Dès son premier meeting en Blancpain Endurance Series, l’Alpina B6 GT3 décroche la pole, avec Dino Lunardi à la manœuvre. Titré (avec Alex Margaritis) récemment dans le relevé championnat ADAC GT Masters, le Nîmois poursuit donc sa belle saison avec une arrivée dans la série Blancpain où il roule avec Nikolaus Mayr-Melnhof et le jeune belge Dylan Derdaele. En qualifications, Dino a relégué l’Audi R8 LMS/Belgian Audi Club Team WRT à plus de une seconde.
Laurent Mercier : Dino, première course pour l’Alpina en Blancpain Endurance Series et une pole. Surpris du potentiel de l’auto ?
Dino Lunardi : « Je suis très content de cette performance, surtout que c’est nos débuts dans la série. Le but est de montrer le potentiel de l’Alpina B6 GT3. L’écart avec la concurrence est relativement important, mais cela s’explique par la configuration du tracé. Silverstone est une piste spéciale pour les voitures. Il n’aurait pas été possible de faire la même prestation sur un circuit comme Navarra. Si demain il pleut en course, la philosophie pourrait être différente. L’Alpina est incroyablement vite dans les virages rapides, tels Maggotts ou Becketts. »
Tu arrives ici l’esprit libéré avec le titre ADAC GT Masters. Comment s’est passé ta saison ?
« Ce championnat est terrible. Il y a beaucoup de teams très proches des constructeurs et le niveau des pilotes en piste est incroyablement élevé. J’ai beaucoup appris à rouler dans cette série, car tu n’as pas le droit à l’erreur. Tu lâches 0.1s en essais et tu perds de suite six places. A Oschersleben, il y avait 20 autos dans la même seconde avec 40 GT3 au départ. C’est LE championnat GT majeur de sprint. Il faut tenir compte du potentiel financier plus important en Allemagne. De plus, les courses sont diffusées en direct à la télévision, ce qui n’est pas négligeable. Il faut être un guerrier et faire sa place. La mentalité germanique est particulière. Ce sont des gens assez froids au premier abord, mais en les connaissant, tout se passe dans la bonne ambiance. En piste, c’est viril, mas il y a beaucoup de fair-play. Avec Reiter Engineering, nous avons croisé le fer durant toute la saison et là ils nous ont prêté du matériel afin que l’on soit présent. »
Alpina a beaucoup travaillé sur l’auto cet hiver ?
« Ils sont passés du moteur turbo au V8 atmo. Certes, il y a moins de couple, ce qui est compensé par une meilleure fiabilité. L’auto a aussi subi une belle cure d’amaigrissement. Elle fait dorénavant 1230 kg hors balance de performance. Tout a été revu : trains roulants, suspensions, etc… En fait, sauf la caisse, tout est nouveau. Son point fort reste sa charge aéro et son châssis long. Par exemple, à Assen nous étions très vite, alors qu’au Nürburgring, c’était l’inverse. Tout dépend des tracés. Notre force est qu’avec Alex (Margaritis), nous tournons quasiment au millième près. On se fait confiance mutuellement et personne ne tire la couverture à son avantage. Nous sommes amis maintenant. C’est un travail d’équipe et la complicité est parfaite. C’est aussi ce qui a fait la différence. »
Comment s’est passé ton arrivée chez Alpina ?
« Cet hiver, Andreas Bovensiepen m’a appelé pour me proposer un test à Hockenheim. C’était le déverminage de l’auto avec tout ce qui va avec. J’ai pu voir la motivation incroyable du team. J’ai ensuite roulé au Castellet où j’ai fait connaissance avec Alex. L’équipe a passé des nuits blanches pour développer l’auto tout au long de l’année. Ils sont très à l’écoute des pilotes. J’ai l’avantage de connaître la majorité des GT3 sur le marché. J’ai donc signé car je savais que je roulais avec un très bon pilote et voilà où nous en sommes, avec le titre en poche. »
Quel est l’objectif de l’engagement en Blancpain ?
« Comme tout constructeur, l’objectif est de vendre des autos et c’est ce qu’Alpina veut faire. Alpina veut montrer son savoir-faire. Ce n’est un secret pour personne qu’il y a un projet de World GT dans les cartons, même si rien n’est défini. »
En attendant la saison 2012, Dino retrouvera le Championnat d’Europe GT3 dans moins d’une semaine (Zandvoort), pour l’ultime rendez-vous de l’année où il sera ce coup-ci sur une Audi R8 LMS/ Saintéloc Racing Mister-Auto avec Jérôme Demay. Place ensuite à la dernière Etape du GT Tour au Castellet.
Propos recueillis par Laurent Mercier