Matt McMurry va disputer à la fin du mois sa première course de 24 heures en GT, après être devenu à un peu plus de 16 ans, en 2014, le plus jeune pilote de l’histoire des 24 Heures du Mans à en prendre le départ –et également être à l’arrivée-. Matt, le fils de Chris McMurry lui-même pilote au Mans récemment, pilotait une Porsche 911 GT3 R du Park Place Motorsports, associé à Jörg Bergmeister, officiel Porsche, et Patrick Lindsey, un habitué du team puisqu’il en est le Team Principal – Park Place, qui donne son nom au team, est un distributeur Porsche.
Matt, désormais âgé de 18 ans, nous a gentiment envoyé un petit récit :
« Cette année est très différente des précédentes. J’ai goûté pour la première fois à une GT, après deux saisons de prototype précédées de saisons de course en monoplace et en karting. Cette saison, j’ai désormais 18 ans, et j’ai pensé qu’il était important de démontrer que je peux être rapide dans n’importe quel type de voiture en endurance.
Tout a commencé lors d’essais très exigeants en novembre en Californie avec le team Park Place Motorsports, une équipe Porsche semi-officielle. John Horton, le Team Manager, avait conçu un test comme je n’en ai jamais vu auparavant. C’était réellement génial et ça consistait à découvrir les qualités de pilotage intrinsèques, plutôt que de donner des conseils de pilotage.
Voici comment ça fonctionnait : j’ai été invité sur un circuit que je n’avais jamais vu auparavant, dans un type de voiture que je n’avais jamais pilotée avant – une Porsche 911- et dans laquelle je n’étais même jamais monté. Le tableau de bord était déconnecté et je n’étais pas autorisé à consulter les data au tour entre les séances. Fondamentalement, je devais démontrer que je pouvais aller vite de moi-même, grâce à mes propres capacités, mes sensations, et sur le tas.
Les deux journées se sont passées au-delà de mes Espérances et Park Place m’a demandé de me joindre à leurs deux pilotes attitrés pour la saison, Patrick Lindsey et Jörg Bergmeister pour les quatre courses de la North American Endurance Cup –la Rolex 24 at Daytona, les 12 Heures de Sebring, les Six Heures de Watkins Glen et le Petit Le Mans !
Encore mieux, cette participation allait se faire à bord de la nouvelle Porsche 911 GT3-R, que nous avons déverminée deux semaines plus tard, à nouveau en Californie, près des installations de base du team à Bakersfield. Juste une semaine après que la nouvelle voiture soit arrivée aux USA, j’ai eu l’honneur de lui faire faire ses premiers tours. C’était très particulier et nous avons passé deux journées d’essais à faire des modifications, à apprendre la voiture, et à répéter tout ceci de nombreuses fois avec des gains appréciables en vue de la préparation du Roar Before the 24, il y a une semaine maintenant.
La Rolex 24 at Daytona sera ma troisième course de 24 heures, les autres étant les 24 Heures du Mans (2014) -où j’ai connu le plus beau jour de ma vie et où j’ai accompli un rêve datant de plusieurs années, devenir le plus jeune pilote à prendre le départ et à terminer la plus grande course du monde-, ainsi que la Rolex 24 at Daytona (2015), avec le Michael Shank Racing, qui a récemment annoncé qu’il allait courir au Mans cette année pour la première fois.
Même si une course de 24 heures, ce n’est pas nouveau pour moi, courir dans la catégorie la moins rapide – ce qu’on appelle la GTD en IMSA- dans laquelle on attaque la voiture qui est devant nous tout en regardant ce qui vient derrière, c’était quelque chose de nouveau à prendre en compte. Sur l’ovale on atteint toujours environ 175 miles/heure (un peu plus de 280 km/h, NDLR), donc cette catégorie n’est en aucun cas lente, et en plus il y a 22 engagés très costauds et une liste de pilotes GTD de top niveau (tous séparés par peut-être 1’’5), il va y avoir beaucoup d’excitation. Je suis d’avis que cette année, la catégorie GTD, c’est LA catégorie à regarder et je m’attends à une course sprint de 24 heures avec de rudes batailles incessantes.
Le pilotage de la Porsche est fantastique et vraiment agréable. C’est une expérience différente de celle des protos, comme vous pouvez l’imaginer. Alors que les prototypes type Le Mans que j’ai pilotés –comme l’ORECA-FLM09 LM PC, la Ligier JS P2 ou la Gibson- préfèrent généralement qu’on agisse en douceur sur les roues et les pédales, la Porsche doit être bousculée un peu plus. Jörg m’a encouragé dans cette direction et il avait raison.
En parlant de lui, j’apprends encore des leçons de l’un des maîtres de la discipline. J’ai beaucoup de chance d’avoir été entouré par des gens magnifiques ; J’ai reçu des conseils de pilotage de la part de pilotes tels que Johnny O’Connell, Allan McNish, Johnny Mowlem, Chris Dyson, Tom Kimber-Smith, James Weaver, Martin Plowman et d’autres. C’est comme si on avait un dîner avec les leaders mondiaux du G7, sauf que ceux-ci sont les leaders du sport auto.
Dans un registre plus léger, le gros lot de la grande loterie, la Powerball Lottery, était de 900 millions de dollars lorsque nous étions au Roar, aussi Patrick, Jörg et moi avons décidé de mettre un peu d’argent pour jouer. Peut-être aurions-nous pu monter un team de F1 avec nos gains, mais, hélas, nous avons perdu. En fait, personne aux Etats-Unis n’a remporté le gros lot ce jour-là, et la cagnotte est montée à un 1,5 millions quelques jours plus tard. Cependant, la cote était de 292 000 000 contre 1. Aussi, je vais courir à la place. Je préfère nettement mieux notre cote à Daytona, 22 contre un.”


