On connaît Quifel ASM Team pour sa présence en Le Mans Series depuis plusieurs saisons, avec notamment le titre LMP2 en 2009 pour Olivier Pla et Miguel Amaral. En 2011, l’équipe portugaise managée par Maurício Pinheiro et dirigée par Antonio Simoes était de la partie en LMP1 avec une Zytek 09SC. A l’issue des 24 Heures du Mans, Quifel ASM Team a décidé de jeter l’éponge, l’auto étant en manque de performance. La saison prochaine, ASM Team fera son retour en GT, avec une présence en Blancpain Endurance Series, et l’engagement de deux McLaren MP4-12C. Avant d’aborder un nouveau défi, Maurício Pinheiro nous parle de l’année écoulée, du passé, mais aussi de l’avenir.
Laurent Mercier : Maurício, la série Blancpain sera l’unique programme de ASM en 2012 ?
Maurício Pinheiro : « Ce sera notre objectif principal car c’est un championnat où nous pourrons profiter de toute l’expérience accumulée ces dernières années où nous étions présents avec succès sur des courses de 6 Heures en Le Mans Series. Si le programme Blancpain le permet, nous serons certainement engagés en Spanish GT. Nous attendons pour cela les calendriers définitifs pour clarifier notre programme. »
Est-il de possible de voir ASM dans des courses longues, telles les 24 Heures de Dubai ?
« Oui, Dubai fait partie de nos plans, mais seulement pour 2013, car n’aurons pas reçu les voitures à temps pour l’édition 2012. Nous travaillons également à prendre part à d’autres épreuves comme les 12 Heures de Abu Dhabi. »
Quand recevrez-vous les McLaren MP4-12C ?
« Nous devrions les avoir courant janvier. Nous sommes impatients de les recevoir et de les mettre sur la piste. »
Avez-vous une idée des équipages ?
« Nous sommes actuellement en plein recrutement. Notre objectif est de rouler en Pro-Am Cup et nous devrions dévoiler nos équipages lors d’une soirée de présentation en février. »
Pourquoi avoir choisi ce retour en GT ?
« Les courses GT ont un plus grand éventail pour rouler avec nos autos et nous sommes persuadés qu’avec l’expérience acquise en prototype nous permettra de faire la différence en GT. »
Surtout que ASM a un lourd passé en GT…
« Nous avons roulé en GT depuis 2003 avec un certain succès, alors le GT est loin d’être nouveau pour nous. Nous avons aligné des autos telles Porsche 911, Ferrari F430 et BMW M3. Avec tous ces modèles, nous avons décroché de bons résultats. En 2005 et 2009, nous avons remporté des championnats et nous avons systématiquement joué sur le devant. En 2004, nous avons terminé le championnat à la deuxième place, sachant que nous sommes allés rouler à Daytona, où c’était notre première expérience de 24 Heures. »
Alors pourquoi le GT3 et non pas le GTE ?
« Nous pensons que la catégorie GT3 est celle où il faudra être à l’avenir. Les constructeurs automobiles s’investissent en GT3 et les possibilités de faire rouler les autos sont nombreuses, avec de bons championnats et des courses en Europe. Les autos sont aussi bien équilibrées au niveau des performances, ce qui fait que le team peut faire la différence, sans que les coûts ne montent trop. »
Il est toutefois possible de revoir ASM en prototype à l’avenir ?
« Oui bien sûr ! Nous avons acquis beaucoup d’expérience au cours de ces six dernières années en prototype et nous voulons faire notre retour en 2013, mais il est encore trop tôt pour dire si cela se fera ou non. Nous serions ravis d’être à nouveau présent, mais il nous faudra un projet solide pour nous battre et décrocher les meilleurs résultats possibles. »
Vos saisons en Le Mans Series ont été très bonnes, spécialement avec le titre en 2009. Quel est le meilleur souvenir de cette présence dans la série Le Mans ?
