Il n’aura fallu attendre que la troisième manche du Championnat du Monde GT1 pour voir la toute première victoire d’une McLaren MP4-12C. souvent critiquée depuis sa sortie, la GT3 britannique fait taire ses détracteurs avec une double victoire à Navarra pour le team Hexis Racing, Champion du Monde GT1 en titre. Le samedi, Fred Mako et Stef Dusseldorp ont mis tout le monde d’accord en partant du fond de grille, alors qu’Alvaro Parente associé à Grégoire Demoustier se classaient deuxièmes. Bis repetita le lendemain dans la Course de Championnat avec une nouvelle domination de Mako/Dusseldorp, tandis que Parente/Demoustier terminaient au pied du podium. Sans un problème au redémarrage, ces derniers pouvaient sans conteste s’offrir une place sur le podium, mais c’était sans compter sur les Mercedes SLS AMG/All Inkl Münnich Motorsport. Pourtant le week-end espagnol avait plutôt mal débuté pour le team gardois, puisque Fred Mako ne pouvait disputer ses chances en Q1 suite à un pépin de pompe à essence. Tout reposait donc sur la #2 qui réalisait le meilleur temps des trois sessions qualificatives (Alvaro Parente en Q2), mais Greg Demoustier échouait finalement au 6ème rang en Q3.
Philippe Dumas, Team Principal, fait un résumé du meeting ibérique : « On vit dans un monde cruel où, à un moment, on se dit qu’on fait du sport et que seul le résultat compte. Je suis très fier d’avoir apporté une première victoire internationale à la MP4-12C. Tout le monde a fait son travail, y compris les gens de McLaren GT, même si on a vu qu’il restait quelques petites choses à améliorer. D’un autre côté, nous sommes tellement soudés, on a des sentiments tellement forts au sein de l’équipe qu’on ne peut pas s’empêcher d’être partagés sur le résultat de la course. On aurait bien aimé voir Alvaro et Greg sur le podium avec Stef et fred. »
Fred Mako a été l’un des artisans des deux victoires : « Nous avons été quelque peu critiqués en début d’année, alors il faut féliciter Hexis et McLaren GT, dont la collaboration trouve un premier aboutissement ce week-end. Il faut toutefois rester prudent, ce circuit nous était plutôt favorable et il faut maintenant voir ce que nous réserve la suite de la saison. »
Pour sa deuxième saison chez Hexis Racing, Stef Dusseldorp fait partie des pilotes GT les plus rapides et le Néerlandais constate les progrès réalisés sur l’auto depuis le début de l’année : « Cette victoire n’est pas seulement celle de Fred et la mienne, tout le monde a fait le maximum pour la décrocher. Nous n’étions pas attendus sur la première marche si tôt dans la saison. Les tests effectués ici cet hiver avaient été difficiles. En mars, nous étions très loin de nos adversaires. On peut donc mesurer les progrès réalisés, notamment sur le plan de l’anti-patinage et de l’ABS. »
Egal à lui-même, Alvaro Parente a fait le job en piste, même si le Portugais a buté sur les Mercedes dans la course du dimanche : « J’aurais aimé être sur le podium mais tout le monde a fait de son mieux. Le team a été récompensé des efforts et du travail fournis depuis l’hiver. Les améliorations apportées à la voiture depuis Zolder ont porté leurs fruits. Les ingénieurs de McLaren GT Mark Williams et Paul Andrews, qui étaient présents ici ce week-end, sont bien sûr très heureux de ce résultat. Je pense que les Britanniques ont bien choisi leur partenaire pour affronter ce championnat du Monde ! »
Quant à Greg Demoustier, il poursuit avec brio son apprentissage de la McLaren, lui qui sera dans quelques jours en Blancpain Endurance Series, toujours au volant d’une MP4-12C : « Je suis parti en pneus usagés, ils se sont dégradé plus vite, mais l’écart est resté constant par rapport à mes poursuivants. Je suis content du résultat bien qu’un peu frustré de passer si près du podium. Le week-end a été très positif et la progression depuis Nogaro est spectaculaire ! »
A Navarra, les teams n’ont eu que peu de répit compte tenu d’un meeting sur deux jours. Mickaël Duterque, chef d’atelier, tire lui aussi un bilan positif : « Nous avons connu un week-end sans temps morts. Il a fallu intervenir sur la boite de vitesses de la n°2 samedi matin, puis sur la pompe à essence de la n°1 après les qualifications. Comme la course s’est terminée tard samedi soir, nous n’avons quitté le circuit qu’à 3h30 du matin, après le contrôle complet des deux voitures. C’est indispensable pour obtenir une bonne fiabilité, et amener les deux autos à l’arrivée. Lors des pitstops, les changements de pneus ont été bons, mais les moteurs ont tardé à redémarrer, surtout sur la #1. Nous sommes quand même parvenus à gagner dès la troisième tentative, c’est un petit exploit, surtout quand on voit où nous étions il y a trois mois. »
Laurent Mercier