que les choses avancent.

 

Il fallait la présence de dix équipes fin août pour que le championnat 2013 puisse avoir lieu. SRO a décidé de mettre un terme à l’aventure avant cette date. Avoir un label World FIA se paie au prix fort, d’autant que les équipes se lassent d’une Balance de Performance très perfectible cette année, alors qu’en Blancpain elle est plus équitable, la BOP en place n’étant pas sous l’égide de la FIA. Il va maintenant falloir attendre la conférence de presse de la semaine prochaine pour en savoir plus sur les projets de Stéphane Ratel Organisation. On se souvient que le Président de SRO était Administrateur des Le Mans Series, un championnat également en mal de concurrents. Le World GT1 sera-t-il toujours de la partie en 2013 ? Si tel devait être le cas, il va falloir trouver un nouveau promoteur pour faire cause commune avec la FIA, ce qui risque de s’avérer compliqué. Va-t-il y avoir une alliance entre les séries ? Que ce soit Stéphane Ratel ou Patrick Peter, ce sont avant tout des passionnés et on ne peut pas leur ôter cela. Il reste maintenant à fédérer pour faire que 2013 se passe de la meilleure des façons. Sans constructeurs, il est difficile d’avoir des fonds, mais ces derniers sont versatiles. Ils arrivent, ils dictent et ils partent. Stéphane Ratel en sait quelque chose du temps des Porsche GT1 et Mercedes CLK. Est-ce que la solution ne passerait pas par des championnats GT3 nationaux et un Championnat d’Europe GT3 d’Endurance ? En prime, on pourrait voir une finale internationale regroupant les différents championnats GT3 nationaux pour un one-shot même si les promoteurs sont différents. Il n’est pas certain que le moment soit opportun pour un Championnat du Monde et les deux derniers en date ont été lancés au plus mauvais moment. En attendant d’en savoir plus, on va avoir plus de 70 GT3 aux 24 Heures de Spa.

 

Laurent Mercier

 

 

 

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