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Dr Ullrich : Réflexions sur le DTM 2012…

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Audi Motorsport a publié une intéressante interview du Dr Ullrich à propos de la saison DTM 2012 qui va débuter et des changements qui interviennent cette année dans la Série. En voici une traduction :

 

Dr Ullrich, le DTM entame en 2012 une nouvelle ère et vous avez été très impliqué dans sa mise en place. A votre point de vue, qu’y-a-t-il eu de spécial dans la préparation de la nouvelle saison du DTM ?

« Les trois constructeurs concernés ont conjointement développé un train de règlementation totalement nouveau – y compris de nombreux composants standards. Ce n’avait jamais été le cas sous cette forme auparavant et c’est sans aucun doute très particulier. La règlementation porte la sécurité à un niveau inconnu jusqu’à ce jour pour des voitures de Tourisme tout en réduisant le coût unitaire des voitures. » 

 

Quelle est l’importance du DTM pour Audi ?

« Le DTM nous permet d’être actif au plus haut niveau du sport automobile en restant proche du produit de base -et plus largement sur le marché intérieur allemand de Audi- ce qui continue à être important pour nous. »

 

Quels sont les impacts des résultats en DTM pour la marque Audi ?

« Nos clients et nos clients potentiels prennent naturellement bonne note de nos succès en sport automobile. Cela rejaillit automatiquement sur le côté sportif de la marque. La meilleure façon de démontrer ce côté sportif est d’être -avec succès- actif dans le sport. A travers nos succès sportifs nous pouvons à coup sûr avoir une influence positive sur  l’image de la marque Audi. »

 

Vous êtes à la barre de Audi Sport depuis 1993. Les quatre anneaux sont-ils enracinés dans votre cœur après autant d’années ?

« J’ai toujours été convaincu par la marque Audi. Je suis avec Audi parce que pour moi c’est la marque automobile qui a l’histoire la plus passionnante et la plus riche en succès- et je suis fier d’y apporter ma contribution. »

 

Les trois grands constructeurs allemands, Audi, BMW et Mercedes-Benz vont courir ensemble pour la première fois depuis 20 ans. Qu’attendez-vous du DTM 2012, et pas seulement strictement parlant de sport ?

« C’est une magnifique opportunité pour le DTM de renforcer encore sa position en tant que l’une des meilleures Séries pour des voitures de Tourisme. Je crois personnellement que nous avons même la chance d’être tous dans la meilleure Série Tourisme au monde. Bien sûr, cela signifie que les trois constructeurs vont devoir aussi beaucoup travailler ensemble, en dehors de la compétition sur la piste. Mon souhait est que même durant la saison de course nous puissions continuer à collaborer avec le même bon état d’esprit qui a régné une année entière pendant nos préparatifs. »

 

Maintenant qu’il y a trois constructeurs, comment cela affecte-t-il cette collaboration ?

« Comme lorsque des enfants jouent dans un bac à sable, cela tend généralement à devenir plus difficile quand il y a trois joueurs au lieu de deux seulement. Cependant l’état d’esprit qui a prévalu jusqu’ici durant la première année de préparation pour les DTM mefait regarder l’avenir avec optimisme. »

 

L’objectif sportif pour 2012 peut seulement être : la défense du titre. C’est juste ?

« Il va sans dire que notre but  est de défendre le titre. Cependant, notre premier objectif est d’avoir des voitures qui puissent se battre pour la victoire. Et ensuite nous voulons faire tout ce qui est dans nos moyens pour défendre notre titre. Ce sera sans doute encore plus difficile que dans le passé -mais avec nos équipages et trois teams qui ont fait leurs preuves, qui partent tous dans ce nouveau DTM avec des chances égales, nous devrions être bien placés. Le DTM a été et continuera d’être une question de travail d’équipe. »

 

Audi et Mercedes ont-ils un avantage grâce à leur expérience en DTM ?

« Naturellement, l’expérience vous donne un petit avantage. D’un autre côté, une nouvelle marque a l’avantage de faire certaines choses d’une manière différente, ce qui peut s’avérer lui donner un petit avantage. Ce sera très intéressant. »

 

 A votre avis, quelle est la valeur du nouveau venu, BMW ?

« BMW se prépare très intensivement pour le DTM depuis plus d’un an et, tout comme Audi et Mercedes-Benz, a développé une nouvelle voiture conforme à la nouvelle règlementation qui est la même pour tout le monde. Au vu du savoir-faire en matière de voitures de Tourisme que BMW a emmagasiné dans ce domaine au cours de nombreuses années de travail, nous nous attendons à faire face à un concurrent très solide – et c’est vraiment notre sentiment pour BMW et ce dès le premier week-end de course. »

 

Les voitures auront encore plus de pièces identiques qu’auparavant. Etant donné cela, comment un constructeur peut-il se démarquer de la concurrence ?

