A l’heure où la majorité des séries peinent à réunir un plateau, deux d’entre elles ne connaissent pas ce problème, avec d’un côté l’ADAC GT Masters et de l’autre la Blancpain Endurance Series. Comme par hasard, ce sont deux championnats qui font la part belle aux GT3. Souvenons-nous que quelques années en arrière, certains pestaient contre ces autos qui faisaient penser à une simple GT de route. Force est de constater que Stéphane Ratel a réussi son pari d’imposer les GT3 sur l’échiquier GT international. Si en 2006 la catégorie était cantonnée au sprint, les temps ont bien changé avec des autos capables de boucler un double tour d’horloge. Les constructeurs ont mis le paquet pour mettre à disposition (moyennant tout de même un gros chèque) des GT3 qui n’ont plus rien à envier aux GT2 réputées bien trop coûteuses à faire rouler. On ne compte plus les marques présentes, sachant que d’autres sont dans les tuyaux pour rejoindre le peloton.
Avec une bonne cinquantaine d’autos pour les Essais Officiels, la Blancpain Endurance Series est devenue LA série GT de référence en seulement une saison. Que l’on aille à Dubai, Daytona ou Sebring, on ne compte plus les pilotes qui veulent en être, et nous avons pu le constater par nous-mêmes. Il est vrai qu’avec plus de 50 autos attendues tout au long de la saison, il faut plus de 150 pilotes, ce qui risque de remplir les salles de briefings. A Spa, ce sont plus de 70 GT3 sont annoncées, avec le renfort de RMS, ALFAB Racing, ROAL Motorsport, Sébastien Loeb Racing, Need for Speed, etc… On ne devrait donc pas manquer d’équipes dans les Ardennes belges en juillet, si bien que les GT4 ne seront pas en piste. « A 90 jours de l’événement, il faut rester humble » commence par nous dire Laurent Gaudin, Manager de la série. « On peut gagner quelques unités ou en perdre. Si nous avons un plateau de 65 à 70 autos, le pari sera gagné. » En 2011, on a assisté à un problème de quantité de pneumatiques disponibles dans les équipes, ce qui ne devrait pas se reproduire cette année : « Il n’y aura pas de souci. Michelin équipe les autos en World Endurance Championship et en Blancpain Endurance Series. Des équipes pourront rouler avec un autre manufacturier, mais uniquement en Pro-Am Cup. Ce sera notamment le cas de Black Falcon qui roulera en gommes Yokohama. Hankook s’est également manifesté. »
La règle des 65 minutes maximum sans ravitailler apparue l’an dernier sera reconduite : « Il est établi qu’une Porsche consomme moins qu’une Ferrari. On sait que cette règle a fait grand bruit en 2011, mais personne ne s’est plaint à l’issue de la course. A l’origine les GT3 ravitaillaient entre 58 mn et 1h07. Les équipes se sont adaptées à cette règle. Les procédures de ravitaillement vont évoluer, car nous souhaitons privilégier la sécurité. Au sein de SRO, nous souhaitons avoir de la stabilité dans le fonctionnement, ce qui fait que ce qui sera valable à Spa le sera dans les autres meetings. Cette année, les numéros des concurrents seront visibles par les spectateurs de nuit. A terme, nous aimerions mettre en place un système identique à l’ALMS avec des diodes pour les trois premiers. »
On aurait pu craindre à un moment quant à la classe Pro-Cup, vu le peu de concurrents inscrits : « Il n’a pas été question de supprimer la Pro-Cup, même si nous savons que cela reflète bien la situation économique. Vu les engagés, il faut s’attendre à de très belles batailles en piste, car les équipes présentes sont d’un haut calibre. »
Pour ce qui est des 24 Heures de Spa, les traditionnels évènements seront maintenus : « Nous aurons toujours la parade des pilotes et des autos dans le centre de Spa. Un concert sera à nouveau organisé sur le circuit, sans supplément pour les spectateurs. Après le succès de Bob Sinclar en 2011, nous nous devons de faire aussi bien. Plusieurs séries de support seront de la partie : British F3, Lamborghini Blancpain Super Trofeo, Blancpain Revival Series et le JK Asian Series. Notre souhait est également d’avoir un championnat belge. »
Avec six meetings cette saison dont les 24 Heures de Spa, la série Blancpain s’offre de beaux tracés, ce que ne dément pas le Manager : « Le calendrier est basé sur des circuits de prestige avec Monza, Silverstone, Paul Ricard, Spa, Nürburgring et Navarra. La série est demandée par les circuits, et nous avons quelques idées fortes pour faire évoluer la philosophie. »
Il est clair que l’on roule en Blancpain et non en Blancpain Endurance Series. En seulement une année, le sponsor titre est devenu une référence, si bien que l’horloger a dû voir ses ventes gonfler. Laurent Gaudin donne les recettes de cette réussite : « Nous savions que c’était risqué de passer du sprint à l’endurance, mais les constructeurs ont travaillé pour avoir une vision d’Endurance. Nous tenons absolument à avoir une atmosphère conviviale au sein du paddock, ce qui est apprécié par l’ensemble des concurrents. Tout le monde travaille dans le sens du client, car les concurrents sont nos clients et nous leur devons le meilleur des services. De plus, nous mettons tout en oeuvre pour ne pas avoir de clash avec d’autres championnats d’envergure, et nous faisons notre possible pour avoir une diffusion télévisée digne de ce nom. Cette saison, le championnat sera à nouveau sur Motors TV ainsi qu’en streaming sur le Net. Trois heures, c’est le bon mix. Une heure c’est trop court, et six heures trop onéreux. Nous travaillons pour le public avec les différents circuits empruntés. C’est pour nous un axe de travail permanent. Pour en revenir aux concurrents, nous ne faisons pas de différence entre la Porsche Cup alignée en Gentlemen Trophy et Audi Sport. On se doit d’accompagner les équipes avant tout problème. Il faut être présent en amont. Prenons l’exemple des excès de vitesse dans la voie des stands. En Blancpain Endurance Series, nous ne mettons pas d’amende, mais une simple réprimande, sauf si le problème devait se répéter trop souvent. Nous travaillons tous ensemble et dans le même sens. Il n’y a pas de caste dans l’organisation. » Pour la petite histoire, les équipes ont eu droit à des croissants distribués dans chaque stand lors des Essais Officiels. Stéphane Ratel a toujours martelé dans ses discours que « ses » championnats appartenaient aux équipes, et la Blancpain Endurance Series n’y échappe pas…
Propos recueillis par Laurent Mercier