Le Mans

De la frustration au sein du Team Peugeot Sport…

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13”854 ! Voilà l’écart à l’arrivée des 24 Heures du Mans 2011… Près de 250 000 spectateurs ont vibré durant 24 heures avec un duel à couteaux tirés entre Audi et Peugeot. Battu l’an passé, la marque au Lion pensait bien tenir sa revanche avec trois Peugeot 908 contre une seule Audi R18 rescapée après 8 heures de course. Le sort en a décidé autrement avec une victoire des quatre anneaux pour la dixième fois. En cinq confrontations sur le tracé du Mans, Peugeot a remporté un Trophée contre quatre à Audi. Une partie du staff du constructeur était présente sur le circuit pour soutenir le Team Peugeot Total pour ce double tour d’horloge. Philippe Varin, Président du Directoire du Groupe PSA était sur place : « C’est tout Peugeot qui est derrière cette équipe. Les 908 symbolisent le niveau de l’excellence de la marque. »

 

Avec cinq diesels groupés en 0.5s sur un tracé de plus de 13 km, la course s’annonçait intense, comme le rappelait Bruno Famin, Directeur Technique avant le départ : « Les dés sont jetés, nous allons assister à un magnifique duel entre deux grands constructeurs. Nous avons le sentiment d’avoir bien fait notre travail. C’est maintenant au sport de décider de l’issue de cette course. » Le sport a rendu son verdict et la concurrence a triomphé.

 

« Nous étions venus pour gagner et nous sommes deuxièmes. Mon premier sentiment ne peut donc être que la déception. Toutefois, l’équipe peut être fière d’avoir aligné trois voitures parfaitement fiables et d’avoir effectué un sans-faute sur le plan technique. Nos pilotes n’ont rien lâché, à l’image de Simon Pagenaud qui ne concédait qu’une dizaine de secondes au leader à un quart d’heure de la fin. Sur ce sprint de 24 heures, il ne nous a manqué qu’un peu de performance pour que l’issue de la course soit différente. Je tiens à féliciter notre adversaire pour cette victoire. Notre bagarre s’est déroulée dans la plus grande sportivité, avec beaucoup de respect mutuel. »

 

« Du point de vue de la fiabilité, nous avons atteint notre objectif » souligne Bruno Famin. « La course s’est jouée sur la performance. Nous avions un petit déficit dans ce domaine, surtout lorsque nous étions chaussés de pneus durs. Cela a été suffisant pour que nos adversaires prennent le dessus. »

 

Les ingénieurs de Peugeot Sport ont optimisé la consommation du V8 HDi FAP, ce qui a permis aux 908 d’effectuer 12 tours. Durant la nuit, les pilotes ont quant à eux pu boucler quatre relais avec le même train de pneus. En début de course, les trois 908 pointaient respectivement 3ème (Montagny), 4ème (Wurz) et 5ème (Bourdais). Durant la neutralisation, la n°8 de Franck Montagny perdait un peu de temps suite à un problème de répartition de freinage. FKM explique : « Lorsque j’étais en piste sous régime de neutralisation, je n’ai pas voulu chauffer les freins et j’ai mis plus de balance sur l’arrière et le câble a cédé. Il a ensuite fallu s’arrêter pour réparer. » La n°8 a ensuite écopé en fin de course d’une pénalité de une minute, consécutive à un problème lors du ravitaillement précédent, un mécanicien n’ayant pas ses lunettes de protection. Au restart, c’est Alexander Wurz qui faisait parler la poudre, en prenant la seconde position. Les stratégies des deux équipes de pointe étant décalées, l’Autrichien prenait les commandes à la faveur des ravitaillements. Ce chassé-croisé entre Peugeot et Audi s’est poursuivi jusqu’au début de la nuit, au moment où l’Audi de Mike Rockenfeller est sortie durement de la piste. Durant la nuit, les pilotes ont enchaîné les relais un à un pour des quadruples relais de 12 tours, contre 11 maximum dans le camp adverse.

 

En milieu de matinée, Alexander Wurz s’est fait une belle frayeur avec une sortie à Indianapolis, endommageant la 908. La n°7 a pu repartir au combat en 4ème position (à quatre tours) après un changement du demi-train avant droit en moins de 10 minutes). La pluie a ensuite fait son apparition en fin de matinée, avec un Simon Pagenaud revenu à moins de 30 secondes de l’Audi de tête pilotée alors par André Lotterer. L’Audi n°2 et la Peugeot n°9 ravitaillaient de concert à 30 minutes du terme, sachant que le pilote de la R18 repartait en gommes neuves, alors que la 908 gardait ses pneus. Rien n’y aura fait et le Montmorillonnais n’a pu combler l’écart. La maigre consolation pour Peugeot reste le leadership au championnat ILMC.

 

Olivier Quesnel, Directeur de Peugeot Sport, relativise la défaite : « Nous avons participé à écrire la légende des 24 Heures du Mans, c’est positif pour Peugeot. Il y a eu un engouement énorme autour de cette course, raison pour laquelle nous sommes forcément un peu déçus de ne pas gagner après 24 heures. Nos adversaires étaient un peu plus rapides que nous dans les conditions rencontrées, mais nous avons livré un combat jusqu’à la dernière minute. Je suis fier de cette équipe. »

 

Bruno Famin poursuit : « C’était une belle aventure.L’affiche pour faire une course d’anthologie était réunie, et cette course a été au rendez-vous. Le résultat ne nous satisfait pas, c’est évident, car nous étions venus pour gagner. Nos adversaires étaient certes un peu plus performants, mais nous avons d’autres qualités. La course a basculé sur deux ou trois détails. »

 

Laurent Mercier

 

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