GT Tour

Ludovic Badey : Humble, discret mais efficace en piste.

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On a souvent tendance à dire (à raison) que Ludovic Badey fait partie des plus professionnels des gentlemen drivers. Il est fréquent que le Lyonnais vienne s’immiscer parmi les piliers de la catégorie GT3, avec des relais toujours à la hauteur. Cette saison, Ludo poursuit le bail au sein du Team SOFREV-ASP de Jérôme Policand, toujours en compagnie de Jean-Luc Beaubelique. Les deux compères se connaissent parfaitement et font partie des pilotes discrets dans le paddock. Discrets certes, mais certainement pas les moins rapides. Ils ont remporté les 24 Heures de Spa 2011 (Pro-Am Cup) avec une place de vice-champion dans la série Blancpain (avec Franck Morel). Force est de constater que la saison 2012 a bien débuté avec une deuxième place à Monza (avec Patrice Goueslard) en Blancpain et deux places dans le quinté de tête en GT Tour à Lédenon. Ce week-end, l’équipage de la Ferrari 458 Italia GT3 est à Dijon.

 

La manche de Lédenon a donc permis de se montrer aux avant-postes, comme l’explique Ludo : « Par rapport à l’an dernier, où nous devions découvrir la Ferrari, l’équipe est bien plus rodée, tout comme notre équipage d’ailleurs. Cela nous aide et nous gagnons du temps. Je suis heureux de notre début de saison : nous avons à chaque fois été à la lutte pour le podium et nous sommes 3e du classement avant Dijon. Nous sommes au rendez-vous et nous nous battons aux avant-postes, même si nous pouvons encore progresser, au niveau de la voiture et de l’équipage sur de petites choses. Notre place actuelle est logique et conforme. » Des envies de titre trottent forcément dans la tête : « Le podium, c’est notre objectif. Le titre, sincèrement, je pense que ce sera compliqué en Championnat de France, peut être davantage jouable sur la scène européenne. Le niveau en France est ultra relevé, c’est certain. »

 

La force du tandem Badey/Beaubelique est sans conteste la solidité : “De par notre équipage, de par le palmarès de Jean-Luc et le mien, nous sommes en retrait sur le papier face à des duos tels que Beltoise/Hassid et Perera/Pasquali chez Pro-GT by Almeras, ou Panis/Debard chez nous. Nous réalisons des courses solides et c’est ce qui fait notre force. Nous arrivons à obtenir de bons résultats au global mais notre parcours fait que nous évoluons dans la discrétion et cela nous convient bien. Nous sommes d’abord là par loisir. Avec Jean-Luc, nous sommes issus du même milieu professionnel et, comme je l’ai dit, nous sommes présents en course pour passer un bon moment, et non par obligation. Par ces deux points, nous sommes liés. La base est donc déjà très saine et tout est naturel. Nous avons les mêmes feelings. Je crois que depuis le début de notre collaboration, les points de divergences peuvent se compter sur les doigts d’une main ! » C’est donc le plaisir avant tout pour le pilote de la Ferrari 458 Italia #20 : « Je ne renie pas notre pointe de vitesse. Je suis discret dans la vie et sur circuit, et mon objectif est de me faire plaisir. Je n’ai pas de pression, ou le couteau sous la gorge : nous venons ici par passion et nous essayons de le faire au mieux en décrochant de bons résultats. Je pourrais dire que je suis le meilleur, mais je n’ai pas le passé d’Anthony Beltoise ou Olivier Panis. Après, si nous pouvons jouer devant avec Jean-Luc et s’approcher de tels pilotes, alors tant mieux ! »

 

Si l’an passé le Team SOFREV-ASP disposait de deux autos de pointe en GT Tour, l’arrivée d’Olivier Panis et Eric Debard apporte une touche nouvelle : « Il y a une émulation au sein de l’équipe, et elle est très positive. Olivier et Eric sont très humbles, tout comme Morgan (Moullin-Traffort) et Fabien (Barthez). Avoir trois équipages aussi homogènes nous permet d’essayer plus de choses, de partager plus de choses. Cela nous a peut être un peu manqué l’an dernier. La composition des équipages tire l’équipe vers le haut. » La paire Badey/Beaubelique est indissociable depuis plusieurs saisons : « Nous roulions dans la même équipe en Porsche Cup, et nous nous côtoyions déjà sur le plan professionnel. Jean-Luc voulait passer un cap et viser des bons résultats. Moi, j’étais à un tournant. J’hésitais à arrêter le sprint et j’avais envie du GT, mais j’ai du mal à faire confiance et à partager. Je ne pouvais le faire qu’avec une personne que je connaissais et avec qui je partageais déjà des choses. Nous avons appris à nous connaître en dehors des circuits, puis sur les circuits. C’est vrai qu’il y a une véritable osmose. »

 

Laurent Mercier

 

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