24H Nürburgring VLN

Analyse de la saison 2011, part 1…

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Avant de nous plonger dans la saison 2012 du championnat VLN, un dernier retour sur la cuvée 2011 s’impose. D’autant que cette dernière fut un tout grand cru, peut-être même le meilleur millésime de l’histoire de la série allemande d’endurance. En effet, au grand jamais le plateau n’aura été aussi impressionnant et le suspense autant présent. Ainsi si les cinq premières joutes consacraient autant de marques différentes, au bout du compte ce sont sept modèles représentant pas moins de 5 constructeurs qui décrocheront la timbale. Mieux la bagatelle de 23 pilotes eut droit aux honneurs de la première marche du podium, seuls Lucas Luhr, Arno Klasen et Michael Ammermüller parvenant à s’imposer à deux reprises ! Retour en détail sur une saison complètement folle avec l’analyse des performances des différents protagonistes. Le premier volet est consacré aux Porsche.

 

Porsche 911 GT3-R (Manthey Racing)  : Une valeur sûre

Victorieuses à 9 reprises ( !) en 2010 et ce en dépit d’une solide concurrence, les Porsche 911 GT3 R ont du, lors de la saison écoulée, affronter des adversaires aux crocs encore plus acérés. Tant et si bien que les bolides construits à Weissach ne remporteront que deux succès. Un bilan qui de prime abord pourrait paraître peu flatteur mais la déclinaison GT3 de la Porsche 911 n’en demeure pas moins une valeur sûre.
Ainsi si la machine de pointe de l’escadron Manthey, pilotée par Lucas Luhr et Arno Klasen (renforcés en certaines occasions par Romain Dumas, Timo Bernhard et Marc Lieb), du attendre la 8e manche pour enfin accrocher une première victoire, elle aura constamment joué aux devants de la scène. Dans la foulée elle remportera d’ailleurs le 9e acte et ce au terme d’un somptueux duel avec la Mercedes SLS GT3 du Mamerow Racing. Mieux, Marc Lieb profitait de la dernière joute pour signer en 8.04.471 la pole la plus rapide de l’histoire du VLN, démontrant de fort belle manière que la belle n’avait rien perdu de ses capacités. Et avec un peu plus de réussite, la moisson aurait pu être bien plus fructueuse.

Confiée durant la majeure partie de la saison à Hans-Guido Riegel, alias Monsieur Haribo, et Mike Stursberg, la 911 GT3-R/Haribo Team Manthey fut logiquement moins en vue qu’en 2010 où elle avait décroché la bagatelle de trois victoires consécutives. Toutefois l’apport précieux de quelques pilotes de renom, dont principalement Richard Westbrook, permit à la 911 frappée du n°8 de se mettre en évidence en certaines occasions. La paire Westbrook-Stursberg signant notamment une probante 4e place lors de la finale du championnat. Toutefois la performance la plus marquante du Team Haribo est relative à la 8e joute du championnat. Impressionnant d’aisance, le jeune René Rast signait un excellent 3e chrono lors des qualifs. Le double lauréat de la Porsche Supercup confirmait en course ses bonnes dispositions en prenant un excellent envol et se hissant au commandement d’une course qu’il allait dominer deux heures durant et ce devant des pointures tels Stippler et Luhr. Logiquement moins véloces, Riegel et Stursberg n’en effectuaient pas moins une solide prestation qui leur permettait d’accéder à la 3e marche du podium, soit leur meilleur résultat de la saison.

Troisième et dernière 911 GT3-R alignée par le Manthey Racing, la « Moskovskaya » de Krumbach-Gindorf-Wlazik aura elle aussi joué « placé », se classant deux fois 8e, une fois 9e et une fois 10e. Si jamais la GT3 arborant le n°10 ne sembla en mesure de briguer le podium, elle permit néanmoins au prometteur Philipp Wlazik de faire étalage d’une sacrée pointe de vitesse. Voilà un garçon qu’il conviendra assurément de tenir à l’œil dans le futur.

