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Réflexion personnelle sur l’avenir des catégories GT, part 3…

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Lancée en 2006 avec un Championnat d’Europe, la catégorie GT3 a fait depuis des émules dans bon nombre de pays, pour être actuellement la catégorie à la mode. Chaque marque a maintenant sa propre GT3. On se souviendra qu’en 2006, pas mal d’observateurs ont vu dans les GT3 de simples autos de route bodybuildées par le premier tuneur du coin. Ce temps-là est bien révolu avec de réelles autos de courses développées directement par les constructeurs. Audi a ouvert la voie avec sa R8 LMS, suivi depuis par Mercedes, BMW, Porsche, Ferrari, McLaren ou Aston Martin. Nissan doit bientôt arriver avec sa GT-R et il se murmure que Lexus pourrait en faire de même. Pour ce qui est des Corvette et Lamborghini, pas de développement officiel, mais Callaway et Reiter Engineering ont mis les Z06 et Gallardo LP600 sur le devant la scène.

 

Faut-il y voir l’arrêt programmé des GT2 pour laisser la voie aux GT3 ? Si à l’origine le coût des autos étaient maîtrisé avec un prix de base abordable pour des teams privés, la donne commence à changer avec des sommes bien trop élevées en ces temps de crise économique (même si les prix sont bien inférieurs aux GT1). Pourtant, on ne peut pas dire que les constructeurs peuvent se plaindre avec pléthore de Mercedes AMG SLS vendues. Idem pour la McLaren MP4-12C où 20 autos ont déjà été vendues à plus de 300 000 euros l’unité. On est bien loin des voitures pour des pilotes qui veulent juste se faire plaisir le dimanche. Avec des chronos quasiment similaires aux GT2 et à environ 5 secondes des GT1, les GT3 sont en train de supplanter les GT2 sachant que la seule série où elles peuvent s’exprimer conjointement est l’International GT Open. Après le flop du Championnat d’Europe GT2, place aux GT3. Une fois de plus Stéphane Ratel peut se vanter d’avoir été précurseur en la matière car là où certains ont crié au scandale avec l’arrivée de ces nouvelles GT, lui a su développer la chose pour en faire quelque chose de relevé, si bien qu’une bonne cinquantaine d’autos vont se retrouver sous peu dans les Ardennes belges pour les 24 Heures de Spa. Bien malin qui pourrait d’ailleurs prédire la pole de cette 63ème édition…

 

Pourtant tout n’est pas parfait avec une Balance de Performance faillible et des catégorisations de pilotes à l’emporte-pièce. Il n’est pas rare de voir un pilote faire ce qu’il peut pour se faire « dégrader » afin de rouler avec tel ou tel. Pour ce qui est de la Balance de Performance, on finit par s’y perdre avec des réajustements en cours de saison, voire même en cours de meeting (ndlr : 24 Heures du Nürburgring). Le poids est l’ennemi des autos et les sacs de ciment sont de plus en plus nombreux dans les habitacles. Si en GT1, tout est maintenant bien cadré avec un réel équilibre et un boîtier ECU unique, ce n’est pas encore le cas en GT3, et ce dans les divers championnats.

 

En GT Tour, David Hallyday prend 12 secondes sur un meeting compte tenu de son niveau, mais les 12 secondes ne sont plus effectives le meeting suivant. On met du poids aux Ferrari, alors qu’elles n’ont pas encore atomisé la concurrence. En Championnat d’Europe GT3, les BMW Z4 semblent survoler les débats, avec heureusement pour la concurrence des équipages moins homogènes que dans les autres équipes de pointe. Les championnats nationaux sont en tout cas bien garnis de GT3, avec un avantage à l’ADAC GT Masters. Normal me direz-vous avec une majorité d’autos allemandes.

 

L’American Le Mans Series a ouvert une brèche en acceptant les GTC. Dès 2012, les Le Mans Series emboîtent le pas avec les Porsche Cup et autres Ferrari Challenge. Tant que les grilles seront ouvertes aux GT2 il y a peu de chance de voir débarquer les GT3 dans les séries les plus prisées, mais combien de temps les organisateurs pourront se passer des marques les plus prestigieuses. Tout simplement lorsque ces marques ne proposeront plus de GT2. De plus, on devrait voir une bonne partie de ces GT3 en Championnat du Monde GT l’an prochain, avec quelques évolutions. On sait que certaines marques ne sont pas directement intéressées, mais plusieurs initiatives privées pourraient voir le jour.

 

L’avantage des GT3 est que les équipes peuvent rouler dans plusieurs championnats afin d’amortir le coût d’exploitation. C’est le cas notamment du Graff Racing, de Black Falcon ou du Team SOFREV-ASP. En début d’année, la Blancpain Endurance Series semblait promise à un bel avenir, avec des GT3 enfin alignées sur des courses d’endurance. Après deux meetings, la série tient le cap, en attendant l’arrivée de nouvelles autos, telles les Mercedes, McLaren et Nissan. Sur le papier, tout est clair, avec aucune catégorisation de pilote exigée en Pro Cup. On voit pourtant des pilotes Pro-Am Cup venir titiller les professionnels, à l’instar de Ludovic Badey, Matt Griffin ou Andrea Barlesi. Cette série permet également à des teams de faire leurs gammes en endurance, comme HEXIS Racing ou Faster Racing. Les grincheux diront que les GT3 ne sont « que » des GT3 et qu’elles s’apparentent plus à des voitures de route améliorées, mais ces dits grincheux n’ont certainement jamais vu de près une SLS GT3 ou une MP4-12C GT3. On est à cent lieues d’une « vulgaire » GT de route. En ces temps de crise économique, les GT3 sont les bienvenues, mais attention tout de même à l’augmentation des prix, car 300 000 euros par les temps qui courent, ce n’est pas rien. Pourtant, les autos se vendent aussi bien que des Dacia Duster. La crise ? Quelle crise ?

 

Laurent Mercier

 

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