Franck Morel arrive à Silverstone en leader de la Blancpain Endurance Series (Pro-Am Cup), en compagnie de ses coéquipiers Jean-Luc Beaubelique et Ludovic Badey. Vainqueur des 24 Heures de Spa dans sa catégorie, Franck est en passe de décrocher un premier titre international. En début d’année, le Revelois a rejoint le Team SOFREV-ASP de Jérôme Policand, où il évolue sur une Ferrari F458 Italia. Avant d’aborder cet ultime meeting de l’année, Franck revient entre autres sur son passé en compétition et sa belle saison au sein de l’équipe gersoise.
Laurent Mercier : Franck, peux-tu nous dresser ton CV en compétition ?
Franck Morel : « Déjà il faut savoir que je n’ai fait ni karting ni monoplace et je n’ai aucun réel passé en sport automobile. Début 2003, j’ai roulé en Coupe de France des Circuits avec une Porsche Gr F, sachant que mon père courait en Championnat de France de la Montagne. Le budget était raisonnable et l’ambiance très bonne. J’ai gagné le Groupe deux années de suite. En 2005, j’ai choisi une Opel Astra/Silhouette Gr A, toujours dans le même championnat, où je me suis imposé trois saisons consécutives. J’ai ensuite franchi un palier supplémentaire en disputant le Championnat de France GT, au volant d’une Dodge Viper Competition Coupe du Pouchelon Racing. J’y ai gagné deux courses, avec en prime six podiums, ce qui m’a permis de terminer 4ème du championnat. C’était une très belle expérience. L’année suivante, je n’ai quasiment pas roulé, avant que Jérôme (Policand) me propose de rouler l’an passé pour lui en Porsche Matmut Carrera Cup (Chpt B). La saison dans son team s’est très bien passée. La Porsche Cup était pour moi une découverte, et j’ai terminé 4ème du championnat avec quatre pole (B). »
« J’ai appris beaucoup de choses et c’était une saison très enrichissante à tous les niveaux. La structure de Jérôme est vraiment professionnelle. J’ai dû me familiariser avec cette ambiance professionnelle. Cette saison, la quantité de la Porsche Cup étant en baisse, j’ai donc décidé de poursuivre l’aventure avec Jérôme avec la Blancpain Endurance Series. L’entente avec Jean-Luc et Ludo est parfaite. »
Comment s’est passé ton début de saison ?
« L’auto est arrivée assez tardivement. L’expérience a débuté avec beaucoup d’inconnues car la construction des F458 a pris pas mal de retard. Depuis l’ouverture du championnat à Monza, nous avons montré que nous étions dans le coup. Rouler dans une telle série est pour moi très enrichissant car le plateau est très relevé. Il suffit de voir le nom des équipes et des pilotes pour s’en convaincre. La Ferrari F458 est fiable et performante. C’est pour moi une bonne année de transition, même si je compte bien poursuivre l’aventure dans ce championnat avec le Team SOFREV-ASP. Je sais que rouler en sport automobile est un privilège et je souhaite y passer de bons moments. C’est exactement ce que je vis cette saison dans le team de Jérôme. »
Tu es donc satisfait de la Blancpain Endurance Series ?
« SRO a réussi à créer un vrai championnat avec une entité bien à part. Je pense que ce fonctionnement Pro-Am va durer dans le temps, car ce sont souvent les « Am » qui amènent les fonds en sport auto. Ce serait juste bien d’avoir plus de courses de support de renom, un peu comme ce week-end à Silverstone. Ce n’était pas le cas à Magny-Cours, mais il ne faut pas oublier que ce n’est que la première année du championnat. Nous avons la chance d’être diffusé sur Motors TV et de rouler sur des beaux circuits. Un meeting supplémentaire serait toutefois le bienvenu. Des courses GT de trois heures, c’est l’essence même du GT avec ravitaillement, pneus, changement de pilotes, stratégie, etc… C’est exactement ce qui me plaît. »
Les 24 Heures de Spa restent un très bon souvenir avec cette belle victoire ?
« C’était carrément incroyable de nous imposer à Spa, avec une auto qui disputait sa toute première course de 24 heures. L’équipe a fait un gros boulot, sachant que le Team SOFREV-ASP a été le premier à recevoir une F458. Ce résultat est vraiment super pour Jérôme et si nous pouvons lui ramener le titre, ce sera encore mieux. J’ai quatre grands souvenirs à Spa, avec tout d’abord la parade en ville avec tous les amoureux du sport automobile. Il y a eu ensuite le premier relais de nuit avec le feu d’artifice. Mon troisième souvenir est plutôt négatif, car c’est ma sortie de piste où j’ai tapé le rail. Par miracle il y avait peu de dégâts et nous avons vite pu repartir. Le dernier grand moment restera le podium avec le champagne et le sourire de toute l’équipe. On se souviendra que c’est SOFREV-ASP qui a remporté les 24 Heures de Spa 2011 en Pro-Am Cup. »
Guillaume Moreau a joué le rôle de professeur à Spa ?
« Guillaume a apporté sa grosse expérience de l’endurance en nous briefant très bien. Il fallait à tout prix réduire le risque de pannes liées au pilotage agressif. Les quatre pilotes ont roulé avec une cale sous l’accélérateur et cela a payé. Nous n’avons pas rencontré le moindre problème durant la course. Spa est un circuit qui protège quelque peu les autos. »
On te reverra donc l’an prochain chez SOFREV-ASP ?
« J’aime bien travailler sur le long terme. Je préfère disputer un championnat complet que de faire un one shot et dire que j’ai participé à telle ou telle course. Le problème sur les courses de 24 heures est toujours le même, avec un budget important à réunir. J’ai eu la chance de terminer deuxième de la Porsche Cup en ouverture des 24 Heures du Mans, et je n’ai pas la prétention de dire que je vais rouler au Mans dans un an. En 2002, je ne savais pas ce qu’était un talon pointe ou un freinage dégressif. J’ai tout découvert en peu de temps. Je suis vraiment bien au sein du team de Jérôme, car c’est quelqu’un de raisonné et raisonnable. Je sais de toute façon que quoi qu’il prenne comme décision pour l’avenir, ce sera mûrement réfléchi. »
Propos recueillis par Laurent Mercier