Frikadelli Racing

Un peu à la peine ces dernières saisons, le Frikadelli Racing a retrouvé bien des couleurs. En effet, après un début de saison désastreux (trois abandons en quatre courses !), l’écurie de Klaus Abbelen a magistralement redressé la barre. Ainsi lors de la 5e joute du championnat, l’excellente Sabine Schmitz signait ni plus ni moins que la pole position avant de se classer superbe 2e de l’épreuve. S’en suivait une nouvelle médaille d’argent, une médaille de bronze et encore une méritoire 4e place. Un bien joli bilan qui aurait pu s’agrémenter d’une victoire lors de la 7e manche de la série allemande d’endurance. Las le véloce Niclas Kentenich se faisait surprendre, en fin de parcours, par une averse éparse alors qu’il dominait les débats. Rageant ! Quand bien même nous ne pouvons que nous réjouir du retour en forme de l’une des écuries les plus emblématiques de cette discipline haute en couleur. A confirmer en 2012 !

 

Pinta Racing

Si le bilan chiffré du Pinta Racing n’est guère reluisant (6 abandons en 8 courses et une 5e place pour meilleur résultat), l’écurie de Michael Illbruck n’en aura pas moins marqué la saison 2011 de son empreinte. Très souvent en front de bandière, principalement lorsqu’elle était pilotée par Manuel Lauck, La révélation de la saison, la Porsche 911 GT3-R blanche à bandes vertes aura dynamité bon nombre d’épreuves et ne doit qu’à une noire malchance de ne pas s’être classée plus souvent dans le top 5.

A ce titre, la prestation étincelante de Manuel Lauck lors de la première joute du championnat résonne toujours dans nos mémoires. Qualifié en 10e position, l’Allemand, âgé de 28 ans, prenait un envol d’anthologie, se jouant de pointures tels Andy Priaulx, Uwe Alzen, Chris Mamerow ou encore Thomas Jäger pour s’emparer du commandement. Un commandement qu’il conservait de longues minutes durant avant de lâcher prise suite à une légère pirouette. Moins véloce, Michael Illbruck ne pouvait soutenir la comparaison et nos duettistes devaient se contenter du 10e rang.

La suite se résumait à une succession d’abandons, quand bien même Manuel Lauck profitait de la moindre occasion pour affoler les chronos. Son plus haut fait d’arme étant la pole position conquise lors de la 4e manche du championnat et ce face à d’aussi fines gâchettes que Lieb, Lietz, Dumas Westbrook, Fässler, Rockenfeller, Ekström et Mamerow pour ne citer qu’eux ! Des coups d’éclat, loin de passer inaperçus, et qui permettait au talentueux Lauck de disputer la manche argentine du World GT au volant d’une Lamborghini Murcielago. Dans le même temps, Michael Illbruck s’associait avec Marco Seefried pour les 8e et 9e manches du VLN. Une association certes moins flamboyante mais qui, paradoxalement, offrait au Pinta Racing, lors de l’antépénultième course du championnat, son meilleur résultat de la saison, à savoir une 5e place.

 

Porsche 911 GT3 RSR (Manthey Racing) : La grand-mère a de beaux restes.

A la surprise générale, le Manthey Racing décidait de participer à la 3e manche du championnat VLN avec la Porsche 911 GT3 RSR victorieuse des 24h du Nürburgring 2008 et 2009. L’habituelle 911 GT3-R étant « priée » de rester sagement au garage.

Quoi qu’il en soit, Marc Lieb, Timo Bernhard et Arno Klasen avaient tôt fait de démontrer que la grand-mère possédait de beaux restes. Qualifiés en 8e positions, ils effectuaient une remontée de tous les diables et achevaient l’épreuve, longue de 6h, au 2e rang, 8 secondes à peine derrière la Ferrari F458/Hankook Team Farnbacher victorieuse. Une performance d’autant plus impressionnante que la Porsche Manthey, à l’instar de ses rivales les plus coriaces, avait été pénalisée d’un tour (!) suite à un dépassement sous régime de drapeaux jaunes.

Lors de la joute suivante, Olaf Manthey décidait d’effectuer un comparatif grandeur nature entre la vénérable grand-mère et la traditionnelle 911 GT3 R. Le but de la manœuvre consistant à vérifier lequel de ces deux modèles serait le plus apte à briguer la victoire lors mythiques 24h.
Si la GT3-R de Lieb-Bernhard-Dumas était rapidement ralentie par un accrochage, en revanche la GT3 RSR de Luhr-Lieb-Dumas signait une nouvelle prestation d’anthologie. Luttant à couteaux tirés durant la majorité de l’épreuve avec l’Audi R8 LMS de Basseng-Fässler-Rockenfeller, la RSR n°57 parvenait à prendre l’ascendant dans les ultimes instants et ce pour à peine 635 millièmes de seconde ! Les mérites de cet ultime coup de rein revenant à Marc Lieb, une nouvelle fois étincelant. Quand bien même le pilote officiel Porsche et ses acolytes devaient se contenter du 2e rang, 7 secondes derrière le trio Holzer-Long-Lietz surprenant vainqueur avec la…Porsche 911 GT3 R Hybrid ! Si les deux millésimes de la 911 figuraient bien sur la grille de départ des 24h, la GT3-R était volontairement retirée de l’épreuve après 120 minutes de course, l’écurie, basée à Meuspath, péférant se consacrer exclusivement à l’inusable RSR. Bien lui en prit !

