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La galerie des Champions 2011, part 4…

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Traversons de nouveau l’Atlantique pour nous intéresser à l’American Le Mans Series. La Série créée par Don Panoz souffre d’un paradoxe, ses deux épreuves d’endurance, les 12 Heures de Sebring et le Petit Le Mans, en quelque sorte ses deux têtes de gondole, étant également des épreuves de l’Intercontinental Cup, attirant ainsi aux USA Peugeot et Audi, les deux grands constructeurs LMP1, et éclipsant ainsi les concurrents américains.

 

L’ALMS a souffert cette année d’une désaffection pour la catégorie prototypes. Le LMP2 était totalement absent des grilles de départ à Lime Rock, Mosport, Mid-Ohio et Baltimore, soit près de la moitié de la saison et le LMP1, hormis la présence en cours de saison de la Lola du Autocon Motorsports et de la Lola Aston Martin de Fernandez/Primat/Mücke à Laguna Seca et Road Atlanta, s’est limité à un duel entre le Dyson Racing et le Muscle Milk AMR, Dyson passant heureusement de une à deux Lola Mazda à partir de Lime Rock après son association avec le Oryx Racing.

 

En LMP1, sur les sept épreuves concernant uniquement les concurrents réguliers de l’ALMS, la Lola Aston Partin Muscle Milk s’est imposée quatre fois contre trois aux Lola Mazda Dyson -deux victoires pour Smith/Dyson et une pour Kane/Al Masaood, mais le team de Greg Pickett n’a pu combler le lourd handicap de ses scores vierges à Sebring et au Petit Le Mans, les deux courses attribuant le plus de points. Klaus Graf et Lucas Luhr ont été souvent brillants – Luhr avec son titre de Champion du Monde FIA GT1 et sa victoire aux 24 Heures du Nürburgring étant incontestablement un des pilotes de l’année 2011, mais le Dyson Racing a eu l’avantage de la régularité, ce qui après tout est une vertu quand on parle d’endurance, remportant le titre teams et le titre pilotes grâce à Guy Smith et Chris Dyson. Le Dyson Racing, titré en LMP 675 en 2003, a enfin conquis ce titre LMP1 pour lequel il se battait depuis.

 

En LMP2, nous l’avons dit, la saison a été tronquée et n’a tenu quasiment qu’à la seule présence du Level 5 Motorsports de Scott Tucker si on fait abstraction de  la participation de la OAK Pescarolo Judd engagée par United Autosports à Road Atlanta. Après avoir débuté avec une Lola-Honda Spyder et une Lola-Honda Coupé, le team a fini la saison avec des HPD ARX-01g. Faute de combattants, Level 5 remporte le titre teams et Christophe Bouchut/Scott Tucker le titre pilotes. Le français enrichit ainsi un palmarès déjà copieux et Level 5, grâce à sa victoire au Petit Le Mans, décroche une invitation pour les 24 Heures du Mans 2012, le team ayant déjà fait un podium dans la Sarthe cette année.

 

La lutte a été beaucoup plus serrée en LMPC, le titre restant en suspens jusqu’à la dernière manche de la saison à Road Atlanta, le CORE Autosport coiffant sur le fil le Genoa Racing pour un tout petit point au bout de neuf manches. Côté pilotes, le duel entre les deux teams a été encore plus intense, puisque deux pilotes du CORE Autosport, Gunnar Jeannette et Ricardo Gonzalez, finissent à égalité de points avec un pilote du Genoa Racing, Eric Lux. Curieusement, deux des premiers vainqueurs de la saison aux 12 Heures de Sebring, Dane Cameron et  Jens Petersen (Genoa), Michael Guasch reprenant le volant à Laguna Seca pour une deuxième victoire associé à Eric Lux et Elton Julian.

 

La force majeure de l’ALMS en 2011 a été la catégorie GT, tant numériquement que qualitativement. BMW, Corvette, Porsche et Ferrari, avec des équipes et des pilotes de pointe, ont livré des combats de très haut niveau, alors que les Doran Ford GT et les Jaguar XKR ont fait de la figuration et que la Panoz Abruzzi a fait long feu.

 

Le BMW Team RLL a entamé la saison en fanfare en remportant les trois premières courses avec Dirk Müller et Joey Hand, épaulés à Sebring par Andy Priaulx. La domination des M3 GT était telle que l’IMSA a procédé à un ajustement règlementaire. Porsche, Ferrari et Corvette se partageant ensuite les victoires, l’avance prise par les BMW était rédhibitoire et BMW raflait les titres teams et pilotes, celui-ci allant à Dirk Müller et Joey Hand, devant les pilotes Corvette, Oliver Gavin et Jan Magnussen, la troisième place revenant au second équipage BMW, Bill Auberlen et Dirk Werner.

