Vous en avez maintenant l’habitude, à chacune de nos escapades lointaines, nous vous faisons part d’un carnet de voyage illustré. Nous n’avions pas prévu de vous faire part de notre aventure britannique lors des 6 Heures de Silverstone, mais devant notre vrai chemin de croix pour rejoindre la France, nous avons décidé de vous faire partager notre retour. On passera sur le fait d’une nuit sans sommeil le samedi pour cause de mariage très bruyant dans l’hôtel où Julie a été obligée de se rendre en furie à la réception à 4 heures du matin après avoir cogner la poubelle à plusieurs reprises dans le mur pour faire taire nos voisins. On passera aussi sur le fait de ne pas avoir été convié à un point presse où il a été question de la saison 2012, celui-ci organisé en catimini avec la présence de médias triés sur le volet. (?!?!?!?). D’où notre incompréhension et notre manque d’articles sur la course. Bref, venons-en à notre road movie…
Faisant voiture commune avec Guillaume Moreau, nous avons quitté le circuit dimanche vers 22h30 où le pilote de la OAK-Pescarolo était devenu co-pilote après une belle course du trio de la n°15 quelques heures auparavant. Arrivée à Luton à 23h05. Logeant à moins de 3 km de l’aéroport, nous nous donnons rendez-vous dans le hall à 5 heures, le temps de laisser la voiture de location, le vol étant à 6h45.
Croyez-nous si vous voulez, mais il nous a fallu une bonne trentaine de minutes pour faire les…2.4 km et ramener la voiture sans avoir fait le plein de carburant. Le timing devenait de plus en compliqué, car il nous a fallu attendre le bus de longues minutes. Guillaume émet l’hypothèse de partir à pied vers le Terminal. Heu… t’es gentil là, mais le Terminal est quand même à deux bons kilomètres tout de même. Bingo, le bus arrive ! Nous prenons tous les trois les meilleures places pour être les premiers à sortir. Seuls Guillaume et moi devions prendre l’avion de 6h45 vers Bordeaux, Julie devant prendre le sien un peu plus tard vers Genève. Au moment de démarrer, le bus s’arrête brusquement. Un enfant est malade et sort vomir. Encore quelques minutes de perdues… Le bus repart sans le moindre embouteillage. En arrivant au « round about », une longue file de voitures attend de tous les côtés. C’est carrément bouché ! Comment faire ? Le bus est arrêté mais pas moyen de sortir. Guillaume part amadouer le conducteur pour lui demander de nous ouvrir la porte. Pas moyen pour des questions de sécurité soi-disant. Pour ma part, je demande au gamin de dire qu’il est malade pour que les portes s’ouvrent. Pari raté ! Donc, nous prenons notre mal en patience jusqu’au prochain arrêt. De nombreuses personnes quittent les taxis pour partir et faire les derniers mètres au pas de course. L’heure tourne ! Il est 6h05 et le comptoir d’embarquement ferme à 6h15. Heureusement pour nous, l’arrêt de bus arrive et nous sautons illico presto sans prendre le temps de dire au revoir à Julie. Plein gazzz ! Guillaume prend sa valise à roulettes et part en trombe. Un vrai départ de course. J’en fais de même. Le pilote de la OAK-Pescarolo n°15 m’ouvre la route en se frayant un chemin entre d’autres piétons. J’essaie de suivre tant bien que mal, mais si le Limousin est en LMP1, ce n’est pas mon cas. Il faut tenter des dépassements aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Un relais d’anthologie.
