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Eric Van de Vyver : Bilan et perspectives du VdeV.

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Au terme de l’exercice 2010 du VdeV, Eric Van de Vyver, Promoteur et Organisateur de la Série éponyme, a bien voulu faire le bilan et évoquer la saison prochaine qui comportera de nombreuses nouveautés…

 

Eric, comment pourrais-tu qualifier la saison 2010 du VdeV?

“Bon, on peut dire que le début a été difficile. C’était un peu la crise pour tout le monde. Ensuite, ça s’est arrangé au fil de la saison pour finir très bien. 30 voitures dans chaque plateau à Estoril, c’était pas mal, 44 voitures engagées en GT au Castelet, c’est exceptionnel aussi. C’est vrai que ça n’a pas toujours été facile, mais on est toujours là, et on a eu de belles courses. Les concurrents sont contents de leur saison. Des gens comme Raymond Narac, ou des nouveaux dans la Série comme Frédéric Ancel qui n’avaient jamais vu du VdeV ont été conquis. On a eu des classements très disputés : le titre GT s’est joué entre la Porsche IMSA et la Ferrari Visiom pour 47 secondes, au bout d’une saison de huit courses (38 heures de course en 2010, NDLR), c’est vraiment impressionnant. Une bonne année donc.”

 

Qu’est-ce qui a été le point le plus négatif? Le VHC peut-être?

“C’est sûr. Il faut dire que le CER nous a pris beaucoup de concurrents. Quand on regarde leurs plateaux, beaucoup de concurrents étaient avant en VdeV. Il faut dire que le VHC, ça coûte cher. Il y a des pilotes qui ont changé de monture, il y a aussi des voitures qui sont plus fragiles, qui ont du mal à tenir une heure, voire une demi-heure, et nous avec nos courses VHC qui durent quatre heures, six heures, ces voitures-là n’y arrivent plus. Pour l’an prochain, on va donc changer ça, ce sera des courses de quatre heures maxi ou de deux heures, avec aussi des courses de deux heures dans les quatre heures comme nous avons commencé à le faire en fin de saison, et là ça recommence à intéresser du monde.”

 


49 secondes ont décidé du titre GT après 38 heures de course !

Châssis carbone autorisés en 2011 pour les protos !

Avec la Mosler MT900 de VdeV Sports.

Quatre heures maxi donc, l’année prochaine?

“C’est ça. Tu sais, les pièces ça coûte très, très cher. Il y a une dizaine d’années, tu cassais un moteur, ce n’était pas trop grave, mais maintenant, ça n’est plus le cas. Une jante, ça vaut 1500€, donc les propriétaires ont plus tendance à laisser la voiture dans le garage.”

 

Le règlement VHC va rester le même l’an prochain?

“Non, sans aller jusqu’à prendre des voitures au look des années 90 comme les Porsche Carrera 2 ou Carrera 4, une 930 3,2, on pourra prendre, mais on ne prendra de voitures trop modernes. Le VHC doit rester du VHC, d’autant qu’on veut revenir aux pneus rainurés pour les plus anciennes. Ces pneus-là sont mieux adaptés aux châssis, au style de pilotage de ces voitures-là.”

 

En protos, les châssis carbone vont courir en 2011. Il y a longtemps que tu y pensais?

“Ecoute, ça fait trois ans qu’on en parle. Il y a deux ans, on a eu une réunion où on a plus ou moins entériné l’idée qu’il pourrait y avoir des châssis carbone en 2011. L’année dernière, fin 2009, on a eu une autre réunion, mais il n’y avait pas l’unanimité, car Ligier pensait que ça allait coûter trop cher. La Fédération hésitait aussi, pensant que j’aurais peu de voitures. J’ai tenu bon, car c’est quand même ma Série, et en fait cette année on a eu le feu vert, et j’ai bien fait puisque Norbert Santos a déjà 12 commandes fermes pour sa Norma M20FC, Wolf a déjà pas mal de touches, d’autres peut-être, donc ça va vraiment être le renouveau pour le VdeV, sans pour ça que les anciens protos soient exclus.”

 

Est-ce qu’il y aura des classements séparés, comme le A et le B cette année?

“On va essayer de ne pas appeler ça A et B, pour que les concurrents ne se sentent pas défavorisés. Quand on dit B, c’est tout de suite moins bien ressenti que A, on pense à des seconds couteaux. Donc, il faut que je trouve un nom.”

 

Le remplaçant du Championnat A serait destiné aux voitures 2011?

“Tout à fait, que ce soit des châssis carbone ou non, il est fait pour les nouvelles voitures qui seront d’emblée dans ce champioonnat. Mais, une voiture de l’année dernière peut aussi postuler à ce championnat-ci.”

 

Est-ce que tu envisages de passer à l’avenir aux 3 litres pour les protos?

