Olivier Pla pensait bien terminer sa saison 2011 en Endurance à l’issue des 24 Heures du Mans, suite au retrait de Quifel ASM Team des Le Mans Series. Il ne restait alors plus au Toulousain que le GT Tour au sein du Team SOFREV-ASP, avec tout de même en point d’orgue une participation aux 24 Heures de Spa, toujours sur la Ferrari F458 de l’équipe de Jérôme Policand. C’est pourtant en Endurance que le Champion Le Mans Series 2009 (LMP2) a rebondi, en intégrant le OAK Racing pour les trois dernières manches Intercontinental Le Mans Cup de l’année. Troisième (scratch) à Silverstone, quatrième au Petit Le Mans, puis cinquième à Zhuhai, Olivier a fait parler la poudre avec trois courses de haute volée dans le baquet de la OAK-Pescarolo #24 qu’il partageait avec Alexandre Prémat et Jacques Nicolet, Jean-François Yvon étant le troisième homme en Georgie. Pour couronner une saison finalement bien remplie, le sociétaire du OAK Racing a testé la Peugeot 908, preuve que les performances de l’un des pilotes les plus talentueux de tout le paddock ne restent pas insensibles.
Laurent Mercier : Olivier, on peut dire que ta saison a été coupée en deux, avec un avant Le Mans et un après. Quel bilan tires-tu de tes courses avec Quifel ASM Team ?
Olivier Pla : « Le team a souhaité passer en LMP1, et pour nous la tâche n’a pas été facile. La Zytek était en manque de développement, ce qui nous a handicapé. Nous étions bien en qualifications, mais il en manquait en course. A Spa puis ensuite au Mans, nous avons cassé le moteur et la pilule a été dure à digérer. Il n’y a aucun reproche à faire à ASM. Toute l’équipe a fait un gros travail et en performance pure, nous étions au milieu du peloton avec une auto en manque d’évolutions. Nous étions présents, mais la lutte pour les positions de tête en LMP1 est acharnée. Miguel (Amaral) a décidé de jeter l’éponge après Le Mans. J’ai bien cru que ma saison au volant d’un prototype allait s’arrêter là. »
C’est ensuite que OAK Racing t’a contacté pour une séance d’essais à Barcelone ?
« Jacques Nicolet ayant pris connaissance de ma disponibilité, OAK Racing m’a convié à un test en Espagne. Dès mes premiers tours de roue avec l’auto, j’ai vu qu’elle était dans le coup et le team l’a confirmé pour Silverstone, avec un magnifique podium, derrière deux Diesels. L’entente avec toute l’équipe OAK Racing s’est passée à merveille et nous avons décidé de poursuivre ensemble l’aventure. J’ai vraiment pris un pied terrible à Silverstone et ce résultat a couronné le travail acharné de toute une équipe soudée. Si j’étais ravi de ce résultat pour moi, je l’étais aussi pour l’équipe. Avec Alex (Prémat), nous aimons avoir la même auto, et c’est un gros avantage. Nous avons pu travailler ensemble et nous sommes allés de suite à l’essentiel. Avec une super auto, un très bon team et des équipiers au top, les résultats ne peuvent que venir. »
Que retiens-tu de la dernière manche de Zhuhai ?
« Nous avions une auto qui pêchait un peu en sortie de virage par rapport à la Lola-Toyota/Rebellion Racing. Nous manquions de couple lors des premiers rapports. Cependant, terminer dans le quinté de tête est un bon résultat. Il est clair que le trafic était plus facile à gérer en Chine qu’au Petit Le Mans, du fait du nombre plus réduit d’autos au départ. Zhuhai est un tracé avec pas mal d’épingles et de gros freinage. Il fallait tout calculer et ne rien laisser au hasard. Que les manches fassent 6, 12 ou 24 Heures, c’est à chaque tour une qualification où il ne faut pas lâcher le moindre mètre. »
Le test au volant de la Peugeot 908 s’est bien déroulé ?
« Oui et j’ai découvert l’univers d’un constructeur comme Peugeot. C’était pour moi une superbe opportunité que de tester cette 908 et de faire partie des pilotes retenus. Je ne retiens que du positif de cette expérience. Il a fallu que je m’adapte à la visibilité, car c’est différent d’un prototype ouvert. C’est au début un peu déroutant d’avoir un toit au-dessus de sa tête, mais on s’y fait vite. Ce n’est pas une surprise, la 908 a un gros potentiel, que ce soit le moteur ou le châssis. Je tiens à remercier Peugeot pour la confiance placée en moi lors de ce roulage. »
Tu as aussi découvert le pilotage d’une GT cette saison, avec la Ferrari F458 en GT Tour. Une expérience différente ?
« C’était pour moi tout nouveau. J’ai de suite accepté quand Jérôme m’a fait cette proposition. Tout s’est très bien passé avec le Team SOFREV-ASP. Le championnat a été un peu difficile, avec une Balance de Performance à gérer au mieux. J’ai également disputé les 24 Heures de Spa, où nous étions en lice pour une place sur le podium, avant d’abandonner le dimanche matin. Avec Julien (Jousse) et Patrice (Goueslard), nous avons fait une course solide et ce podium était en vue, alors qu’une F458 n’avait encore rien prouvé sur une course d’endurance. La nuit a été difficile avec une bruine incessante. J’ai pris beaucoup de plaisir à prendre part à cette course si mythique et si j’ai l’occasion d’y rouler à nouveau, je le referai sans la moindre hésitation. »
Connais-tu ton programme 2012 ?
« C’est encore un peu tôt, même si des discussions sont en cours. Le WEC est un gros championnat qui s’annonce, sachant qu’en plus les 24 Heures du Mans sont compris dans le package. Je suis confiant pour l’avenir et poursuivre ma collaboration avec OAK Racing fait partie des possibilités. »
Propos recueillis par Laurent Mercier