L’aventure humaine de Fabien Giroix et Frédéric Fatien aux 24 Heures de Dubai n’est pas allée à son terme avec un abandon après 13 heures de course sur un problème de pression d’huile. Si les hommes ont tenu le cap, c’est la mécanique qui a rendu l’âme, avec une Lamborghini Gallardo LP600 qui a pourtant bien animé le début de course. On ne compte plus les journalistes venus à notre rencontre pour nous demander si le tandem Giroix/Fatien était bien seul inscrit sur l’auto. C’était un pari un peu fou que de rouler à deux sur une telle épreuve, surtout compte tenu de la chaleur ambiante qui règne à Dubai depuis le début de semaine. Pourtant les compères ont bien figuré avec beaucoup de plaisir pris au volant de l’auto. « Il fallait le faire » nous lance Fabien au petit matin, après un repos bien salvateur. « Je sais qu’on nous a pris pour des illuminés à l’heure où beaucoup d’équipages roulent à quatre ou cinq. Les premiers relais ont été durs avec une chaleur étouffante dans l’habitacle. » Le but était de respecter le tableau de marche fixé par l’équipe et de ne prendre aucun risque. La particularité des 24 Heures de Dubai est de ne pas descendre trop souvent en dessous du temps pivot de 2.05 mn et ne pas griller ses dix jokers sous peine de prendre une pénalité. « Il fallait gérer les chronos et cela n’a pas été chose facile. En début de course, je suivais le tempo des hommes de tête, mais sans trop forcer le rythme. Tout est une histoire de gestion du tour, notamment dans les derniers mètres où il fallait régulièrement soulager pour ne pas descendre sous les 2.05. Cela demande une concentration supplémentaire. A plusieurs reprises, j’ai tourné en 2.05.011 et je n’ai grillé que trois jokers. C’était une aventure de folie, mais je ne suis pas certain de le refaire (rires). »
Si Fabien a fait le job en piste, Fred Fatien a lui aussi prouvé sa régularité avec des chronos constants. « Comme je l’avais dit avant le départ, l’objectif était que Fred roule le plus possible pour se préparer pour le LMP2. Il a prouvé que c’était une force de la nature avec des relais de 1h20 avec une très bonne constance, ce qui n’était pas évident avec cette chaleur. Fred est en tête du Championnat GT UAE et je suis sûr que cette expérience des 24 Heures de Dubai à deux lui a donné un déclic. »
Avec 75 autos en piste, le trafic n’est pas une chose facile à gérer : « Cette année, il y a plus de GT que de voitures de tourisme, ce qui fait que le trafic était plus gérable. Lors des dernières 24 Heures du Mans, j’ai bouclé un relais de 4h45 dans l’Aston Martin Vantage GT2 et je dois dire que c’était plus facile car le circuit du Mans permet de « se reposer », ce qui n’est pas le cas ici. Mes deux premiers relais ont été compliqués car la chaleur était écrasante. De plus, nous emportions une gourde de seulement 75cl. A l’origine je devais rouler durant 16 heures, avec peu de temps de récupération entre les relais. Rouler un maximum est une chose, mais il faut récupérer très vite et remonter dans l’auto. C’est dommage que nous ne soyons pas allés au bout de l’aventure, mais je suis satisfait de ce que nous avons pu montrer en piste. » Une chose est sûre, Fabien Giroix et Fred Fatien vont arriver fin prêts physiquement aux 12 Heures de Sebring. Chapeau messieurs !
Propos recueillis par Laurent Mercier