 

Porsche l’a emporté quatre fois -deux victoires pour la Porsche Falken de Henzler/Sellers à Mid-Ohio et Baltimore, et deux pour le Flying Lizard qui a fini la saison en trombe à Laguna Seca et Road Atlanta avec Bergmeister/Long même si cette dernière victoire a été éclipsée par la victoire de la Ferrari AF Corse engagée en ILMC de Fisichella/Bruni/Kaffer -, Corvette une fois à Mosport et Ferrari une fois également à Road America avec la Ferrari Risi de Melo/Vilander, mais au bout du compte c’est BMW qui récolte également le  titre Constructeurs devant Porsche et Chevrolet. La Porsche 911 GT3 R Hybride de Dumas/Lietz a devancé toutes les GT à Laguna Seca, hors classement.

 

En GTC, comme en LMPC, la concurrence était  vive, mais le Black Swan Racing a néanmoins dominé la saison, remportant cinq victoires, Tim Pappas s’adjugeant un nouveau titre dans la  catégorie, Black Swan remportant également le  titre teams devant le TRG de Kevin Buckler, l’adversaire le plus sérieux de Black Swan cette saison, avec quatre succès contre les cinq de Black Swan.

 

Classement Pilotes LMP1

1 G.Smith/C.Dyson (Lola-Mazda) 184

2 K.Graf (Lola Aston-Martin) 124

3 L.Luhr 114

 

Classement Pilotes LMP2

1 C.Bouchut/S.Tucker (Lola HPD puis HPD) 126 points

2 L.Diaz (Lola HPD puis HPD) 78

3 J.Barbosa (Lola HPD puis HPD) 56

 

Classement Pilotes LMPC

1 E.Lux, G.Jeannette, R.Gonzalez 158

 

Classement Pilotes GT

1 D.Müller/J.Hand (BMW) 159

2 O.Gavin/J.Magnussen (Corvette)135

3 B.Auberlen/D.Werner (BMW) 129

 

Classement Pilotes GTC

1 T.Pappas 185

 

12 Heures de Sebring

 

Epreuve d’ouverture de l’ALMS et de l’ILMC, les 12 Heures de Sebring affichaient une première et une dernière pour les équipes usine. Une première, avec la première course de la Peugeot 908, successeur de la 908 HDi, et une dernière, avec l’ultime représentation de l’Audi R15 TDI, la R18 TDI n’étant pas encore suffisamment prête.

 

Cette première et cette dernière n’ont pas été couronnées de succès, les usines Peugeot et Audi devant baisser pavillon devant des équipes privées. Peugeot peut néanmoins se satisfaire de la victoire de la 908 HDi engagée par ORECA et de la troisième place de la 908 de Montagny/Sarrazin/Lamy, sur le podium pour sa première sortie, dans le même tour que le vainqueur, alors que les R15 TDI, quatrième et cinquième, avaient fait un beau début de course.

 

ORECA, qui a été à la lutte pendant la plus grande partie de l’épreuve avec l’étonnante HPD ARX-01e, a su éviter les embûches, Loïc Duval, Nicolas Lapierre et Olivier Panis, ayant procuré à Hugues de Chaunac une des ses plus vives émotions, ORECA remportant ainsi sa troisième classique de l’endurance, après la victoire de la Mazda 787B au Mans et celle de la Viper aux 24 Heures de Daytona, un palmarès rare pour un team privé.

 

Il faut mettre également en exergue la  performance de la HPD ARX-01e, deuxième à 41 secondes seulement de la Peugeot ORECA pour sa première course. La nouveauté réalisée par Nick Wirth a ainsi devancé la nouvelle Peugeot et a failli terrasser les diesel, pourtant forts de cinq exemplaires. Il est à regretter qu’on n’ait plus vu en piste la HPD. Il est clair que si elle avait disputé l’intégralité de la saison ALMS, Highcroft Racing aurait conservé son titre LMP1. Le Dyson Racing, premier concurrent de l’ALMS, a terminé en sixième position, mais la Lola Mazda n°16 a concédé hui tours à la HPD, tandis que la première LMPC a terminé neuvième, tout juste devant les meilleures GT. Notons également que les OAK-Pescarolo LMP1 avaient fait un beau début de course, Richard Hein ayant même eu le privilège d’être momentanément en tête de l’épreuve durant trois tours, pendant une neutralisation, et qu’autre LMP1 du OAK Racing figurait dans le peloton de tête au cours des premières heures, étant même au pied du podium au tiers de la course.