« Nous avons connu de fantastiques années en Le Mans Series. C’est un championnat très bien organisé avec de bonnes équipes et c’était un honneur pour nous de faire partie de l’histoire de cette série. Le titre 2009 est certainement le point culminant de notre présence et nous ne l’oublierons jamais. Après trois ans passés en Le Mans Series, nous avons réussi à rafler le titre, avec 7 victoires et deuxième à deux reprises au général. Il y a eu aussi notre victoire sur nos terres de Portimao, toujours en 2009, où à deux tours de l’arrivée, nous avons connu un bris de suspension. Un autre moment particulier pour nous. »
La décision de passer en LMP1 était finalement la bonne ?
« C’est difficile de répondre à une telle question, mais nous avons pensé maintes et maintes fois à cet épineux sujet. Lorsque nous avons commencé à préparer notre saison, nous avons examiné différents aspects : réglementation, coût, les autres concurrents de la catégorie, etc… Puis, notre décision a été de venir en LMP1, car c’était la plus efficace. La saison a ensuite débuté et nous avons pu vite voir que notre compétitivité n’était pas là où elle aurait dû être. Nous avons lutté à chaque fois pour être performants et c’était pour nous une grosse frustration. En regardant les bons résultats que Greaves Motorsport a fait cette année avec une saison fantastique, nous aurions pu nous aussi être bien placés si nous étions restés en LMP2, mais le passage en LMP1 était la suite logique. »
Le manque de puissance a été le gros point faible ?
« Oui et non ! Certes notre moteur n’a pas été le plus fort et nous avons lutté avec un manque de couple dès le début de saison et les choses ont ensuite empiré. Je pense que c’est une conséquence des changements effectués chez Zytek durant l’hiver, ce qui n’a pas permis de faire de développement. L’autre problème a été l’aérodynamique où là aussi, il n’y a eu aucun développement. Malheureusement, ni ASM, ni Zytek n’avaient les moyens nécessaires pour faire du développement, alors que les autres constructeurs et équipes ont dépensé de l’argent dans ce secteur. Je pense que c’est plutôt cette combinaison de facteurs qui ont fait que cela n’a pas fonctionné cette saison. »
Quel avenir voyez-vous pour l’Endurance, avec l’arrivée des nouvelles technologies ?
« Je serai ravi que l’Endurance devienne encore plus une catégorie majeure que ce qu’elle est et je crois que l’arrivée du Championnat du Monde va permettre ce développement. Cependant, je pense que ce WEC n’est pas possible pour une équipe privée telle que la notre. En ce qui concerne les nouvelles technologies, nous ne pouvons pas être naïfs et penser que c’est possible d’avoir un réel équilibre des performances. On sait que cela implique beaucoup de facteurs. J’espère tout de même que l’équilibre sera meilleur avec les nouveaux constructeurs arrivant en WEC et au Mans, avec les « Essence » et les hybrides. »
Olivier Pla est un peu votre pilote fétiche. Quelques mots à son sujet ?
« Nous avons eu énormément de plaisir à travailler avec lui au cours de ces quatre dernières années. Il est rapide, constant et c’est un vrai compétiteur. Son retour d’informations a été d’une importance primordiale pour nous et Dunlop. Il a toujours développé ses opinions à 100%, et toujours dans la bonne direction. Au-dessus de ses capacités de pilote, c’est une personne fantastique et surtout un très bon ami. Nous luis souhaitons tout le meilleur possible pour l’avenir et je suis sûr qu’il va réussir car c’est l’un des meilleurs pilotes d’Endurance au monde. »
Miguel Amaral a également apporté beaucoup, avec une belle pointe de vitesse…
« C’est très certainement l’un des meilleurs gentlemen sur les grilles de départ. Nous ne pouvons pas oublier certaines de ses courses, comme à Spa l’année passée. L’Endurance est un effort d’équipe, et sans ses compétences de pilote, il aurait été impossible d’atteindre ces bons résultats. Nous le remercions également pour tout ce qu’il a apporté à ASM en s’impliquant comme il l’a fait, qui plus est dans une compétition de haut niveau et tout ce qu’il a pu montré durant ces années. »
Propos recueillis par Laurent Mercier