Il est bien loin le temps où le Championnat d’Europe GT3 accueillait plus de 40 voitures. Dès le tout premier meeting (Silverstone 2006), pas moins de 44 autos étaient en piste dans une catégorie mort née si l’on en croyait alors les détracteurs. Six ans plus tard, la catégorie GT3 est un VRAI succès, si bien que tous les constructeurs s’y sont collés au fil du temps. Ce qui était réservé au début à des préparateurs est vite devenu le repère des constructeurs. De 44 en 2006, on est passé à 42 en 2007, 43 en 2008, 37 en 2009, 29 en 2010, 28 en 2011 et 12 en début d’année à Nogaro. Le championnat ne fait donc plus recette. Que faire pour sauver le soldat FIA-GT3 ? Ce n’est pas tant que la série ne fonctionne plus, mais elle est tout simplement victime de son succès. Les championnats nationaux ont tellement pris d’ampleur qu’il était encore concevable que des équipes viennent aussi en FIA-GT3 pour amortir la saison. Mais ça c’était avant la Blancpain. Si la Blancpain Endurance Series est une franche réussite, c’est aussi elle qui a tué le bébé FIA-GT3. Stéphane Ratel nous confiait à Nogaro que dans chaque famille nombreuse, il y avait souvent un enfant de malade. Certes l’enfant malade est bien le FIA-GT3, et avec 11 autos seulement à Navarra, quel intérêt va avoir ce championnat d’ici la fin de saison ? Si Luxury Racing est encore inscrit, c’est uniquement parce ce que l’équipe a payé ses droits d’engagement pour la saison. Excepté le Russian Bears Motorsport, toutes les équipes sont engagées dans d’autres championnats.
En début d’année, il était prévu que le World GT1 fasse cause commune si les 18 concurrents n’étaient pas trouvés. Quelques mois plus tard, on se retrouve avec la situation inverse. Depuis 2006, le bébé a bien grandi et en cinq ans il marche tout seul. Toutes les séries (ou presque) ont adopté le concept by Stéphane Ratel. Même l’European Le Mans Series y vient, et le prochain championnat à accueillir les GT3 pourrait bien être l’American Le Mans Series. Il n’y a guère que Le Mans qui boude encore les GT3, mais pour combien de temps… En attendant, que faire du FIA-GT3 ? Si la Blancpain Endurance Series poursuit son ascension, il y a fort à parier que le Championnat d’Europe GT3 n’y survive pas, et la série Blancpain a de quoi avoir un label Championnat d’Europe FIA vu sa qualité et sa quantité. Une chose est sûre, il va falloir rameuter du monde sous peine de disparition…
Laurent Mercier