Les Quatre Heures GT/Tourisme de Nevers-Magny-Cours ont sensiblement modifié la donne dans l’optique du Challenge GT/Tourisme 2011. Alors qu’on aurait pu penser que le titre se jouerait entre la Porsche 997 RSR IMSA Performance Matmut n°76 de Anthony Pons -épaulé à Magny-Cours par Raymond Narac et la Ferrari 430 GT2 du Visiom Racing de Thierry Perrier et Jean-Paul Pagny, avec Jean-Bernard Bouvet comme coéquipier dans la Nièvre, la couronne se jouera en fait à Estoril pour la Finale entre Anthony Pons, les détenteurs du titre 2010 Christophe Bourret et Pascal Gibon (Porsche 997 RSR IMSA Performance Matmut n°1) et également David Loger et Eric Mouez (Porsche 997 Cup Nourry Compétition n°3)- vainqueurs du Challenge 2009-, ces deux équipages étant revenus dans la course à Magny-Cours -dotée du coefficient 1,5-, Gibon/Bourret/Belloc ayant remporté l’épreuve et Loger/Mouez ayant fini troisièmes. En revanche, tout est fini cette année pour les vainqueurs du Challenge 2008, Thierry Perrier et Jean-Paul Pagny, dont la Ferrrari est entrée en collision avec la Porsche de Raymond Narac, qui ne pourraient même en cas de victoire au Portugal revenir sur Anthony Pons, l’actuel leader.
Avec 35 voitures au départ, la grille de départ de la course avait fière allure, avec des pilotes de grand talent : Jean-Bernard Bouvet, poleman avec la Ferari Visiom n°2, et Xavier Pompidou (MoslerMT900 Ruffier Racing n°5) en première ligne, Jean-Philippe Belloc (Porsche IMSA n°1) et Anthony Beltoise (Porsche 997 Cup S n°65) en deuxième ligne, Raymond Narac (Porsche IMSA n°76) et David Loger (Porsche Nourry n°3) en troisième ligne.
La Mosler de Pompidou prenait rapidement la tête, suivie de la Porsche RSR de Narac, la Porsche de Belloc, la Ferrari de Bouvet et la Porsche de Beltoise. Ce dernier devait cependant repasser rapidement par les stands après moins de dix minutes de la course et la Porsche était rentrée dans son box, radiateur cassé. Narac refaisait un peu son retard sur la Mosler mais Pompidou reprenait du champ tandis que Raymond Narac était désormais sous la menace de Jean-Philippe Belloc.
Beltoise reprenait la piste après 35 minutes de course. La Mosler continuait à dominer ce début de course et Pompidou bouclait son relais en tête avant de ravitailler au bout d’une heure et de passer le relais à Roland Bervillé qui repartait en 12ème position, alors que Narac était le nouveau leader.
Jean-Bernard Bouvet s’arrêtait à son tour peu après et Jean-Paul Pagny montait à bord de la Ferrari n°2. Un des tournants de la course survenait quelques instants plus tard, à la suite d’un contact entre la Ferrari, dont les pneus n’étaient pas encore à température, et la Porsche de Raymond Narac. Les deux voitures étaient sévèrement touchées. La Ferrari et la Porsche parviendront à rentrer au stand mais la F430 n’en repartira pas tandis que la Porsche, malgré un long moment passé à réparer, pourra reprendre la piste et permettre à Anthony Pons de marquer les points de la quatrième place dans la catégorie GTV1, points suffisants pour empêcher désormais à Thierry Perrier et Jean-Paul Pagny de viser la première place du Challenge 2011.
A la suite de cet accrochage, Belloc est un solide leader devant la Porsche 997 Cup S n°35 de Tony Samon. Belloc s’arrête au bout d’1h20 et cède le volant à Pascal Gibon. La Porsche Cup S n°36 de Manuel Ferreira, qui n’a pas encore ravitaillé, prend provisoirement la tête, pendant un tour, avant de passer elle aussi par les stands. La Porsche n°1 de Gibon retouve la première place, devant la Mosler n°5 de Roland Bervillé et la Porsche 996 RSR Polybaie n°14 de Bernard Moreau.
Pascal Gibon reste au commandement jusqu’à la fin de son relais. David Loger et la Porsche n°3 font un beau retour et prennent la troisième place, alors que Gabriel Abergel relaie Roland Bervillé sur la Mosler n°5 et que Andrea Belicchi est monté à bord de la BMW M3 du Düller Motorsport.
Christopbe Bourret remplace Pascal Gibon sur la voiture de tête après le cap de la mi-course. La Porsche n°1 est solidement ancrée en tête, qu’elle n’aura quitté que brièvement pendant cinq heures de course et les positions ne changeront guère d’ici l’arrivée.
Derrière la Porsche, la Mosler n°5 fait une superbe course, Xavier Pompidou établissant le meilleur tour en course en 1’41”447, chrono plus rapide que celui de la pole position. Un ultime safety car ne changera pas la donne, la Mosler terminant cependant très près de la Porsche n°1 après une très belle course du trio Pompidou/Abergel/Bervillé.
David Loger et Eric Mouez, troisièmes à un tour seulement des vainqueurs,, se relancent totalement dans la course au titre qui se jouera donc à Estoril.
Les résultats sont ici
Christophe Bourret, vainqueur à Magny-Cours, nous a donné quelques précisions.
Christophe, belle victoire, toi et Pascal, vous êtes maintenant relancés pour le titre…
« Oui, maintenant ça va se jouer entre nous, Anthony Pons, notre équipier chez IMSA, et David Loger et Eric Mouez. On va pouvoir attaquer, je préfère nettement essayer de décrocher la première place que de défendre une première place. Quand on défend une première place, on ne sait pas trop quelle tactique adopter, rester prudent, aller vite… »
Ceci dit, j’imagine que chez IMSA, avec deux voitures en course, vous allez faire une course d’équipe ?
« C’est sûr, l’objectif 2011, c’est d’abord de donner le titre à IMSA, et pour l’instant Anthony Pons est le mieux placé. Cependant, si sa voiture avait des ennuis, nous serions là pour assurer. »
Par rapport à la Cup S de Loger/Mouez, quelle est la différence ?
« Notre 997 RSR est bien bridée cette année, alors que la Cup S ne l’est pas, et elle doit avoir davantage de chevaux. Sur un tour, elle peut être plus rapide. Sur un relais, par contre c’est différent. La Cup S, par contre, doit manger davantage de pneus. »
Au niveau consommation, avantage à la Cup S ?
« Pas forcément, ça dépend comment on pilote. En conduisant régulièrement, et sans être trop agressif, on peut économiser 2 à 3 tours sur un relais, et sur une course de Six Heures, ça a de l’importance. »
La course s’est bien passée…
« Oui, en fait, après l’accident de Raymond Narac qui est arrivé très tôt dans la course, on est resté pratiquement toujours en tête. On a eu juste à appliquer le programme qui avait été établi par notre ingénieur. On a juste eu un peu peur en fin de course, avec le dernier safety-car, alors que la Mosler de Xavier Pompidou n’était pas moins derrière nous. Même si on pensait que Jean-Philippe avait les moyens de résister, avoir Pompon sur les talons, ce n’est jamais confortable et c’est même stressant. »
L’année a été belle, deux victoires en VdeV, au Mans et ici, et une deuxième place aux 24 Heures du Mans avec Larbre Compétition…
« Oui c’est une très belle année, et ce podium aux 24 Heures du Mans, c’est fantastique ! »
Propos recueillis par Claude Foubert