Initialement, Yann Clairay ne devait disputer que deux manches du Championnat du Monde GT1 chez Marc VDS Racing Team, en remplacement de Fred Mako, retenu en Intercontinental Le Mans Cup. Au final, le Lavallois aura roulé durant toute la deuxième moitié de saison, comme ce fut le cas l’an passé chez HEXIS Racing. On l’a vu aussi bien chez Marc VDS que chez Belgian Racing dès Portimao. Lors du dernier meeting de San Luis, les Ford GT n’ont guère brillé, sur un tracé qui ne convenait pas à l’auto. « Nous savions que le meeting argentin serait compliqué pour les Ford » confie Yann. « Il faut savoir que toutes les GT1 ont reçu des évolutions depuis l’année passée, exceptée la Ford. Il y avait encore quelques kilos en trop, ce qui fait qu’il faut se cracher dans les mains pour jouer sur le devant. Il nous a fallu faire un peu les épiciers. Cependant, le tracé de San Luis procure de bonnes sensations, même si je dois bien avouer que c’était plus facile avec l’Aston Martin. »
C’est donc au Portugal que Yann a rejoint le baquet de la Ford GT pour la première fois : « Dès la Course Qualificative, j’ai terminé 6ème, en compagnie de Maxime Martin. Être dans une telle équipe avec un coéquipier de la trempe de Max’ m’a permis d’apprendre encore pas mal de choses. J’ai poursuivi l’aventure lors du meeting suivant au Sachsenring, ce coup-ci chez Belgian Racing où je roulais avec Antoine Leclerc. Même si Belgian Racing est sous la coupe du Marc VDS Racing Team, l’équipe est toute nouvelle. Nous avons terminé dans les points en Allemagne, et toute la saison le team n’a fait que progresser. Pour moi, c’était un peu l’inverse de ce que j’ai connu l’an passé chez HEXIS où j’ai tout appris avec le soutien de Fred Mako qui a une solide expérience d’une GT et qui est rapide dans toutes les autos où il roule. Cette année, je suis arrivé dans une nouvelle équipe, mais en connaissant le championnat, ce qui fait que j’ai pu apporter ma pierre à l’édifice. »
Outre une présence en World GT1, Yann était également de la partie en Blancpain Endurance Series, au volant d’une Aston Martin DBRS9 alignée par HEXIS AMR, et partagée avec Julien Rodrigues et Pierre-Brice Mena. « Ma saison en Blancpain a été un peu frustrante » poursuit Yann. « Nous avons toujours eu une bonne auto, mais assez compliquée à piloter. La grosse satisfaction restera les 24 Heures de Spa, où nous avons bien failli terminer sur le podium. Ce fut tout de même une édition frustrante, car nous sommes passés tout près d’un résultat magique, avec une GT3 nettement plus ancienne que les autos de pointe. Contre toute attente, la fiabilité était là. »
Passer d’un championnat à l’autre n’est pas chose facile, car les règles sont différentes : « Chaque championnat a sa particularité. Le GT1, c’est comme la monoplace, dans le sens où avec une vingtaine d’autos en piste, il n’y a aucune question à se poser avec des manches d’une heure. Il faut aller le plus vite possible du début à la fin et avoir une concentration optimale durant la totalité du relais, car la moindre faute se paie cash. L’équipe a aussi un rôle crucial à jouer lors du ravitaillement. Dans la série Blancpain, la stratégie est plus présente avec en plus la gestion des éventuelles voitures de sécurité. »
La saison du Mayennais n’est pas pour autant terminée, avec une nouvelle pige en rallye : « Je serai présent dans une semaine au Rallye du Var, où je vais tout faire pour garder ma deuxième place dans le championnat Trophée Clio RS R3. Je fais du rallye pour le plaisir, même si l’objectif est de se battre pour les positions de tête. Pour le moment, cela fonctionne plutôt bien et je prends beaucoup de plaisir. » L’année 2012 devrait cependant se passer en majorité sur les circuits : « Mon souhait est de rouler en Championnat du Monde GT, ainsi qu’en Blancpain Endurance Series si j’ai une bonne opportunité. Le WEC est aussi une piste, mais les places sont chères. »
Propos recueillis par Laurent Mercier