Le Mans

1988/2016 : Retour vers le futur…

LM_88_ambiance
0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

A la fin des années 80, Sports & Moteurs revenait d’une façon détaillée sur chaque édition des 24 Heures du Mans. En 1988, Alain Bertaut, alors en charge de la réglementation sportive et technique des 24 Heures du Mans, a répondu aux questions du journal sur différents sujets. Près de 30 ans plus tard, certaines questions restent d’actualité. Retour vers le futur…

Quelles grandes marques peut-on s’attendre à voir dans les années à venir ?

“Pour 1989, sept marques se sont présentées pour une participation au championnat avec Mercedes, Porsche et Jaguar qui vont continuer, ainsi qu’Aston Martin pour l’Europe, Toyota, Mazda et Nissan pour le Japon.”

Et les Français ?

“On ne peut pas répondre actuellement à une telle question. Peugeot et Renault ont le dossier entre les mains. Or, ils ne réagissent ni l’un ni l’autre. Il y a un désintérêt total de l’automobile française pour les championnats du monde. C’est certainement une grosse erreur en vue de 1992. Pourquoi, à votre avis, Mercedes revient-il à la compétition ?”

Un rapprochement avec les Américains est possible ?

“Ce problème est délicat. Les USA sont un monde clos sous l’emprise des lois fédérales. En outre, leur philosophie est maintenant trop différente de celle des européens. Pour le vieux continent, et Le Mans en particulier, la compétition doit apporter quelque chose à la voiture de série, elle doit faire progresser la technologie. Pour les Américains, elle ne sert qu’au spectacle et à des opérations purement commerciales. Pourtant, lors des débuts des GTP, l’IMSA avait suivi les bases du règlement qui régissait les GTP au Mans et qui a également donné naissance aux Groupe C. Les voitures étaient donc ‘cousines’. Mais ils ont divergé en laissant courir les GTX (ex Gr5), en refusant la limitation et en adoptant une bride d’air. De plus, ils ne voulaient pas risquer de perdre le plateau de leurs 16 épreuves en laissant partir les concurrents en Europe. Maintenant, ils souffrent d’un manque de voitures. S’ils ne semble pas possible de regrouper le championnat FISA et celui de l’IMSA, il est probable qu’une ou plusieurs épreuves en mettant côte à côte les GTP et le GrC auront lieu. Une première course de ce type est prévue au mois de novembre aux USA. Ensuite pourquoi ne pas le refaire à Daytona ou à Sebring ? Ce sont des épreuves qui ont une tradition endurance.”

Un Grand Prix de F1 a lieu le même jour que les 24 Heures. Pourquoi ?

“Il faut téléphoner au président Balestre pour avoir une réponse à cette question. Certes, on peut s’en étonner. Le Président a pourtant bien dit un jour : ‘il y a trois épreuves intouchables. Le GP de Monaco, Indianapolis et Le Mans.’ Au niveau du championnat d’endurance, Le Mans a été la première course à être mise en concurrence avec un GP. Cette année, quatre courses sont concernées. Soit elles changent de date, soit elles courent en même temps qu’un GP. Ce même JM Balestre n’a-t-il pas dit en début d’année, que l’Endurance était sa préoccupation première ?” 

Les Hunaudières, bien que refaites cette année, ne vont pas manquer d’être critiquées. Quelle est votre position ?

“Les Hunaudières ont été refaites. En conséquence, les voitures vont aller plus vite, la ligne droite va donc être plus dangereuse. C’est une sorte de cercle vicieux. Plaisanterie mise à part, les Hunaudières font partie intégrante des 24 Heures et de la légende. La ligne droite des Hunaudières est devenue un problème de pilotes. Cette année, la vitesse va être de l’ordre de 380 km/h. Les pilotes feraient mieux de se retourner vers les constructeurs de voitures avant de critiquer la piste. Car enfin, c’est aux voitures de s’adapter à la route et non le contraire. On veut chercher à remédier aux effets plutôt que de s’attaquer à la cause. A 300 km/h, les GrC subissent plus de deux tonnes d’appuis aéro. Elles n’ont alors plus aucune suspension et passent leur temps à taper le plancher sur le sol. C’est inimaginable le nombre de pièces de voitures que l’on peut ramasser dans la ligne droite durant la course.”

Publicité

0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Publicité

Sur le même sujet