 

En LMP2, après une domination de l’Oreca 03 Nissan de Signatech Nissan en début de course, malheureusement stoppée par des soucis de boîtier électronique alors que la victoire lui semblait promise, le Level 5 Motorsports l’a emporté avec la Lola-Honda Spyder,de Scott Tucker/Ryan Hunter-Reay/Luis Diaz, mais en dix-septième position seulement au classement général. Le camp français est néanmoins à l’honneur, avec la deuxième place pour l’Oreca Signatech de Ayari/Mailleux/Ordoñez (pole position LMP2 pour Soheil Ayari et meilleur tour en course pour Franck Mailleux) et la troisième de la OAK Pescarolo Judd de Barlesi/Lafargue/Da Rocha qui récompense une belle prestation d’ensemble du OAK Racing à Sebring.

 

Le Genoa Racing, vainqueur en LMPC, a pris une belle première place -et la neuvième au général-, Michael Guasch, Jens Petersen et un superbe Dane Cameron étant venus à bout de la FLM du CORE Autosport pilotée par Gunnar Jeannette, Ricardo Gonzalez et Eddy Junco, dans le même  tour que la voiture victorieuse. Dane Cameron a été l’homme du jour de la catégorie, avec la pole position et le meilleur tour en course.

 

En GTE Pro, AF Corse était venu apporter la concurrence aux équipes régulières GT de l’ALMS. La Ferrari 458 Italia n’étant pas encore opérationnelle, l’équipe de Amato Ferrari était venue en Floride avec son ancienne F430 pour le  trio Bruni/Fisichella/Vilander. Gianmaria Bruni créait la sensation en s’adjugeant une pole position qu’on aurait pu croire promise aux BMW ou aux Corvette. La course GT a tenu toutes ses promesses, avec une lutte acharnée entre les Corvette, les BMW, les Ferrari AF Corse et Risi ainsi que la Porsche du Flying Lizard. Le chassé-croisé aura duré pendant presque toute la durée de la course, mais la victoire est finalement revenue à BMW, qui réalise même le doublé, devant les deux Corvette et la Ferrari 430 AF Corse. Les trois premiers terminent dans le même tour et les cinq premiers ne sont séparés que d’un seul tour. Le Flying Lizard est le meilleur représentant de Porsche, avec les sixième et septième places.

 

En GTE Am, la Porsche Proton n°63 avec notamment Richard Lietz était incontestablement la plus rapide à Sebring, mais c’est un team américain qui l’emporte. La Ferrari 430 du Krohn Racing (Tracy Krohn/Nick Jönsson/Michele Rugolo), régulière, l’emporte aisément  avec cinquante tours d’avance sur la Porsche Proton.

 

En GTC, l’issue du combat a longtemps été indécis entre le Black Swan Racing et TRG, la Porsche Black Swan ne prenant le meilleur qu’en toute fin de course sur sa rivale qui termine dans le même tour.

 

Ainsi, en dehors du LMP2, les deuxièmes (au moins)de chaque catégorie ont terminé dans le même tour que le vainqueur, ce qui prouve l’intensité du combat !

 

Classement Scratch et LMP1

1 L.Duval/N.Lapierre/O.Panis (Peugeot 908 HDi FAP)

2 S.Pagenaud/D.Brabham/M.Franchitti (HPD ARX-01e

3 F.Montagny/S. Sarrazin/P.Lamy (Peugeot 908)

 

Classement LMP2

1 L.Diaz/R.Hunter-Reay/S.Tucker (Lola-Honda Spyder)

2 S.Ayari/F.Mailleux/L.Ordoñez (Oreca 03 Nissan)

3 A.Barlesi/P.Lafargue/F.Da Rocha (OAK Pescarolo Judd)

 

Classement LMPC

1 D.Cameron/J.Petersen/M.Guasch

 

Classement GTE Pro

1 D.Müller/J.Hand/A.Priaulx (BMW M3 GT)

2 B.Auberlen/D.Werner/A.Farfus (BMW M3 GT)

3 O.Beretta/A.Garcia/T.Milner (Corvette C6 ZR1)

 

Classement GTE Am

1T.Krohn/N.Jönsson/M.Rugolo (Ferrari F430)

 

Classement GTC

1 T.Pappas/S.Bleekemolen/D.Faulkner

 

Vous trouverez l’ensemble des photos ici

 

La Rédaction

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