On connaît Vincent Vosse pilote et team manager. On peut aussi lui rajouter un don de voyance. Il y a maintenant deux ans, nous avions eu une longue discussion avec lui concernant l’avenir des 24 Heures de Spa. A cette occasion, il nous faisait part de son étonnement de ne pas cantonner le double tout d’horloge spadois aux GT3. Deux ans plus tard, son vœu est exaucé, l’édition à venir s’annonçant dantesque. Lors du GT Tour au Val de Vienne, Vincent nous a reçu, un œil rivé sur les écrans diffusant les 24 Heures du Nürburgring avec le suivi des Volkswagen Scirocco. « Tu vois, cela aura mis deux ans avant que cela se réalise » commence par nous dire Vincent avec un large sourire. « Je savais que les 24 Heures de Spa seraient le terrain de jeu des GT3. Avec plus de 70 autos prévues, la course s’annonce grandiose et surtout indécise. Je défie quiconque de trouver la grille de départ. On ne compte plus les favoris et les marques qui peuvent l’emporter. Le niveau de pilotage est très relevé, plus que jamais. Tout est réuni pour que cette course rentre dans l’histoire. Au Mans, tu peux trouver les quatre ou cinq premières lignes sans te tromper. Mais là c’est carrément impossible, avec Audi, BMW, Porsche, Ferrari, Mercedes, McLaren, Lamborghini, Aston Martin, etc… Je dois bien avouer que sur ce coup, j’ai fait partie des précurseurs (rires).
A Spa, le team WRT prendra l’appellation de Audi Sport Team WRT : « Audi s’implique fortement pour cette course. C’est un des programmes officiels de la marque aux Quatre Anneaux, avec Le Mans, le DTM et le Nürburgring. C’est la première fois que Audi s’implique à ce point à Spa. Nous ne serons pas les seuls, car il ne faut pas oublier Audi Sport Team Phoenix. Notre équipe habituelle fera rouler les autos, avec le renfort de Audi Sport. Pour nous préparer au mieux, nous serons au Test Day avec tous les pilotes. » Du côté des équipages, Audi Sport Team WRT ne fait pas dans la dentelle, avec deux équipages de haut vol. Bert Longin, Filipe Albuquerque et Stéphane Ortelli se partageront une Audi R8 LMS, tandis que la voiture sœur sera confiée à Greg Franchi, Timo Scheider et Mattias Ekström. De quoi jouer à coup sûr les premiers rôles dans les Ardennes belges…
En attendant de voir l’équipe sur ses terres, WRT était engagé en GT Tour au Val de Vienne avec l’Audi R8 alignée sous la bannière Team Audi France pour la paire Ortelli/Hallyday. Actuellement troisième au championnat, le duo a terminé sur la dernière marche du podium lors de la Course 1 malgré une pénalité de 12 secondes, David Hallyday étant considéré comme pilote « B » trop rapide. L’équipage n’a pas ménagé ses efforts en piste, mais avec un handicap de 12 secondes à marquer au stand, toute victoire était impossible. Vincent revient sur le début de saison GT Tour : « Nous nous sommes défendus de cette pénalité de 12 secondes, mais nous n’avons pas été entendus. J’espère juste que le règlement sera appliqué pour tout le monde jusqu’à la fin de saison. La France compte de très beaux circuits et les courses sont animées. Les courses peuvent être palpitantes sans ces pénalités. Cela fausse quelque peu la donne. Les pilotes se donnent à fond. David (Hallyday) est le même pilote qu’en 2010, tout comme Eric Debard ou Patrick Bornhauser. Nous sommes obligés de faire avec. »
En fin de semaine, WRT sera à Navarra pour une nouvelle manche du Championnat d’Europe GT3. Après la belle victoire stratégique de Greg Franchi et Enzo Ide à Portimao, Vincent et les siens comptent bien renouer avec les premières places : « Nous sommes ravis de disputer ce championnat. L’organisation est top et tout est bien cadré. Tout le monde dans l’équipe travaille pour avoir deux autos compétitives. Cependant, les Audi R8 sont fortement pénalisées et nous ne sommes pas les seuls à le dire. Nous espérons que les derniers ajustements vont aller dans le bon sens. Navarra n’est pas un tracé idéal pour l’Audi. Nous y avons roulé en Blancpain Endurance Series, mais les configurations des autos sont différentes, notamment au niveau des suspensions. Nous espérons ramener de gros points d’Espagne. »
L’été s’annonce donc chaud pour WRT, mais une chose est sûre tout est fait pour que les différents programmes fonctionnent du mieux possible. Rien n’est laissé au hasard, sachant que WRT n’en est qu’à sa seconde année d’existence.
Propos recueillis par Laurent Mercier