Malchanceux hier avec une pénalité en fin de course, Bernoldi/Negrao on rectifié le tir avec une victoire dans la Course de Championnat disputée à Interlagos. Sur ses terres, le duo brésilien n’a laissé le soin à personne de rafler la mise, avec un dépassement (à 12 mn de la fin) que l’on pourrait qualifier d’un peu suicidaire sur l’Aston Martin DB9 Young Driver AMR de Darren Turner, alors en tête depuis le début de course. Les deux hommes sont allés au contact et le pilote Maserati prenait alors les rennes pour s’imposer. Margaritis/Hennerici s’invitent une nouvelle fois sur le podium au volant de la Corvette C6.R Phoenix. Quant aux leaders du championnat, ils ne terminent que 9ème, si bien que le titre se jouera à San Luis dans une semaine entre Bartels/Bertolini et Enge/Turner, avec tout de même un avantage de 28 points pour les champions en titre. De nouveau malchanceux aujourd’hui, Thomas Mutsch a perdu tout espoir de titre, en ne terminant que 14ème, Marc Hennerici passant troisième au championnat pour un point. Un mot pour dire que la course a été plus qu’animée avec des passes d’armes à tous les étages et de nombreux contacts et quelques pilotes un peu chaud bouillants.
Il est peu de dire que le public a répondu présent pour ce pénultième round de l’année, le tout sous une température approchant les 30°C. Comme lors de la Course Qualificative, ils n’étaient que 22 sur la grille de départ, suite à l’exclusion de la Lamborghini Murcielago All Inkl de Bouchut/Basseng pour une histoire de drapeaux non respectés lors des essais. Dès le départ, Tomas Enge ne manquait pas son envol, en prenant la tête, devant Peter Dumbreck et Enrique Bernoldi, à la lutte avec Clivio Piccione. Le Monégasque ne s’en laissait pas compter et prenait rapidement le meilleur sur la MC12 Vitaphone Racing n°2. Dans un second groupe se trouvaient la Lamborghini de Schwager, la Corvette de Hennerici, la Maserati de Bertolini et la Ford de Martin. Dès le second tour, Bernoldi parvenait à trouver l’ouverture sur la DB9 HEXIS, alors que c’en était terminé pour la Lamborghini du local, Ricardo Zonta. Au tour suivant, les 21 autos se tenaient en 14 secondes, avec un Richard Westbrook le couteau entre les dents au 18ème rang.
Marc Hennrici s’emparait au 4ème tour de la 5ème place aux dépens de Schwager, et Maxime Martin réglait son compte au pilote All Inkl dans la boucle suivante. Au fil des tours, Clivio Piccione n’abdiquait pas et la DB9 HEXIS reprenait son bien, en repassant la MC12 de l’ancien pilote de F1. En tête de la course, Enge ne pouvait prendre le large face à un Dumbreck pressant, tandis que les deux autres autos du Young Driver AMR (Nygaard) et Sumo Power GT (Campbell-Walter) bataillaient pour la 17ème place. Deux groupes de trois se sont ensuite mis en place, avec Enge, Dumbreck, Piccione d’un côté et Bernoldi, Hennerici, Martin de l’autre. Au 10ème tour, les deux leaders n’étaient séparés que par 577 millièmes et les dix premiers toujours groupés en dix secondes, avec Andrea Bertolini fermant le top ten.
C’est dans le peloton que la lutte devenait intense peu avant les ravitaillements, avec une belle bagarre pour la 13ème position entre Kox, Ara et Westbrook. La Nissan/SRT trouvait l’ouverture sur la Lamborghini/Reiter et Westy en faisait de même quelques virages plus tard. Dominik Schwager continuait pour sa part de perdre des places, en proie à une auto survireuse. Dès l’ouverture de la fenêtre, les deux leaders s’arrêtaient de concert, laissant la tête à la DB9 HEXIS Racing AMR de Piccione. Darren Turner reprenait la piste en tête, devant la Maserati de Negrao et le grand perdant dans l’histoire aura été Michael Krumm, seulement 5ème, derrière la Corvette de Margaritis. Dès son entrée en piste, Jonathan Hirschi comptait bien semer le trouble en tête, le Suisse sortant des stands tout juste devant Negrao, mais le Brésilien passait la DB9 qui prenait tout juste son élan. A mi-course, Turner et Negrao étaient solidement installés aux commandes, alors que Hirschi était sous la menace de Margaritis et l’Allemand gagnait un rang peu de temps après.
La fin de course n’aura pas été de tout repos pour une bande de furieux qui ont offert un spectacle digne d’une manche NASCAR. Au 21ème tour, Bartels (Maserati/Vitaphone) était en pleine bagarre avec Clairay (Aston Martin/HEXIS), avec Mutsch (Ford GT/Matech) et Müller (Maserati/Triple H) pare-choc contre pare-choc. Le pilote Triple H trouvait l’ouverture dans les S de Senna, mais la Ford reprenait son bien pour quelques instants, car la Maserati prenait une nouvelle fois l’avantage. Toujours sous la pression des trois furieux, Yann Clairay n’aura eu d’autre choix que d’abdiquer, en se faisant passer successivement passer par Bartels, Müller et Mutsch, mais peu de temps après, le pilote Matech se ratait et l’Aston Martin regagnait un rang. C’était sans compter qur le retour de Stefan Mücke qui collait et s’invitait à la lutte. La course s’est jouée à 12 minutes du terme, avec un contact appuyé de Negrao sur la DB9 de Turner, le Britannique ne pouvant rien faire. Nos autres furieux n’en avaient pas terminé avec Mutsch très pressant sur Clairay, mais c’est finalement Mücke qui règlait son compte à l’Allemand, avec un Christopher Haase qui tentait d’en faire autant, en vain. Mücke s’attaquait alors à Clairay, avec un bon coup de pare-choc dans la n°9, si bien que le Français perdait deux places. Trois minutes plus tard, c’est la Lamborghini de Haase qui allait au contact de la Ford de Mutsch, les positions s’échangeant à de multiples reprises. On se serait cru à une lutte pour la victoire avec des autos séparés par quelques centimètres dans la ligne droite des stands et à quelques virages de l’arrivée, ce qui devait arriver arriva, avec une touchette entre les deux pilotes, alors portière contre portière, et Mutsch partait en tête à queue. Tout ça pour l’enjeu d’une 12ème place de la Lamborghini/Reiter. Les grands perdants de cette Course de Championnat auront été Krumm/Dumbreck seulement 6ème, après un ravitaillement raté. Belle cinquième place en revanche pour la Ford GT Marc VDS Racing Team de Leinders/Martin.
Au fil des courses, on peut voir que la Balance de Performance est maintenant très proche avec un plateau de furieux en pleine lutte, ce qui donne des courses animées. Attention toutefois à ne pas trop jouer avec le feu, car aucune pénalité n’a été sortie en course. Il est sûr que les team managers doivent quelque peu s’arracher les cheveux dans les stands, avec des pilotes à la limite durant l’heure de course. Les très nombreux spectateurs présents ne s’en sont bien entendu pas plaints et une mention spéciale à la diffusion des manches sur GT1live où l’on se croirait sur place et même dans au volant des GT1. Quand on pense qu’il y a tout juste un an, certains n’auraient pas parier une cacaouète sur le Championnat du Monde GT1. Une chose est sûre, tout se jouera dans une semaine sur le magnifique tracé de San Luis.
Laurent Mercier