“On en discute. Les pilotes me l’ont demandé. On en parlé lors du briefing au Castelet. Je leur ai dit que j’étudiais un 2,4 litres, peut-être un 3 litres, ou un moteur turbo, quelque chose qui pourrait faire 280 à 300 chevaux. Donc on étudie ça, mais une fois que les châssis carbone ont été entérinés, j’ai dit aux pilotes, il ne faut pas aller trop vite, on va avoir les châssis carbone et on va continuer avec les 2 litres. On verra d’ici à deux ou trois ans.”

 

Il faut aussi trouver un moteur fiable comme le Honda, j’imagine?

“C’est sûr. Beaucoup de gens disent que le Honda, il est en fin de vie, qu’il n’y en aura bientôt plus, mais quand je demande aux préparateurs, à des gens comme TFT, ils me disent qu’il n’y a pas de problèmes. Par contre, peut-être que pour le futur, plutôt que de mettre un 3 litres, on pourrait penser à un 2 litres turbo, bien géré, plombé, sans possibilité de trafiquer et on aurait un moteur qui consommerait moins, qui serait agréable à piloter, un moteur qui tourne moins vite, un moteur qui coûte moins cher.”

 

Il y a une grande nouveauté au calendrier 2011, le VdeV vient au Mans sur le Bugatti…

“C’est vraiment bien! On en a fait la révélation à Estoril. Tout le monde était content. On en avait discuté avec Pierre Fillon et Rémy Brouard. Il y avait un problèmes de dates, car la seule date disponible pour moi, c’était le week-end du 1er mai, et eux ça les embêtait un peu, car la semaine précédente, il y a la Journée Test des 24 Heures du Mans 2011. Finalement, ça a pu s’arranger. Pierre Fillon et Rémy Brouard m’ont dit que ça leur faisait vraiment plaisir que le VdeV vienne sur le Bugatti et c’est Pierre Fillon lui-même qui a tenu à présenter la nouvelle lors du briefing à Estoril. Je crois que Pierre et Rémy voient que le VdeV, c’est une bonne école d’endurance pour faire Le Mans, et dans le futur, il est possible qu’on travaille dans ce sens là.”

 

Sur un plan personnel, comment s’est passée la saison du pilote Eric Van de Vyver?

“Ecoute, on a eu quelques soucis avec la voiture, c’est une voiture très puissante, très bien faite, mais la Mosler vaut quand même deux à trois fois moins cher qu’une Porsche RSR ou qu’une Ferrari. Mosler n’a évidemment pas des milliers d’ingénieurs, la voiture est faite davantage d’une manière artisanale notamment pour les faisceaux électriques, en plus ce n’était pas une voiture neuve. Mais c’est quand même pas mal, on a fini toutes les courses sauf au Castelet, on a fait quelques belles performances, dont un podium à Dijon, où sans un tête-à-queue, on aurait même pu l’emporter. On a une pointe de vitesse appréciable, ce qui nous manquait, c’était un peu de fiabilité et un peu d’argent. Pour l’année prochaine on repart avec la Mosler, on est en train de la mettre à nu, des mécaniciens de chez Rollcentre viennent la semaine prochaine pour faire un audit complet de la voiture. On va fiabiliser les faisceaux, un peu le reste, et je pense que ce sera sympa.”

 

Ton fils Guillaume a fait une belle saison avec toi. Qui va le plus vite, le père ou le fils?

“Cela dépend des moments. Aux essais, c’est sûr, c’est Guillaume. En course, ça dépend. Par exemple, à Estoril, c’était moi. Pour moi, les essais, en endurance, ce n’est pas important, pour faire un chrono je veux dire. C’est moi qui dévermine toujours la voiture, je fais les rodages, je la mets en condition de course. Il ne faut non plus user trop de pneumatiques, parce que ça revient à très cher. On essaie de n’user que deux trains par week-end de course. Ce sont des week-ends agréables, parce que la Mosler est très belle, très agréable à conduire, c’est une voiture intemporelle, avec un look exceptionnel, un gros moteur à l’arrière, une bonne boîte…”

 

Au calendrier 2011, un circuit n’est pas encore défini…

“Nous sommes en train de voir ça, rien n’est encore décidé, on en dira un peu plus plus tard. Il est possible que ce soit un circuit français. Trois déplacements à l’étranger, Jarama, Motorland Aragon et Estoril, c’est pas mal, il faut peut être recentrer les forces. Côté français, ce sont aussi de grands circuits : Le Mans, Paul Ricard, Dijon et Magny-Cours. On va voir.”

 

Donc, en résumé, confiant pour l’année prochaine?

“Oui, je pense qu’on aura d’autres concurrents, je crois que les anglais vont revenir en France en protos, en GT on a eu aussi d’autres contacts, ce devrait être une belle saison.”

 

Nous remercions Eric pour sa disponiblité.

 

Propos recueillis par Claude Foubert

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