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Péril en la demeure pour deux championnats européens…

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« L’objectif principal de la nouvelle série est d’assurer un développement durable de la catégorie prototype, en offrant aux constructeurs, aux écuries et aux sponsors un programme international de haut niveau, complémentaire à celui de l’American Le Mans Series. » Tels étaient les propos de Jean-Claude Plassart, Président de l’ACO, pour les débuts des Le Mans Endurance Series en 2004. Depuis on a eu les Le Mans Series puis l’European Le Mans Series et les LMP1 sont parties en Championnat du Monde d’Endurance. On est donc passé d’une quarantaine d’engagés à une petite dizaine ce week-end à Donington. Les GTC (GT3) ont maintenant le droit de citer mais aucune n’a répondu à l’appel pour le meeting britannique si bien que l’on est en droit de se poser la question de savoir si le championnat ira bien à son terme. Il est pourtant prévu d’aller ensuite en République Tchèque avant le Portugal en novembre.

 

Lors d’une réunion entre Pierre Fillon (Président de l’ACO), Gérard Neveu (Directeur Général du WEC), Patrick Peter (Promoteur de l’European Le Mans Series) et Vincent Beaumesnil (Directeur des Sports de l’ACO) à l’occasion du coup d’envoi de la saison au Paul Ricard, il avait été décidé d’annuler le meeting de Zolder, prévu en mai, au regard du nombre insuffisant d’engagés qui était de 21. Les différentes parties ont souhaité avoir un minimum de 25 autos pour Donington, alors que l’on arrive finalement à 13. Il a aussi été confirmé au même moment que le promoteur souhaitait avoir 35 autos en 2013. En mars dernier, Patrick Peter confiait : « Pour nous, 2012 est à nouveau une année de transition. C’est difficile aujourd’hui pour tous les organisateurs, les pilotes ou les équipes. C’est aussi compliqué d’avoir des courses de support. On y croit et on fait l’effort. Le WEC est un aboutissement, mais un seul championnat n’est pas suffisant. Il est prévu qu’au minimum les deux premiers de chaque catégorie éligible soient invités au Mans, ce qui fait six places garanties. » Avec si peu d’autos en GTE, qu’en sera-t-il au moment de donner les invitations ? Idem pour l’équipe championne en LMPC qui doit recevoir une invitation pour les 24 Heures du Mans 2013. On ne compte qu’une LMPC à Donington L’organisateur a prévu une amende de 5000 euros aux concurrents absents (sauf cas de force majeure à la discrétion du Collège des Commissaires Sportifs). Oui mais si le championnat ne devait pas aller à son terme, qui va payer les pots cassés car les équipes se sont engagées vis-à-vis de leurs partenaires.

 

Le lancement de l’Intercontinental Le Mans Cup a décimé les troupes, avant que le Championnat du Monde d’Endurance ne vienne en rajouter une couche. D’autres équipes ont arrêté, certaines sont parties en GT ou vers d’autres cieux. Quand Vincent Beaumesnil nous dit que l’European Le Mans Series est pour l’ACO une série extrêmement importante et qu’elle est la filière vers les sommets que sont le WEC et Le Mans, on le croit volontiers. Toutes les équipes roulant en LMP2 ou en GTE n’ont pas les moyens financiers d’aller rouler aux quatre coins du monde. Maintenant quelle est la solution pour rameuter les concurrents ? Qui sera chargé de promouvoir la série en 2013 ? Si le plateau LMP2 est en pleine croissance, la donne est différente en GTE, mise à mal par les GT3. Il a été mis en place une Balance de Performance pour les GTC avec un embonpoint de 50 kg pour toutes les autos et des brides spécifiques à chaque modèle. A titre d’exemple, une Nissan GT-R GT3 recevrait en ELMS des brides de 34 mm au lieu de 36.

 

La conjoncture économique joue également un rôle pour ce manque d’engagés et certains promoteurs ont bien compris que l’on pouvait faire rouler des prototypes bien moins onéreux que des LMP2 et la solution miracle s’appelle « CN ». On les verra aux 24 Heures de Zolder à la rentrée prochaine. Wolf, Ligier, Radical sont dans la place, Norma prépare une auto fermée, ORECA arrive, tout comme Tiga. Et si c’était le remède… Des prototypes faciles à emmener pour des gentlemen avec un coût d’exploitation acceptable. On en reparlera après les 24 Heures de Zolder, mais il faudra regarder de près le double tour d’horloge limbourgeois qui accepte des GT différentes et des protos. Le mix semble plaire.

 

Tout le monde sait bien qu’il y a trop de championnats par les temps qui courent et que certains coincent pour garnir les grilles. Trop de championnats tuent les championnats ! L’ACO ne veut toujours pas entendre parler de GT3 et se concentre toujours sur les GTE, les Etats-Unis ont l’ALMS et le Grand-Am, l’Europe compte une palanquée de championnats GT, et pendant ce temps-là les équipes cherchent à savoir où aller rouler, avec quoi et avec qui. 2013 se prépare maintenant…

 

L’European Le Mans Series n’est pas le seul championnat européen touché par un manque cruel de concurrents puisque le Championnat d’Europe GT3 est aussi à la peine avec une poignée de concurrents (11 à Portimao le week-end dernier). Paradoxalement, le championnat est victime du succès du GT3. En 2006, Stéphane Ratel lance son bébé GT3 et personne n’y croit, excepté les équipes qui ont suivi le Président de SRO. Résultat : cinq ans plus tard, le GT3 est certainement la plus belle réussite du sport automobile depuis des lustres. Malheureusement, on est passé de 45 autos à une poignée. Stéphane Ratel nous confiait au printemps que dans chaque famille nombreuse, il y avait souvent un enfant malade et qu’il fallait le soigner. Sauf que pour le moment on ne voit pas de vaccin. La Blancpain Endurance Series a fait du mal, tout comme les championnats nationaux qui sont en plein essor. Près de 90% des teams se doivent de faire plusieurs programmes pour amortir les coûts et tous ont fait le choix de la série Blancpain, qui en un an est devenue LA série référence en GT. Deux championnats GT européens, c’est trop, même si l’un fait la part belle au sprint et l’autre à l’endurance.

 

Et si l’European Le Mans Series faisait cause commune avec le Championnat d’Europe GT3 ? Certes, l’idée est alléchante mais comme on l’a déjà dit, quel est l’intérêt d’aller rouler en ELMS avec une GT3 pour ne pas avoir de carotte… La seule carotte alléchante s’appelle 24 Heures du Mans, mais pas de GT3 au Mans, donc pas de carotte. Pendant ce temps-là, on a le VdeV qui poursuit sa route avec des protos et des GT, des professionnels et des gentlemen, et tout le monde est content.

 

S’il devient compliqué de s’y retrouver dans les championnats européens, c’est un peu la même chose dans les catégories. On a des LMP2, LMPC, CN, GTE-Pro, GTE-Am, GT2, Super GT, GT3, GTC, GTS, GT4, GTB, GT1, etc… On l’a dit et répété, attention à ne pas lasser ceux qui investissent en sport automobile, car plus le temps passe plus on retrouve des têtes connues dans les meetings historiques.

 

A suivre…

 

Laurent Mercier

 

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