Voici la fin du carnet de voyage de Jean-Yves Damien à Okayama ( vous pouvez lire la première partie ici et la deuxième là )
Un pit Walk est également organisé mais le nombre de billet est limité et nous n’avons pas pu nous en procurer (quand je vous dis que les Japonais sont prévoyants et organisés). Tant pis, on se déplace jusqu’à la ligne droite des stands où nous observons la foule qui se presse dans les stands pour admirer les voitures mais aussi sur la piste pour admirer les très nombreuses grid girls japonaises qui semblent être une véritable institution, bien plus encore qu’au Mans par exemple.
Nous repartons ensuite vers la sortie du premier virage afin de bien nous placer pour le départ de la course. En chemin nous tombons sur un stand qui fait rôtir la viande directement Nous réussissons à nous placer relativement bien. Après une mise en grille traditionnelle et un hymne national dont nous n’aurons pas entendu grand-chose à cause de coupure micro, vient le tour de chauffe où une voiture sort de la route et va s’échouer dans le mur de pneu. Elle pourra repartir sans trop de gravité. Comme en Grand Am, le départ est donné en deux temps avec d’abord les GT500 qui s’élancent et allument déjà les pneus au premier freinage en jouant un petit peu de la portière. Le peloton quelques peu décousu des GT300 arrivent ensuite. Tout se passe sans encombre et assez rapidement les GT500 reviennent sur les GT300. La gestion du trafic est une des clés de ce championnat, quelques coups de pare-chocs et de portières se perdent ainsi dans les manœuvre. Le règlement du Super GT étant assez répressif concernant les accrochages, les contacts entre les voitures sont avant tout liés à des hésitations des uns et des autres plus qu’à une agressivité réelle. C’est d’ailleurs au gré de ces dépassements que les premiers s’échangeront les positions jusqu’au dernier tour avec un duel musclé mais correct.
Pour la dernière demi heure de course, nous nous déplaçons dans la ligne droite des stands pour doucement nous rapprocher de la sortie du circuit mais aussi pour y observer un spectacle particulier et spécifique au Super GT : les grands constructeurs engagés dans le championnat ont des supportes placés au bas des tribunes et qui agitent de bas en haut de grand drapeaux hissés au sommet de longue perche de plusieurs mètre de long. Ces supporters se manifestent à chaque passage d’une voiture de la marque, qu’ils s’agissent d’une GT500 ou d’une GT300, et ce tout au long de la course. Nous nous sommes demandé si ces supporters n’étaient pas en fait des employés des marques envoyés au circuit dans cet unique but. Du coup, lorsqu’un gros peloton de voitures passe dans la ligne droite, cela devient de la folie furieuse, avec tous les supporters de toutes les marques qui agitent leurs grands drapeaux et avec les spectateurs invités par ces grands constructeurs qui se lèvent et agitent également de plus petits drapeaux. Voilà donc des VIP qui s’intéressent réellement à la course automobile.
Une fois la course terminée, nous avons réussi (pour une fois) à être plus réactif que les Japonais pour quitter l’enceinte du circuit et ainsi retourner prendre la navette vers la gare de Yoshinaga. Et nous avons bien fait puisque la file va rapidement s’allonger derrière nous. Mais une fois encore, les Japonais vont être impressionnants dans la patience et la discipline (en rang, deux par deux sans avoir besoin de barrières pour canaliser la foule) avec laquelle ils vont faire la file malgré la fraicheur de la fin de journée. Nous reprenons ensuite le train vers Himeji où nous rejoignons notre hôtel après une longue journée où tout s’est parfaitement déroulé.
En conclusion, si vous souhaitez vous rendre sur une manche du Super GT, n’hésitez pas. Même sans vraiment comprendre le Japonais, il est possible de se débrouiller en se renseignant bien au préalable. Je tiens vraiment à souligner que les organisateurs font le maximum pour permettre aux spectateurs de suivre les courses dans de bonnes conditions avec des tribunes libres d’accès, des écrans géants, des animations pour les adultes et les enfants. La difficulté à trouver des informations pratiques sur le championnat en anglais ((achats de billets, transports, horaires, etc.) est peut être le seul point un petit peu négatif. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un championnat national, qui ne vise donc pas prioritairement un public international, et ce malgré la grande qualité et la grande diversité des voitures présentes. Pour terminer, je tiens à souligner que les Japonais sont des gens très respectueux, très polis, très enthousiastes et passionnés par le sport automobile.
Ceux qui hésitent à tenter un déplacement au japon à l’occasion de la manche japonaise du WEC qui fera cause commune avec le Super GT au Mont-Fuji peuvent y aller en toute confiance. L’ambiance risque d’être explosive avec la présence de Toyota en WEC en plus de la ferveur habituelle des fans du Super GT. Le début de l’automne est aussi une très bonne période pour visiter le Japon, les grandes chaleurs étant passées et la nature commençant à rougir. Par contre pour la météo, on ne peut rien vous garantir… le Mont-Fuji reste une zone climatique très capricieuse.
Un tout grand merci à Monsieur Tetsuya Tsuzuki (responsable média du Super GT) qui s’est montré extrêmement disponible pour nous fournir de précieuses informations pratiques sur le Super GT et sur le circuit d’Okayama, et ce malgré son emploi du temps digne d’un travailleur Japonais. Un grand merci également à l’équipe d’Endurance-info qui nous a mis en relation avec Monsieur Tsuzuki.
GO JAPAN, GAMBATTE (Courage)!
Jean-Yves Damien
La Rédaction de Endurance-Info remercie chaleureusement Jean-Yves pour son amicale collaboration.
Les photos de Jean-Yves sont ici