En arrivant au Nürburgring, le team IMSA Performance Matmut comptait bien se mêler à la course en tête, qui plus est sur les terres de Porsche, et plus principalement du Manthey Racing, dont les locaux sont tout proches. Au final, la Porsche 911 GT3-RSR #16 s’est classée 3ème puis 5ème, après s’être qualifié 5ème puis 11ème. C’est dans la course longue de 70 minutes que Patrick Pilet et Raymond Narac que se sont illustrés avec un superbe envol de Patrick Pilet qui rendait l’auto à son coéquipier qui repartait 3ème malgré une pénalité de 15 secondes suite au résultat de Portimao. Raymond Narac poursuivait alors le travail et gardait sa position jusqu’à l’arrivée. Dans la course du lendemain, c’est un handicap de 20 secondes qui pénalisait le duo, avec un beau relais du pilote officiel Porsche qui le voyait terminer dans le quinté de tête. Patrick Pilet dresse le résultat du meeting allemand : « Le résultat de ce meeting est très positif, nous aurions peut-être pu l’améliorer un peu sur la première course puisqu’on termine très proche du deuxième, mais vu la façon dont le week-end avait débuté avec ce souci de différentiel en essais libres, c’est vraiment bien. En course l’auto était très efficace, Raymond fait 11ème dans une qualification très serrée et cela s’est joué à un ou deux dixièmes de secondes pour qu’il soit P7 ou P8. Cette fois nous étions autorisés à changer les pneus lors des changements de pilotes mais nous n’avons pas pu en profiter. Le train de pneumatiques des qualifications ayant été endommagé. Samedi j’ai laissé Bruni partir devant après un bon départ et j’ai creusé un petit écart sur les poursuivants rendant la voiture en 2ème position. En deuxième course Raymond prend aussi un bon départ et je repars en 14ème position après notre handicap de 20 secondes. C’était très dur de remonter, nous avions des GT3 à dépasser et leurs pilotes pouvaient freiner extrêmement tard grâce à l’ABS. Je reviens quand même en 5ème position, j’avais 8 secondes de retard sur l’Aston Martin à trois tours de la fin et je finis à 1,5 secondes, c’est un peu rageant, il m’a manqué un tour. Si nous passions l’Aston Martin nous étions les meilleurs performers du week-end en termes de points. Cela reste, malgré cette petite frustration un excellent résultat, nous sommes replacés au championnat, la performance est là, même si le curseur de la balance de performance n’est pas encore là où il doit être vis-à-vis des Ferrari et de l’Aston Martin. »
Raymond Narac souligne les changements à effectuer sur l’auto, compte tenu de l’utilisation des pneumatiques Dunlop : « C’aurait pu être mieux… Il faut savoir que cette version 2012 de la Porsche 997 GT3 RSR a été développée pour rouler en Michelin. Nous sommes donc obligés de transfigurer la voiture pour utiliser les pneumatiques Dunlop du GT Open. Dans cette configuration l’auto est très difficile à régler, avec une fenêtre optimale d’utilisation, en termes de réglages, très étroite. Lorsqu’on est en dehors ces réglages fins, on se retrouve à plus d’une seconde des temps que l’on pourrait faire. De plus, au Nürburgring, nous avons découvert un petit souci d’ordre mécanique, sur le tard. Du coup nous n’avons pas pu nous lâcher véritablement en qualifications. La deuxième place nous échappe en course 1 car nous devions gérer au mieux les trois trains de pneumatiques alloués sur un week-end de course, là ou nos adversaires on pu en changer. Le bilan est bon car j’ai bien résisté au retour de la Porsche Manthey de Nick Tandy sur la durée de mon relais. En course 2 nous avions ajusté les réglages notamment en remettant du grip sur le train arrière mais nos pressions de pneumatiques étaient un peu basses. Sur la fin de mon relais cela allait, mais avant cela, lors de 5 premiers tours j’avais énormément de sous-virage. Quand Patrick a pris le relais les pressions étaient arrivées à point. Ce n’est pas de la science infuse et le réglage idéal est très difficile, voir compliqué à trouver avec les Dunlop. Nous allons dans la bonne direction et le prochain rendez-vous du GT Open devrait le prouver. Concernant la balance de performance, il n’est pas normal qu’une GT3 se retrouve devant une GT2 très bien conduite en qualification. Compte tenu des sommes engagées ce n’est pas concevable. »
Arnaud Soudey, Ingénieur du team et responsable du programme GT Open, poursuit : « La voiture a été révisée et à reçu un ensemble moteur-boîte révisé il y a deux semaines. Si le fonctionnement du châssis avec les pneus fournis en GT Open n’est jamais simple, cette fois nous avons dû solutionner un petit souci qui concernait le différentiel. Les pilotes se plaignaient de sous-virage, un phénomène qui nous handicapait depuis près d’une semaine, car nous l’avions à Spa lors de nos essais. Nous avons travaillé vendredi soir pour remettre la voiture en état, et elle était mieux équilibrée après de l’avis des pilotes, mais c’était un peu tard pour bien aborder les qualifications. En course nous sommes généralement plus performants et ce fût une nouvelle fois le cas. Patrick a dépassé quatre voitures dans le premier tour, et s’est retrouvé 2ème avant que nous ne marquions notre arrêt. Nous avions une immobilisation supplémentaire obligatoire de 15 secondes par rapport à d’autres concurrents. Ce handicap correspond aux deux courses de Portimao où nous avions fini 2ème (handicap de 10 secondes) et 3ème (handicap de 5 secondes) de la catégorie Super GT. Raymond a parfaitement maîtrisé la fin de course. Idem en seconde course, où il a été prudent et a gagné deux places, les pneus ont mis un peu de temps à chauffer puis il est resté dans les temps de Nick Tandy. Nous sommes désormais à 2 points de la tête du championnat, alors il faut bien analyser tout ce qui s’est passé ce week-end notamment au niveau des stratégies de pneumatiques car à Spa les choses seront différentes. Avant cela nous avons deux jours d’intense travail pour mettre la voiture en configuration Le Mans dans l’optique de la Journée Test. »
Avant le rendez-vous de Spa fin juin, Raymond Narac et Patrick Pilet sont deuxièmes du championnat à deux longueurs de Holzer/Tandy. Place maintenant aux 24 Heures du Mans où IMSA Performance Matmut n’a pour le moment qu’une seule auto sélectionnée, la deuxième étant sur la liste d’attente.
Laurent Mercier