Jérôme Vassia est pilote mais pas aux 24 Heures du Mans. On le trouve pourtant au sein du Larbre Compétition, mais en tant que préparateur physique. Pourtant il n’hésite pas à mettre le casque et chausser les bottines, mais pour faire du drift à haut niveau au volant d’une Nissan PS13 du team V-Drift. Sa collaboration avec Larbre Compétition n’est pas récente : « Jack (Leconte) a été l’élément fédérateur. J’ai fait partie de la première session du DEJEPS Sport Automobile. Etant diplômé, j’interviens dans les programmes de prévention Matmut et c’est là que j’ai connu Jack. Il a vu ma rigueur quant à mes préparations. Je suis un adepte des Ultra-Trails qui sont des courses à pied en montagne sur une distance de 50 à 160 km avec plus ou moins 10 000 mètres de dénivelés. Pour moi, le sport est quotidien. En discutant avec Jack, il m’a demandé de trouver des solutions pour ses pilotes et les accompagner le mieux possible. Je suis donc devenu coach du team. »
Les débuts au Mans avec Larbre Compétition ont été positifs : « J’ai débuté à leurs côtés en 2010 avec la Saleen S7-R et une victoire à la clé en GT1. A titre d’exemple, Gabriele Gardel a fait beaucoup de progrès au niveau de son alimentation et du sommeil. Le plan nutritionnel est très important. Les pilotes ne mangent pas de poisson la semaine du Mans, car il y a plus de chance de tomber sur un poisson peu frais que sur un steack par exemple. Rien n’est négligé. Il faut analyser tous les risques. Nous avons gagné deux fois avec cette méthode. Etant pilote moi-même, je comprends les problèmes. Je sais ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Leur problématique est ma problématique. Mon rôle est de les mettre dans les meilleures conditions possibles et les bouger moralement. Il ne faut pas gaspiller d’énergie la semaine du Mans. »
C’est donc du côté du drift que l’on retrouve Jérôme le week-end : « Chacun sa spécialité. L’Endurance n’est pas le Drift. J’en avais marre du chrono pour aller chercher le dernier dixième et je suis passé à autre chose. Je fais du drift par pur plaisir. C’est un sport qui est noté par des juges, un peu comme en patinage artistique. On accepte ou pas les critères. C’est un sport qui se professionnalise et la télémétrie a fait son apparition il y a peu. Plusieurs critères sont notés : la vitesse de passage, l’angle de dérapage et la précision. Il y a aussi des points distribués pour le show, comme la fumée, un bras sorti par la vitre ou un panache de fumée. Le Drift est en plein essor et en Championnat d’Europe, le combat est appelé une Battle. Il y a deux runs devant un juge. Les autos font 500 chevaux avec des particularités bien spéciales. A terme, l’arrivée d’un Championnat du Monde est possible. Actuellement, nous ne dépendons d’aucune fédération. Le Drift vient du Japon et c’est du vrai pilotage. »
Dans peu de temps, c’est au Gymkhana Grid que l’on retrouvera Jérôme, avec l’objectif de bien figurer, avec pour le vainqueur la possibilité d’aller affronter un certain Ken Block. La première étape se tiendra à Clermont-Ferrand…
Propos recueillis par Laurent Mercier