Les 24 Heures du Mans sont un terrible juge de paix pour les voitures auxquelles on demande de tourner à fond durant deux tours d’horloge. Mais remporter les 24 Heures du Mans, c’est bien davantage : c’est transcender les limites de l’être humain. Se retrouver au sommet du podium, brandir le trophée « 24 » et recevoir la Rolex Cosmograph Daytona du vainqueur, c’est non seulement avoir consenti un travail de titan et des sacrifices importants mais c’est surtout avoir joué à fond l’esprit d’équipe.
Des compromis pour trouver la combinaison gagnante…
Lorsqu’au terme de vingt-quatre heures de course, seules quelques secondes séparent les deux premiers, on comprend que tout, absolument tout, compte, que tous les éléments d’une équipe doivent être à leur place, que tout doit fonctionner, être interconnecté et que le moindre faux pas, le plus petit malentendu ou la plus minime des défaillances techniques peuvent mener au désastre. Cela concerne grandement l’aspect humain et particulièrement les pilotes. « Beaucoup d’entre nous, si pas la plupart, sont issus de la monoplace ou d’épreuves de sprint et davantage habitués à être seuls derrière le volant, » explique l’Italien Rinaldo Capello, qui partage son Audi hybride cette année avec l’Écossais Allan McNish et l’Ambassadeur Rolex danois Tom Kristensen.
« D’habitude, on nous dit qu’il ne faut pas être tendre avec son coéquipier, qu’il est notre pire ennemi, la première personne à battre, » poursuit Capello. « Quand vous arrivez en Endurance, une telle attitude n’est plus de mise. Vous n’êtes plus seul dans la voiture et en ce qui me concerne, ce que j’apprécie n’est peut-être pas ce qui convient à Tom, et idem pour Allan ; il nous faut donc trouver un compromis qui fonctionne avec les trois. » Les voitures qui courent au Mans ne sont pas taillées sur mesure pour chaque pilote et si l’on considère la taille des uns et des autres, la longueur de leurs bras et de leurs jambes, leur style de pilotage et bien d’autres facteurs humains, trouver les meilleurs réglages pour trois pilotes semble impossible… C’est pourtant ce que l’on a toujours fait en Endurance, en particulier au Mans où la course dure vingt-quatre heures. « Je pense que l’une des grandes raisons de notre succès durant la dernière décennie est l’intelligence de nos trois pilotes qui comprennent que l’esprit d’équipe est la clé de la réussite, » conclut Capello.
Un vrai team au Mans : l’effort de groupe l’emporte sur les forces individuelles…
Disposer d’une excellente brochette de pilotes n’est évidemment pas suffisant pour gagner. Le succès, quel que soit le sport, résulte toujours d’une alchimie complexe. Une grande équipe n’est jamais la somme des talents individuels mais bien le résultat de l’harmonie de ces talents. Et au Mans, un team est composé de très nombreux individus. « Construire une équipe, ce n’est pas seulement aligner trois pilotes, non, un team, ce sont les voitures et tous ceux qui les entourent, les pilotes, les ingénieurs, les mécaniciens, etc. » nous explique le Dr Wolfgang Ullrich, patron d’Audi Motorsport. « La mentalité d’équipe est l’un des grands facteurs de compétitivité, particulièrement au 24 Heures du Mans car ici, ce sont les efforts de tous qui comptent. C’est cela qui permet au team de maximiser son effort et à ce titre, le Mans est le meilleur exemple d’une course où une équipe se révélera plus forte que n’importe quel individu, aussi talentueux soit-il. »
À la recherche de tous les avantages compétitifs…
Au Mans, les conditions sont extrêmes et les teams doivent être à leur meilleur niveau, à tous égards, s’ils veulent terminer la course, de préférence en tête. Avant l’événement, tout le monde s’entraîne et la plupart des teams se dotent de masseurs, d’un service de restauration, d’une équipe médicale et de bien d’autres choses pour maintenir la forme et le moral de tous durant la dernière semaine, la plus intense, avant le départ du samedi pour vingt-quatre heures de compétition. Bien entendu, tous les teams se jaugent et recherchent l’avantage qui les place au-dessus des autres. Corvette Racing, une écurie qui a choisi de miser sur l’humain, a mis en place le Human Performance Program, une offre de nombreux services à la disposition de tous les membres du team : fitness, nutrition, programme d’amélioration du temps de réaction, psychologie du sport, techniques de respiration, équilibrage du métabolisme, régulation hormonale, supplémentation nutritionnelle, stimulation du système immunitaire, entre autres.