Guillaume arrive logiquement le premier au comptoir d’enregistrement. J’accuse pour ma part un retard de quelques secondes. Pas moyen de s’enregistrer sans passer par le comptoir d’accueil. Nous nous y rendons le plus vite possible mais en vain. Il est 6h21, soit un retard de 6 minutes. Nos espoirs s’envolent (c’est le cas de le dire) et il faut trouver une solution. Julie arrive pour sa part dans le Terminal et il lui reste quelques minutes pour s’enregistrer. Essai transformé ! Pour nous, c’est retour au guichet Easy Jet. L’hôtesse nous explique que la seule solution est de nous rendre à Londres Gatwick, situé à deux heures de là. La bonne blague me coûte 200 euros de plus avec le vol et un nouveau billet de train, mais il faut trouver une solution pour nous y rendre (il est 6h45 et le vol est à 13h10). Nous nous rappelons que Olivier Pla devait partir de Gatwick. Nous lui laissons donc un message, Olivier récupérant de sa folle course de la veille. Le temps de boire un café (ou plutôt la cafetière), Olivier rappelle. Etant toujours dans les environs de Silverstone, il est d’accord pour passer nous chercher. Si en temps normal il faut une quarantaine de minutes pour faire Silverstone/Luton, les embouteillages ont augmenté le temps de conduite de notre chauffeur. Nous l’attendons autour du rond-point de l’aéroport. Point de voiture de sport pour Olivier, mais une bonne Opel Corsa limite tuning : bandes rouges sur les sièges avec sculptures de pneus sur la sellerie. Pas un foudre de guerre la GT, mais largement suffisant pour se rendre à Gatwick. Avant de quitter Luton, Guillaume a pris le temps de regarder sur Internet la circulation en temps réel dans la banlieue londonienne. Un seul point rouge à l’Ouest de la Capitale britannique. Nous empruntons la M1, mais au bout de 200 mètres, embouteillage monstre. Par chance, le GPS d’Olivier est équipé de la circulation en temps réel. Direction donc une petite route de campagne en traversant un petit village où nous sommes encore arrêtés par un bouchon. C’est quand même dingue ce pays où on passe plus de temps arrêté qu’à rouler.
Nous rejoignons plus loin l’autoroute avec encore et encore des embouteillages. Deux mètres et on s’arrête. On repart pour 100 mètres et nouvel arrêt. Heu… ce n’est pas le tout les amis mais le temps tourne. On a beau être avec deux pilotes, la route n’est pas un circuit, mais de bons réflexes peuvent éviter l’accident. On a bien failli harponner un camion transportant des chevaux, son conducteur n’ayant à aucun moment regarder dans ses rétroviseurs, ni même mis le clignotant. Le freinage d’urgence nous sauve. Nous poursuivons notre route vers Gatwick avec de multiples arrêts sur la voie de droite. Champagne, l’aéroport est en vue. Nous arrivons à 100 mètres de la barrière pour ramener la voiture d’Olivier et nouvel embouteillage. La malchance nous poursuit. Nous stationnons la Corsa (sans avoir fait le plein de carburant) en laissant les clés directement sur le comptoir. Allez c’est reparti pour un sprint à trois, même si Olivier a un peu plus de temps devant lui. Nous arrivons au comptoir Easy Jet et là une longue queue nous attend. Mais ça va se terminer quand… Nous nous glissons dans la file, tout en expliquant que nous sommes un peu « short » niveau timing. Le vol décolle à 13h10 et il est 12h. Nous demandons à passer en priorité mais en vain. C’est reparti dans la file pour seulement dix minutes puisque l’on appelle les personnes volant vers Bordeaux. Tout ça pour ça. On force le passage pour arriver au seul guichet « Priority ». Et là encore un problème avec deux personnes en délicatesse avec leurs bagages. On attend, on attend encore et on attend toujours… Nous arrivons au guichet tandis que Olivier attend son vol vers Toulouse. Le temps de le remercier du road movie londonien, nous repartons au pas de course vers la porte d’embarquement, mais avant cela, il faut passer les contrôles de sécurité. Nous enlevons ceinture, téléphone, monnaie, Mac, etc… Guillaume passe sans encombre, mais le portique se met à sonner à mon passage. C’est parti pour une fouille de tous les vêtements avant de donner les chaussures pour une vérification de sécurité. On perd encore quelques minutes mais ça passe. Allez, c’est bon ! Plus rien ne viendra entraver notre retour en France. Arrivée à Bordeaux à 15h45. Moi qui ne suis pas un fan de l’avion et qui fêtait mon 50ème vol depuis 2007, j’ai décidé de louer un pédalo pour aller au Petit Le Mans. Guillaume et Olivier, vous êtes du voyage ? Je pars dans deux heures…
Laurent Mercier