« Bonjour tout le monde. Cela fait maintenant trois mois que je ne vous avais pas proposé de chronique. Après cette longue pause, j’ai donc retrouvé la compétition à l’occasion du Petit Le Mans. Après avoir été peu en réussite depuis le début de la saison, la roue a enfin tourné. Avec Corvette, j’ai décroché la victoire en GT2… grâce à un rebondissement de dernière minute !
« J’ai passé une semaine un peu spéciale, qui a en fait débuté le samedi précédent la course. C’est lors des essais privés du Petit Le Mans que j’ai repris le volant de la Corvette, pour la première fois depuis les 24 Heures du Mans. J’ai fait une petite vingtaine de tours. Je n’ai que peu roulé par la suite : six tours le mercredi, trois de nuit jeudi. Après une coupure telle que celle que j’avais eu, ce n’était pas simple. Du coup, j’étais un peu stressé avant la course. D’autant que nous avions mis un peu de temps à trouver un bon set-up et qu’il nous restait quelques points à régler après les derniers essais.
« Mon premier relais a été un pas dans l’inconnu. Pourtant, je devais être rapidement dans le rythme puisque la C6.R que je partageais avec Oliver Gavin et Jan Magnussen était aux avant-postes lorsque je me suis installé à bord. Je suis parti en pneus durs et l’auto était difficile à piloter. D’ailleurs, je me suis fait une grosse frayeur à la sortie du virage n°5 en milieu de relais. J’ai enchaîné avec un second stint, en pneus mediums cette fois après un safety car. La voiture était bien mieux. Comme il restait encore plusieurs heures et que les incidents se multipliaient, je n’ai pas pris de risque. Je suis resté au contact des leaders : nous étions sept en quinze secondes et tout restait à faire. Cela faisait très longtemps que je n’avais pas vu des écarts aussi réduits et une épreuve si disputée après tant d’heures…
« Notre Corvette était deuxième quelques minutes avant la fin. Nous avons dû faire un splash&dash : à ce moment, j’ai pensé que c’était fini pour la victoire. Il y avait dix secondes entre nous et la Ferrari/Risi avant le dernier tour. Et puis, j’ai entendu des cris de joie dans le team et je n’ai pas compris. Quand j’ai regardé les écrans, j’ai vu la Ferrari arrêtée, en panne sèche. J’ai failli tomber de l’armoire ! Je ne m’attendais pas à ça…
« C’est bon de retrouver le podium dans une saison qui n’a pas été facile. C’est une victoire importante pour Corvette. Une victoire acquise de haute lutte. Après Sebring et Le Mans, tout le monde était vraiment à son meilleur niveau pour cette finale. Ferrari, Porsche, BMW et donc Corvette. C’est bien de finir sur une bonne note. Je n’ai pas l’habitude de dire ça, mais je ne suis pas mécontent que cette saison se termine. Je suis désormais tourné vers 2011, où j’espère retrouver un programme complet. Pourquoi pas en Protos. J’y travaille… »
Manu Collard