« Les exigences d’une épreuve comme Le Mans sont uniques dans la communauté sportive, » explique Andrew Haymen, médecin du Corvette Racing Team et responsable du Human Performance Program. « Le Human Performance Program est une autre voie pour maximiser la compétitivité et même s’il ne s’agit que d’un pour cent, dans une course comme celle-ci, au plus haut niveau, cela peut faire toute la différence. » Le lancement de ce programme a également contribué à renforcer l’esprit d’équipe chez Corvette Racing. Alors que cette écurie a toujours été soudée autour de la course et de ses éléments, une nouvelle couche d’intérêt a été ajoutée, cette fois concentrée sur la santé. « Ce que nous avons appris des pilotes est que le fait de prendre soin d’eux les lie au sein d’un team d’une manière qui leur était inconnue, » poursuit le Dr Haymen. « Il s’agit d’une nouvelle manière d’être connecté l’un à l’autre, une participation commune au fait de se sentir bien et de bien travailler ensemble. Et depuis que nous avons étendu une partie de ce concept au Pit Crew et aux Managers, tous sont reliés autour de la même idée. Toute l’équipe a besoin de fonctionner aussi bien que possible. »
Doug Fehan, Corvette Racing Program Manager, confirme tout l’intérêt de cette mentalité d’équipe : « J’ai appris depuis longtemps que si vous souhaitez réussir dans ce sport, vous devez créer ce que j’appelle un ‘‘environnement familial”. Nous somme ensemble quasiment toute l’année. Chez Corvette Racing, tout le monde est traité de la même façon, nous sommes tous ensemble et c’est ce qui fait la différence pour nous. Et ce qui est aussi important, nous prenons du plaisir, c’est plus qu’un travail, c’est quelque chose que nous attendons toujours avec impatience. Et quand on en est là, quand l’attitude est positive, tout devient possible. »
Un podium au Mans ne ressemble à aucun autre…
Les 24 Heures du Mans sont différentes. « C’est une épreuve inhabituelle, vous devez y être invité, il ne suffit pas de s’inscrire, » rappelle Fehan, « et recevoir une invitation est évidemment un grand honneur. L’étape suivante est celle-ci : êtes-vous capable de développer une écurie et un produit capables de courir vingt-quatre heures au sein d’une terrible concurrence ? Et puis, finalement, se retrouver sur la plus haute marche du podium après avoir accompli tout cela… c’est un sentiment incomparable ! »
Chevrolet a participé aux 24 Heures du Mans non moins de vingt-sept fois depuis 1960. « Personnellement, » poursuit Fehan, « je me suis hissé sur le podium sept fois et je ne me suis jamais, jamais senti blasé, ni d’un point de vue business ni d’un point de vue émotionnel. Quand vous vous retrouvez à dix mètres au-dessus d’une mer de gens qui vous ovationnent et que vous pensez à toutes les personnes, si nombreuses, qui se sont données à ce projet et qui ont travaillé très dur, c’est une expérience des plus émouvantes qu’aucun mot ne peut vraiment décrire. »
Dans la Sarthe, la compétition est féroce, tout cela pour remporter les célèbres 24 Heures du Mans, pour se retrouver sur un podium prestigieux et recevoir un garde-temps Rolex très convoité. L’édition 2012 des 24 Heures du Mans démarrera le samedi 16 juin lorsque la grande horloge Rolex qui orne la ligne de départ affichera 15 heures. Que le meilleur gagne !
Source : Rolex