« Le concept de pièces communes n’affecte pas cela. On peut développer une aérodynamique propre, on peut réaliser des éléments de suspension spécifiques à chaque constructeur. Le moteur est spécifique à chaque constructeur. Le package global lui-même peut  être optimisé par chaque constructeur dans certaines limites. C’est pourquoi je pense qu’il existe véritablement des possibilités suffisantes pour tous les constructeurs, non seulement pour mettre en valeur l’aspect extérieur de la voiture pour leur marque, mais également pour développer des pièces supplémentaires utiles pour obtenir des succès. Sur les 4000 pièces d’une Audi A5 DTM, il y en seulement environ 50 qui sont communes à toutes les voitures. »

 

Selon vous, quelles sont les caractéristiques particulières de la A5 DTM ?

« Pour moi, la A5 DTM est la plus belle des trois nouvelles voitures DTM. Se plus, je pense que la base, la A5 une très bonne voiture pour le DTM qui ne paraît pas seulement belle mais que nos gens ont également transformée en une très bonne voiture de course. J’espère qu’avec la  A5 nous aurons une bonne voiture et qui pourra lutter pour la victoire dès la première course. » 

 

Quels sont les domaines dans lesquels la A5 DTM est particulièrement novatrice ?

« Principalement, nous parlons d’un gros travail de détail en DTM. Dans le domaine de l’aérodynamique et des suspensions tous les constructeurs ont essayé de trouver des petits avantages – et naturellement nous espérons y avoir réussi. »    

 

Le moteur a été adopté à partir de la « vieille » voiture DTM. Quand le DTM optera-t-il pour de nouvelles technologies, comme un système hybride tel celui utilisé dans la nouvelle Audi R18 e-tron quattro ?

« Nous n’avons pas voulu brûler les étapes. C’est pourquoi nous avons d’abord adopté les moteurs existants pour équiper les nouvelles voitures. Le concept de ce moteur a démontré sa viabilité pendant de nombreuses années. Cependant, la place pour un système hybride a déjà été réservée. Nous définirons conjointement le moment où cela aura du sens pour le DTM  de passer à un différent concept de moteur. »

 

Quelle importance cela aurait-il – ou a – que le concept DTM se retrouve au Japon et aux USA ?

« Pour Audi, les USA sont très importants, cela ne fait aucun doute. Et le Japon est également un marché de prestige. Cela veut dire que Audi a également un très vif intérêt à manifester sa présence dans ces deux pays importants pour la marque. Les trois constructeurs et l’ITR travaillent ensemble pour amener le DTM au Japon ainsi qu’aux Etats-Unis. Mais il faut que ce soit bien clair pour chacun, cela ne se produira pas très rapidement. Cela réclame beaucoup de travail approfondi. Si on veut que cela devienne quelque chose de vraiment bien, il faut de la patience et du temps. »

 

Pour revenir à la saison 2012 : six voitures étaient prévues à l’origine, maintenant elles sont huit. Comment en est-on arrivé là ?

“L’an dernier, nous étions déjà sur le point d’engager huit voitures en DTM et nous supposons qu’en 2013 tous les constructeurs mettront au moins huit voitures sur la grille de départ. En raison du fait que nous devions développer une voiture hybride extrêmement délicate -l’Audi R18 e-tron quattro- pour les 24 Heures du Mans et en parallèle une voiture DTM totalement nouvelle, nous avions  tout d’abord prévu sept voitures en 2012. Je suis satisfait de voir que l’opportunité d’engager huit voitures se soit maintenant concrétisée. Je suis convaincu qu’en raison du haut niveau du DTM, c’est un avantage de mettre le maximum de voitures sur la grille. Ce sera probablement serré en matière de délais – mais une voiture supplémentaire, cela veut dire aussi une chance supplémentaire. Et un nombre pair a plus de sens en matière de logistique et de travail d’équipe qu’un nombre impair. »

 

Dans le passé, il y a eu beaucoup de discussions en coulisse au sujet du manque de dépassements en DTM. D’après les derniers essais sur piste, a-t-on une idée de ce qui se passera avec les coupés ?

« Sur la A4 DTM nous avions beaucoup d’éléments aérodynamiques, particulièrement sur l’arrière, qui pouvaient être très vite endommagés à la suite de légers contacts et qui modifiaient alors profondément les performances de la voiture. Pour cette raison, il était nécessaire d’aller dans une direction qui empêcherait les risques d’un désavantage aérodynamique. Les nouvelles règles essaient d’empêcher ces risques. Bien sûr cela ne veut pas dire que les pilotes peuvent maintenant se rentrer dans sans arrêt. Mais je crois que les règles conduiront au moins à ce qu’il y ait davantage de duels – et donc plus de manœuvres de dépassement. »

 

Que peuvent attendre les fans du nouveau DTM ?

Les trois grands constructeurs allemand, dans un championnat de haut niveau, avec des voitures qui visuellement penchent très nettement vers les voitures de  série très connues et populaires,  devraient passionner tout véritable amateur de voiture de Tourisme. Dans sa nouvelle forme, je considère le DTM comme la meilleure Série de Tourisme au monde, bien qu’elle entre seulement dans sa première année sous cette nouvelle forme. »

 

Claude Foubert

       

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