Blancpain Endurance Series

Ludovic Badey face à l’actu "gentleman driver"…

thumbnail
0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Durant plusieurs saisons, Ludovic Badey a fait partie du peloton de la Porsche Matmut Carrera Cup. Changement d’orientation cette année avec deux programmes GT, l’un en France avec le GT Tour et le second à l’échelon international avec la Blancpain Endurance Series, ces deux engagements se faisant au sein du Team SOFREV-ASP de Jérôme Policand. Ludo fait partie des vrais gentlemen drivers, même si on pourrait sans aucun doute le placer dans le clan des professionnels du pilotage. Il n’est pas rare de le voir lutter contre les pros. A l’heure où justement les gentlemen drivers sont si décriés, le pilote SOFREV-ASP prouve qu’il ne faut pas généraliser avec un talent indéniable. Entretien avec le plus pro des gentlemen, vainqueur des 24 Heures de Spa en Pro-Am Cup et leader du championnat en compagnie de Jean-Luc Beaubelique et Franck Morel…

 

Laurent Mercier : Ludo, les pilotes qui arrivent de la Porsche Cup sont souvent dans le coup en GT. C’est une bonne école ?

Ludovic Badey : « J’ai trois saisons de Cup derrière moi. Cela m’a beaucoup aidé sur le plan de la finesse de pilotage. Sur ces autos, la fenêtre d’utilisation est petite. Un pilote qui est bon en Cup sera bon dans n’importe quelle GT. On a pu le voir notamment avec Richard Westbrook, qui maintenant pilote avec succès une Corvette ou une Nissan. »

 

Pourquoi avoir choisi le GT ?

« Il y a un âge pour tout. A 30 ans passés, le vrai sprint n’avait plus grand intérêt pour moi. Il faut à chaque fois se battre pour aller chercher le dernier dixième et je n’en ai pas forcément les capacités. C’est ça aussi qui fait la différence entre un gentleman et un professionnel. Avec l’âge, on aspire plus trop à ça. »

 

Le but est donc de se faire plaisir ?

« Oui car j’ai un métier à côté. Le format des manches de trois heures en Blancpain est bon. J’apprends un tas de choses comme les changements de pilotes. Attention car se faire plaisir ne veut pas dire de ne pas avoir une approche professionnelle. Disputer les 24 Heures de Spa a été très positif, surtout que nous avons remporté la catégorie. Je suis ravi de rouler chez SOFREV-ASP. Quand Jérôme a décidé ses programmes, je ne me suis même pas posé la question de savoir où j’allais rouler. Le prochain objectif sera de prendre part aux 24 Heures du Mans, en 2012 ou 2013. »

 

Les gentlemen drivers sont souvent décriés. Quel est ton sentiment sur le sujet ?

« Selon le moi le terme gentleman est mal utilisé. Un gentleman est quelqu’un qui a réussi sa carrière professionnelle et qui décide de consacrer du temps à sa passion. Les professionnels ont débuté très tôt en compétiton. Pour ma part, j’ai débuté en 2002 et je n’ai que 30 ans. Certains s’achètent une bulle de course. Je pense que la règle des 107% devrait être appliquée, notamment au Mans. Si demain on devait appliquer cette règle, les gentlemen feraient plus de tests avec une meilleure préparation. En GT cela peut encore aller, mais la donne est totalement différente en prototype. C’est une dimension qui est bien au-dessus. J’ai la chance d’avoir les moyens et d’être dans une très bonne équipe. A aucun moment, je me suis dit que je devais aller rouler en Formule 3 ou dans une autre série monoplace. Il ne faut surtout pas griller les étapes. Le GT est un pilotage qui me convient bien. »

 

Tu es donc l’exemple parfait du gentleman driver ?

« A chaque fois que je viens sur un circuit, je suis comme un gosse. Un gentleman doit monter dans l’auto par passion et non par obligation. Il ne faut pas aller au-dessus de ses propres performances. Cela ne sert à rien de se forcer, sauf à se mettre en danger. Personnellement, quand je suis dans un paddock je suis toujours émerveillé. Je suis présent par pure passion, même si l’objectif est toujours de figurer du mieux possible. Je n’ai pas besoin de communiquer et de faire des communiqués de presse. Un professionnel se doit d’être disponible pour la presse ou les relations publiques. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

Publicité

0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Publicité

Sur le même sujet