En réalisant deux doublés à Nogaro pour le coup d’envoi du Championnat du Monde GT1, certains y voyaient déjà une nette domination des Audi R8 LMS ultra du Belgian Audi Club Team WRT. Pourtant, depuis le meeting gersois, Ortelli/Vanthoor et Jarvis/Stippler se font discrets avec comme meilleur résultat une 5ème place pour Jarvis/Stippler en Slovaquie. Si les autres GT1 (GT3) ont reçu de la part de la FIA des ajustements, rien n’a été modifié sur les Audi R8 LMS ultra, ce qui peut expliquer ce manque de résultats où les R8 manquent clairement de vitesse de pointe. Avant le rendez-vous de Portimao, Stéphane Ortelli et Vincent Vosse reviennent sur ce début de saison en dent de scie.
« On souffre des deux doublés de Nogaro » nous explique Stéphane. « Ce championnat est tout nouveau pour le team et toute l’équipe fait du bon travail. Certes nous avons été en dedans à Navarra. Nous luttons contre des teams qui ont beaucoup d’expérience. Sur l’ensemble des quatre meetings, WRT s’en sort bien car nous jouons sur le devant, mais ce n’est pas assez. La Balance de Performance nous est clairement défavorable. »
Le Belgian Audi Club Team WRT compte sur un bon résultat au Portugal avec des R8 LMS ultra qui auront droit à 4 mm en plus au niveau des brides, mais avec un embonpoint de 15 kg : « Nous savons que nous avons progressé, mais les autos progressent quant à elles de façon artificielle. Il y a un décalage par rapport aux autres. On est là tout simplement parce que tout le team est performant. On voit que les courses sont serrées avec quatre marques victorieuses en quatre meetings. »
Vincent Vosse, Team Principal, analyse la situation : « A Nogaro nous n’aurions jamais gagné sans les différentes erreurs et pénalités de nos advseraires. Nous avons eu des pilotes qui ont fait la course parfaite. L’équipe s’est très bien préparée cet hiver, et certainement plus que les autres. Au final, c’était peut-être une erreur, mais en tant que passionné de sport, il est compliqué de prévoir un résultat. Nous avons deux des meilleurs équipages, et ce peu importe notre position au championnat. A Nogaro, des équipes n’étaient prêtes et certaines n’avaient encore jamais roulé avec les gommes Pirelli. Nous ne réfléchissons pas pour savoir quels pilotes nous allons mettre dans les voitures. On va se battre jusqu’au bout. C’est la même chose en Blancpain Endurance Series où nous avons des équipages qui sont parmi les plus relevés. C’est grâce à cela que nous avons terminé sur le podium à Monza puis à Silverstone. Cette saison aucune R8 LMS n’a pu décrocher un pole et si nous sommes partis de la première place à Zolder, c’est uniquement dû au déclassement d’un concurrent. »
On voit que depuis le début de saison, les Audi R8 LMS ultra sont malmenées dans les différents championnats où elles sont engagées : World GT1, Blancpain Endurance Series, GT Tour, ADAC GT Masters, British GT, FIA-GT3. Audi a clairement joué le jeu du GT3 en homologuant une auto où il n’était pas prévu à l’origine de changer les pneus en course. Le système actuel d’écrou de roue est fiable mais différent de celui utilisé par les autres marques GT3. A Vincent Vosse de conclure : « Je crois dans le concept du GT1 et la réglementation technique du GT3. Toute l’équipe d’SRO ne peut que se féliciter du paddock en Blancpain Endurance Series. Tous les bruits négatifs datant de 2006 comme quoi ces autos ne seraient jamais des voitures de course sont très loin. C’est à l’heure actuelle le plus beau paddock GT dans le monde. »
Propos recueillis par Laurent Mercier