Malmenée en début de parcours par la Ferrari/Hankook, les BMW/Schnitzer, la Porsche Hybrid et les plus véloces des Mercedes, la Porsche/Manthey frappée du n°18 monte petit à petit en puissance avant de prendre autoritairement les rênes de l’épreuve à l’issue de la 8e heure. Rien ni personne ne parviendra à entraver la marche triomphale de l’excellentissime quatuor composé de Marc Lieb, Timo Bernhard, Lucas Luhr et Romain Dumas. De quoi combler de joie les troupes d’Olaf Manthey, lesquels remportaient ni plus ni moins que leur 5e succès au cours des 6 dernières éditions. Chapeau bas !

Autre 911 GT3 alignée par le Manthey Racing, la MR/Wochenspiegel a également fait mieux que se défendre. Confiée au tandem Georg Weiss-Michael Jacobs, flanqué du redoutable Oliver Kainz, elle s’est immiscée à 4 reprises dans le Top 10 tout en remportant à plusieurs reprises la classe SP7. Son meilleur résultat absolu étant une 6e place acquise lors de l’antépénultième joute. Un bilan plutôt flatteur pour des gentlemen drivers !

 

Porsche 911 GT3-R Hybrid (Porsche Team Manthey) : Une victoire historique

Passée à deux doigts de la victoire lors de l’édition 2010 des 24h du Nürburgring, la Porsche 911 GT3-R Hybrid était attendue au tournant.
Après une première apparition plutôt timide (11e de la 2e course du championnat), le joyau de Weissach retrouvait tout son tonus lors de la 4e joute.

Parti de la 8e position, Patrick Long surgissait tel un diable hors de sa boîte et emboîtait le pas de Mike Rockenfeller, Chris Mamerow et Manuel Lauck. Déchaîné l’Américain ne faisait qu’une bouchée ce ces trois hommes et s’installait au commandement peu avant la fin du 2e tour.
S’en suivait une folle empoignade entre la Porsche Hybrid, la Mercedes/Mamerow, les Audi/Phoenix et Abt Sportsline et la Porsche RSR/Manthey. Aucun des protagonistes ne voulant lâcher le morceau, les dépassements fusaient dans tous les sens. Le spectacle était absolument royal, le suspense à son paroxysme et l’issue des débats totalement imprévisible.

Profitants à merveille de la plus grande autonomie de leur Porsche Hybrid, Patrick Long, Richard Lietz et Marco Holzer reprenaient toutefois les rênes de l’épreuve à 40 minutes de l’épilogue, précédant de 36 secondes la Porsche RSR de Lieb-Luhr-Dumas et l’Audi de Fässler-Basseng-Rockenfeller, toutes deux au coude à coude. Un peu limite en carburant, Marco Holzer était contraint de lever le pied et voyait son avance fondre comme neige au soleil. De 36 secondes elle retombait à 15 à l’entame du dernier tour. Le jeune Allemand tenait toutefois bon et offrait, pour 7 minuscules secondes, une victoire historique au constructeur germanique.

Il n’en fallait pas plus pour faire de la Porsche Hybrid l’une des grandes favorites des 24 Heures du Ring. Un statut que l’orange mécanique justifiait d’emblée en se positionnant au second rang à l’issue de la 3e heure de course. Las, un bris de boîte de vitesse puis un accrochage la faisait chuter dans les profondeurs du classement, le quatuor Bergmeister-Long-Lietz-Holzer devant, au final, se contenter d’une modeste 27e place. Le potentiel étant bel et bien présent, gageons que le constructeur allemand remettra très rapidement l’ouvrage sur le métier afin d’être le premier imposer la technologie hybride lors d’un double tour d’horloge d’envergure.

 

Fabrice Bergenhuizen

 

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