Le Mans

L’abécédaire des 24 Heures du Mans 2012, de A à E…

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Nous vous proposons à partir d’aujourd’hui une revue des 24 Heures 2012 sous la forme d’un abécédaire. Celui-ci n’a pas la prétention d’être exhaustif, la place manquerait, et il est donc forcément subjectif. Chacun gardera en tête sa vision personnelle de cette édition. Nous nous excusons par avance auprès de ceux que nous aurons omis dans cette revue de détail.

 

A comme Audi, ou A comme Audi ou encore A comme Audi….

Il est impossible de respecter le strict ordre alphabétique à l’issue du triplé de la marque allemande. Audi vient de remporter son onzième succès au Mans en quatorze participations et mérite largement son Triple A. Depuis 2000 -son excepte la victoire de la Bentley Speed 8 en 2003, propulsée par un moteur Audi-, seul Peugeot en 2009 a fait chuter la marque aux quatre anneaux. Cette victoire 2012 s’accompagne de plus par le premier succès d’une motorisation hybride au Mans, qui succède au premier succès d’un moteur turbocompressé à injection directe, le TSFI, en 2001, et le premier succès d’un moteur diesel en 2006, Ingolstadt mettant ainsi en valeur ses capacités technologiques en matière d’innovation.

 

Audi avec ses onze victoires se rapproche de Porsche, recordman des victoires au Mans avec seize succès. Comme en 2011, Audi a tout raflé : meilleur chrono lors de la Journée Test, pole position, première ligne toute Audi et triplé à l’arrivée. Qu’espérer de plus ? D’aucuns diront que cette victoire était acquise d’avance, en raison du manque de préparation de Toyota et de l’absence de Peugeot, mais ne dit-on pas que les absents ont toujours tort… ? Privé rapidement certes de rival après les malheurs de Toyota, Audi a néanmoins conservé l’intérêt de ces 24 Heures 2012 en laissant la bride sur le cou à ses pilotes qui se sont battus de manière fratricide  mais sans réserves comme en témoignent les sorties de route de Allan McNish, de Jordi Gené et le meilleur tour en course de Gené en toute fin d’épreuve, alors que les positions auraient pu être figées.

 

Pour la quatrième fois un nouveau modèle  Audi s’impose dès sa première venue dans la Sarthe : la R18 e-tron quattro a imité la R8 (2000), la R10 TDI en 2006 et la R18 TDI en 2011. Chapeau bas…Pour paraphraser une déclaration du footballeur britannique Gary Lineker à l’époque de la domination de l’Allemagne, on pourrait dire : » Les 24 Heures, ça se joue à 55 (ou 56) et à la fin, c’est toujours Audi qui gagne… »

 

Abandons

L’édition 2012 a été moins meurtrière que celles de 2010 et 2011. 56 voitures étaient au départ (55 si on met à part la Nissan DeltaWing, hors classement) et 35 ont reçu le drapeau à damiers, 33 d’entre elles étant classées, soit 60% contre 50% les deux années précédentes. Les LMP1 et les GTE Am viennent en tête avec 61,5% de voitures classées (8/13 chacune), suivies des LMP2 avec 60% (12/20) et les GTE Pro avec 55,5% (5/9).

Le premier abandon a été celui de la Lola B12/80-Nissan n°29 du Gulf Racing Middle East et le dernier celui de la Zytek Nissan n°38 du Jota Sport, ces deux voitures ayant été victimes d’une sortie de route.

 

AF Corse

L’équipe italienne avait jusqu’ici remporté de nombreux titres : FIA GT2, ILMC, Le Mans Series, FIA GT3. Les 24 Heures du Mans manquaient à son palmarès. C’est désormais chose faite, avec la victoire en GTE Pro de la Ferrari 458 Italia n°51 de Gianmaria Bruni, Giancarlo Fisichella et Toni Vilander. Cette victoire est celle des pilotes mais aussi celle des mécaniciens. En effet, Giancarlo Fisichella était sorti durement dans les essais libres du mercredi et ayant sévèrement abîmé la voiture, le châssis étant hors d’usage. AF Corse, après l’accord de l’ACO, a fait venir d’Italie un nouveau châssis et les mécaniciens remontèrent la voiture en un temps record, permettant à Toni Vilander de tourner à 23h30 le jeudi lors de la dernière séance qualificative, le temps de réaliser un plus qu’honorable 4’00”025 vu les conditions, dans son dernier tour.  Le châssis ayant été changé, la Ferrari n°51 partait en dernière ligne sur la grille de départ, mais illustrant la fable « Le Lièvre et la Tortue », Toni Vilander, Gianmaria Bruni et Giancarlo Fisichella l’emportaient de haute lutte en GTE Pro, avec trois tours d’avance sur leur plus proche concurrent, permettant à Fisico d’oublier ses déboires du mercredi et d’enrichir son palmarès déjà bien fourni, effaçant de plus la déconvenue de 2011 où9 il s’était estimé en partie responsable de la deuxième place de sa Ferrari.

