Si le Manthey Racing a de nouveau défrayé la chronique en remportant pour la 5e fois en 6 ans les 24h du Nürburgring, l’écurie, basée à Meuspath, n’est bien évidemment pas la seule à s’être mise en évidence. Loin s’en faut ! Ainsi, même si les Golf24 alignées par VW Motorsport ont toutes trois été contraintes à l’abandon (problèmes de boîte pour la #35 et la #235, sortie de Mortara pour la #135), elles n’en ont pas moins assuré le show, René Rast, Franck Mailleux, Peter Terting, Thomas Mutsch, Johnny Herbert et consorts gratifiant le public de quelques passages de très haut vol.
Vu le potentiel affiché par la bête, il serait d’ailleurs regrettable que cet engagement, initié à la base afin de célébrer les 35 ans de la GTI, ne trouve pas un prolongement dans le futur. Comme on le pressentait, les deux VW Scirocco officielles, carburant au gaz naturel, de Sainz-Al Attiyah-de Villiers-Niedzwiedz et Niedzwiedz-Ickx-Wyss-Ostmann ont fait preuve d’une impressionnante régularité afin de signer un imparable doublé en classe AT.
Les rois du désert se classant en outre à une probante 26e place au général. Très spectaculaires également, les Audi TT RS, engagées par le Raeder Motorsport, ont connu des fortunes diverses. Ainsi, si la #126 de Hohenadel-Johansson-Molina devait se contenter du 60e rang, en revanche la #125 de Amermmüller-Biela-Klingmann-Tomczyk décrochait une splendide 14e place tout en remportant haut la main la classe SP4T.
De son côté, la Subaru Impreza WRX de Yoshida-Sasaki-Engels-van Dam a signé une remarquable prestation. Tournant comme une horloge, elle a survolé la classe SP3T tout en s’assurant une bien belle 21e position au scratch. Quant aux Lexus LF-A du Gazoo Racing, si elles pêchent toujours par leur fiabilité, elles ont cependant effectué de jolis progrès en terme de performance. Les coupés japonais, à la bande son si caractéristique, régalant les spectateurs par un fameux sens du panache, quand bien même Iida-Ishiura-Oshima et Kinoshita-Lotterer-Wakisaka ne se classent respectivement que 41e et 134e.
Bien plus proches de la série, les Aston Martin Zagato de Bez-Schlubauer-von Saurma-Marsh (89e) et Porritt-Meaden-Cate-Mathai (111e) sont venues à bout de leur premier double tour d’horloge. Plutôt prometteur même si nous préfèrerions voir le constructeur britannique s’engager avec une monture susceptible de jouer les tous premiers rôles. Très en vues en VLN, les BMW 330 IM du Live-Strip Racing ont confirmé leurs excellentes dispositions en décrochant un superbe doublé en classe SP5, les quatuors Plentz-Neuser-Kappeler-Seher et Jelinski-Seher-Grüner-Strack se classant en outre aux 29e et 33e positions.
Victorieux des 24h en 1996 et 1997, le Scheid Motorsport avait, la mort dans l’âme, dû faire l’impasse sur l’édition 2010. L’Eifelblitz a toutefois pleinement réussi son come-back, sa superbe BMW M3 GT4, confiée à Rostek-Simonsen-Landmann-Kräling, remportant la victoire en SP10 tout en décrochant le 30e rang absolu.
Coup de chapeau également à la doyenne du peloton, à savoir l’Opel Manta de Strycek-Beckmann-Hass-Schulten, qui se classe 129e sans pour autant avoir amusé le terrain. Outre Romain Dumas et Franck Mailleux, de nombreux tricolores étaient au départ du double tour d’horloge de l’Eifel. Et, comme souvent, c’est Stéphane Caillet qui s’est mis le plus en évidence. Associé à Alex Prémat et aux Allemands Michael Bohrer et Jürgen Nett, il décroche, non seulement, une excellente 54e place mais, en sus, il offre au Team Peugeot RCZ Nokia un nouveau succès en catégorie diesel. Moins de réussite pour la seconde RCZ de Prémat-Cochet-Jouanny-Caillet, contrainte à l’abandon en fin de nuit suite à un contact avec un concurrent en perdition.
S’il a dû s’habituer au maniement du levier de vitesse situé à gauche sur la BMW M3 des Britanniques Povey-Shepard-Martin, Eric van de Vyver n’en a pas moins réalisé une solide prestation, décrochant une fort belle 2e place en classe SP6. En dépit de soucis de boîte de vitesse en tout début d’épreuve, Pierre de Thoisy, Thierry Depoix et Philippe Haezbrouck (BMW M3) complètent le podium de cette même catégorie.
Quant à Jean-Paul Pagny, Dominique Nury, Bernard Salam et Jean-Marc Rivet-Fusil (BMW 130I), ils échouent aux portes du top 100 tout en se classant bons 5èmes de la relevée classe SP5, soit deux rangs devant la BMW M3 de Patrick Trucco. Epaulés par l’Allemand Harald Rettich, René Wolff, Fabrice Reicher et Pascal Bour se dirigeaient vers une jolie 5e place en classe V6 lorsque le dernier cité, à moins de trois heures de l’arrivée, tapait violemment le mur du pont d’Adenau. Bien que salement amochée, la BMW M3 du Lingmann Motorsport parvenait, après à une longue réparation, à reprendre la piste et croisait le drapeau à damier au 8e rang de sa catégorie. Rageant !
Enfin, soulignons le travail de titans réalisé par Bruno Gobert et Michel Delvaux, les deux seuls mécaniciens en charge de la Renault Clio des Belges Jacky Delvaux, René Marin et Bruno Beulen. Ceux-ci sont parvenus à résoudre une litanie de problème (embrayage, direction assistée, roulements de roue arrière) afin de permettre à la petite Française de franchir la ligne d’arrivée. Bien que non classée, la célèbre Clio grise, aux pneus conventionnelles, est une nouvelle fois venue à bout de l’enfer vert. Et c’est bien là l’essentiel pour cette sympathique équipe.
Mentionnons au passage le très joli geste d’un mécanicien allemand, présent dans le box de la petite écurie belge, lequel a mis tout en œuvre afin d’aider celle-ci à dénicher, samedi sur le coup de 21h, un disque d’embrayage dans un garage Renault situé à Adenau ! Mieux, après chaque intervention menée à bien (et dieu sait si elles ont été nombreuses), les membres de l’East Belgian Racing Team se voyaient applaudir par l’ensemble de leurs collègues en fonction dans le stand !
Voilà qui illustre à l’envi l’excellent état d’esprit régnant dans cette épreuve hors du commun où, en dépit des intérêts financiers sans cesse grandissant, le plaisir demeure prépondérant. Contrairement à ce qu’énoncent certains esprits chagrins, la cohabitation entre professionnels chevronnés et simples amateurs est bel et bien possible. Preuve en a été faite les 25 et 26 juin derniers dans cette magnifique région de l’Eifel.
Fabrice Bergenhuizen