Vous avez l’habitude d’entendre les pilotes parler de sport automobile uniquement et principalement de leur discipline de prédilection. Nous allons bouleverser un peu les habitudes avec des questions qui portent sur d’autres domaines. Ce sont les pilotes du Team SOFREV-ASP qui vont se prêter au jeu au fil des semaines avec un face à face avec l’actu. Vous aurez notamment droit à « Patrice Goueslard face à l’actu musicale », « Jean-Luc Beaubelique face à l’actu économique », « Julien Jousse face à l’actu monoplace », « Olivier Pla face à l’actu Endurance ». Bien entendu, Franck Morel et Ludovic Badey n’y couperont pas, tout comme Jérôme Policand. Débutons par Guillaume Moreau, seul renfort de l’équipe gersoise pour la classique spadoise, les autres pilotes étant présents en GT Tour ou en Blancpain Endurance Series. Premier épisode donc, avec « Guillaume Moreau face à l’actu sportive ».
Laurent Mercier : Guillaume, commençons ce face à face avec l’actu sportive avec le Tour de France qui vient tout juste de se terminer. Tu as suivi la Voeckler mania ?
Guillaume Moreau : « Chaque année je regarde le Tour à la télévision. Là, j’ai principalement suivi de près la dernière semaine. C’est clairement un des plus beaux tours de ces dernières années. On a pu voir que même les leaders ont accusé le coup. Il est vrai que la lutte contre le dopage est de plus en plus là, ce qui donne des belles bagarres. Ce n’était pas spécialement le cas lors de l’époque Indurain ou Armstrong. Le ménage a été fait et comme on retrouve pas mal de Français aux avant-postes. Tous les meilleurs ont connu un moment sans, aussi bien dans les Pyrénées que dans les Alpes. La révélation a sans conteste été Pierre Rolland avec de multiples attaques, dont à l’Alpe d’Huez. Thomas Voeckler, on le connaissait déjà, mais il s’est aussi révélé comme un favori possible pour le Tour. Il ne lui aura pas manqué grand-chose. »
« Pour moi le vélo c’est Raymond Poulidor, même si nous ne sommes pas de la même génération (rires). J’ai passé toute mon enfance à St Léonard-de-Noblat, dans la commune où réside Raymond. Dans le cadre de mon partenariat avec la Région Limousin, je conduis une voiture VIP lors du Tour du Limousin. Pour ce qui est de la pratique du vélo, je fais uniquement du VTT. J’ai toujours été admiratif des cyclistes, vu les efforts fournis. Il y a aussi beaucoup de moyens pour la présentation des équipes. C’est aussi un exemple pour le sport automobile. »
Selon toi, le dopage est donc moins présent en cyclisme et dans les autres sports ?
« Disons qu’il est bien plus contrôlé. Le dopage ne gangrène pas le sport auto, car il y a plus à gagner sur la voiture que sur le pilote. Si tu dois tricher, c’est sur la voiture, pas sur celui qui est derrière le volant. C’est bien que la lutte contre le dopage se soit intensifiée en cyclisme. Il faut ouvrir les yeux et non les fermer. Nous aussi avons une liste de produits médicamenteux à ne pas prendre, sauf avis médical justifié. Pour mon cas, mon dernier contrôle remonte à 2003. »
Mis à part le vélo, tu suis également le basket avec le CSP Limoges ?
« Comment ne pas s’intéresser de près au basket en étant Limousin. Certains sont fans de l’OM ou du PSG. Moi je suis fan du CSP Limoges. C’est actuellement une période compliquée pour l’équipe avec une relégation en Pro B. Toutefois, il ne faut pas oublier que c’est le club le plus titré d’Europe. Limoges a vraiment une culture basket. Ce club fait rêver et a marqué l’histoire. Je suis ami avec le Président Frédéric Forte. Dès que j’ai le temps, je vais voir les matchs. »
« Si Vettel continue à ce rythme, ça peut vite devenir lassant. Pour moi il n’est pas au-dessus du lot. Sa grande force est de bien savoir s’entourer. Il ne laisse rien passer. J’ai un très bon souvenir de lui lorsque nous roulions dans le même championnat. C’est quelqu’un de humble et intelligent. Il est très mature pour son âge. Pour moi, il fait partie des trois meilleurs, avec Alonso et Hamilton. Déjà à l’époque, Sebastian était impressionnant. Il a fait l’effort d’apprendre le Français tout seul. En tant que pilote automobile, je ne peux que regarder la F1. C’est tout de même la discipline reine. »
Tu t’intéresses également au rallye ?
« J’aurais aimé faire du rallye. Le Limousin est une région qui s’y prête. Tout le monde m’y voyait. C’est une belle et spectaculaire discipline. On ne peut que remercier Seb Loeb pour tout ce qu’il a apporté. La relève est d’ailleurs bien là avec un autre Seb (Ogier). J’ai toujours pensé que Sordo n’avait pas le niveau d’un Loeb. Chez Citroën, chacun joue sa carte avec le patron de Citroën Sport au milieu. Ogier est le futur. Il y a deux pilotes surdoués, l’un a fait ses preuves et l’autre veut démontrer qu’il est le meilleur. Cela redonne du spectacle à la discipline. J’ai toujours voulu ouvrir le Rallye du Limousin, mais à chaque fois il y a un clash de date avec une épreuve circuit. Dès que j’en aurai l’opportunité, je la saisirai. »
Si tu pouvais dîner avec un sportif en général, ce serait qui ?
« J’aurai bien voulu partager un moment avec Ayrton Senna. Ce n’est malheureusement pas possible. (Ndlr : Guillaume réfléchit longuement). En fait, la personne avec qui je souhaiterais faire un repas, ce serait Luc Alphand. Bien entendu, cela s’est déjà fait à de nombreuses reprises. C’est quelqu’un qui m’impressionne toujours autant. J’ai passé de bons moments avec lui. Il n’a pas mis longtemps à se mettre au sport auto et je ne doute pas une seconde qu’il va en être de même avec la voile. Luc me correspond bien. Pour info, si Luc veut dîner avec moi, il a mon numéro (rires). Qu’il me rappelle et on organise cela… »
Propos recueillis par Laurent Mercier
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