 

C comme Canal

L’an dernier, nous écrivions à propos de Julien Canal après sa deuxième victoire au Mans :« si ça continue, on va l’appeler Canal + ! » C’est désormais chose faite ! Après ses victoires de 2010 avec la Saleen S7R en GT1 et de 2011 avec une Corvette GTE Am, le manceau a réussi le hat-trick sur une autre Corvette GTE Am, ses trois victoires ayant été acquises au sein de Larbre Compétition.. L’exploit est suffisamment rare pour être souligné. Respect. Patrick Bornhauser, un des ses coéquipiers, remporte pour sa part sa deuxième victoire consécutive.

 

C comme Communication

Le Prix de la Communication 2012 a été attribué à l’équipe du Toyota Racing, l’équipe de communication comprenant Alastair Moffitt, Alke Sitbus  et Anthony Megevand, un nom qui vous est familier puisqu’il a été Rédacteur en Chef de Endurance-Info. Bravo Antho, continue…

 

C comme Corvette

Si le Corvette Racing a été battu en GTE Pro, aucun de ses deux C6.R n’étant sur le podium, Corvette peut en revanche se satisfaire de la victoire de la Corvette n°50 de Larbre Compétition, vainqueur sur le fil en GTE Am. Cette voiture réussit même le doublé puisque c’est le châssis victorieux en 2011 en GTE Pro, piloté par Olivier Beretta, Antonio Garcia et Tommy Milner.

 

D comme Dalziel

L’écossais Ryan Dalziel est en train de se bâtir un palmarès impressionnant. Après avoir remporté les 24 Heures de Daytona au général en 2010 sur une Riley Porsche, il a terminé deuxième cette année sur une Riley Ford Starworks, a  remporté en LMP2 les  12 Heures de Sebring 2012 avec en plus une troisième place à la distance, et vient donc de gagner la catégorie LMP2 au Mans, ces deux dernières courses sur la HPD ARX-03b Starworks.

 

D comme Davidson

L’envol de Anthony Davidson à Mulsanne restera l’image-choc de ces 24 Heures 2012. Alors que la Toyota TS030 dépassait à l’intérieur au freinage la Ferrari 458 AF Corse GTE Am n°81 de Piergiuseppe Perazzini, le pilote italien, sur la gauche de la piste, se rabattait brusquement sur sa droite comme s’il était tout seul, percutait la Toyota, l’envoyant en tête-à-queue avant que la TS03O ne décolle, retombe sur ses quatre roues et percute de front la pile de pneumatiques et enfonce le rail, la Ferrari tapant elle aussi les pneus mais latéralement avant de basculer et de retomber sur le toit. Perazzini sortait indemne de la voiture tandis que Davidson, lui aussi sorti de son proto par ses propres moyens, avait en fin de compte deux vertèbres fracturées, la T11 et la T12. Cet accident ravive la polémique entre pilotes pros et pilotes amateurs. Perazzini, 56 ans, chirurgien de profession, n’est pourtant pas un novice en matière de sport automobile pour avoir été deux fois champion d’Italie GT et même champion GTS Open. Vice-champion GTE Am en Le Mans Series, il a remporté en début d’année les 12 Heures de Abu Dhabi. Il courait au Mans pour la troisième fois consécutive et avait donc côtoyé comme en Le Mans Series les LMP1 beaucoup plus rapides. « Incident de course », a déclaré l’italien après l’accident…Voire !  Il est vrai néanmoins que sur 24 Heures les risques d’erreur sont beaucoup plus importants en raison de la durée de l’épreuve. L’erreur est humaine, a-t-on coutume de dire…Certes, mais l’accident est toujours inhumain…

 

E comme Endurance-Info

Deux voitures arboraient les stickers de Endurance-Info : la  Norma MP200 Judd n°43 LMP2 du team Extrême Limite ARIC et la Ferrari 458 Italia n°83 du JMB Racing en GTE Am, toutes deux à l’arrivée et toutes deux classées. Nous remercions ces deux équipes.

 

ESCRA comme Prix de l’ESCRA

Le JRM Racing a remporté le Prix décerné par l’ESCRA récompensant  la meilleure assistance technique. La HPD ARX-03a du team de James Rumsey a pris la sixième place du classement général.  

 

Claude Foubert

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