Fidèle au Boutsen Energy Racing depuis maintenant plus d’un an, Dominik Kraihamer poursuit au sein de l’équipe belge cette saison, mais point de FLM au programme comme en 2010. L’Autrichien passe à l’échelon supérieur avec une ORECA 03, qu’il pilotera en Le Mans Series. Géré conjoinement par Olivier Lainé et Georges Kaczka, Boutsen Energy Racing est aussi en lice pour une place aux 24 Heures du Mans, même si pour le moment, le team belge est quatrième sur la liste des suppléants. Avant d’aborder ce nouveau challenge, Dominik nous parle de sa saison à venir.
Laurent Mercier : Dominik, as-tu testé la ORECA 03 ?
Dominik Kraihamer : « Malheureusement pas encore ! Il n’est pas prévu que je pilote l’auto avant les Essais Officiels Le Mans Series. Ce sera vraiment intéressant pour moi car à cette occasion, je piloterai pour la première fois une LMP2. Je roule maintenant en compétition depuis deux ans, ce qui n’est pas très important si je compare cela à mes adversaires Je n’ai pas encore l’expérience de mes aînés. Je suis ravi et fier de prendre part aux Le Mans Series au volant d’une LMP2. Concernant la ORECA 03, je n’ai aucun doute sur le potentiel de l’auto et je suis certain qu’elle sera très compétitive, sachant que le team et les pilotes travaillent durs pour le développement. C’est une nouvelle auto avec seulement peu de kilomètres mais vu le palmarès et le sérieux de ORECA, je ne me fais aucun doute sur le fait que l’auto sera bonne. »
Le team sera donc présent aux Essais Officiels Le Mans Series ?
« Oui ! A priori, nous aurons la chance de rouler et de travailler avec l’auto sur une journée d’essais. Le second jour, cela pourrait être un autre team, qui a aussi acheté une ORECA 03. Cette hypothèse n’est pas encore certaine à 100% pour le moment. »
L’équipage n’est pas encore finalisé ?
« Pour le moment, seul Nicolas De Crem et moi-même sommes confirmés dans le baquet. Comme c’est régulièrement le cas, beaucoup de pilotes sont dépendants du budget qu’ils apportent. Nous ne savons pas encore si nous serons deux ou trois derrière le volant. Personnellement, j’espère que nous ne serons que deux. Avoir un troisième pilote n’est pas confirmé et c’est un facteur qui donne encore une incertitude supplémentaire en course. »
La Formula Le Mans est une bonne école d’apprentissage du prototype ?
« Je pense que j’ai beaucoup appris durant ma première saison et demie de Formula Le Mans. Comme je l’ai dit, je n’ai que deux saisons de compétition derrière moi. A l’issue du karting, j’ai piloté une Lamborghini Gallardo GT3 pour passer ensuite à la FLM. Il est difficile pour moi de dire si j’ai plus appris en FLM que dans une autre série. Le fait est qu’il y a de bons pilotes et c’est un bon tremplin pour passer à l’étape supérieure en Le Mans Series. Je suis ravi d’avoir fait ce choix. »
Es-tu confiant quant à une participation aux 24 Heures du Mans, malgré la place de 4ème réserviste ?
« Comme tu le dis, nous ne sommes que quatrième. Nous sommes donc dans une position qui ne nous permet pas vraiment d’être confiant pour être au départ des 24 Heures du Mans 2011. C’est pourquoi je suis en contact avec d’autres équipes pour prendre part à cette course si spéciale. Mon objectif est d’y participer dès cette année. Ce serait une belle expérience qui me permettrait d’apprendre encore plus, ce qui est très important pour un jeune pilote comme moi. J’espère sincèrement être au départ en juin ! »
Le Mans est donc un rêve pour toi ?
« Sans le moindre doute… C’est un rêve pour chaque pilote, que ce soit pour un pilote GT, de prototype ou de monoplace. En fait, c’est le rêve de tous les pilotes du monde entier. Les 24 Heures du Mans, c’est la course la plus connue et la plus fameuse au monde. Je pense que personne ne pourrait refuser d’y participer. C’est inconcevable ! C’est mon plus grand rêve que d’y prendre part. Je me souviens que lorsque je roulais en karting, j’étais quelqu’un de calme et pas toujours concentré sur les choses de la course comme j’aurais dû le faire. C’était à la base un simple hobby. Ce n’est que lors de ma cinquième année de karting où j’ai commencé à piloter avec de bons chronos à la clé et le succès est venu. Ensuite, je suis passé en Championnat d’Europe GT3 pour un test à Monza. Au début, j’étais très loin mais tout s’est rapidement amélioré et à la fin de la journée, mes chronos étaient bien meilleurs. Ce fut l’amorce de ma carrière. Je n’aurais jamais pensé pouvoir avoir la chance de participer un jour aux 24 Heures du Mans. Aujourd’hui je travaille pour cela et je suis proche de réaliser ce rêve. »
As-tu d’autres programmes cette saison ?
« Je suis en contact pour rouler en GT3 pour certaines courses d’endurance en 2011 et 2012. Il est très important pour moi de rouler un maximum et d’emmagasiner de l’expérience. Le seul problème est le même pour tout le monde, c’est à dire le budget. Rouler en Le Mans Series et aux 24 Heures du Mans ne sont pas les choses les moins chères qui se font, donc je dois voir ce qu’il est possible de faire dans d’autres séries. Beaucoup de gens me soutiennent et j’espère donc trouver une bonne solution pour rouler encore plus. Je dois tirer un grand coup de chapeau à mon père, qui fait tout son possible pour m’aider et gérer le management avec mes sponsors et partenaires. S’ils n’étaient pas là, je ne pourrais pas rouler… »
Propos recueillis par Laurent Mercier